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Edito : IBK et l’autre face de la réalité

IBK sourire aux lèvres, se glorifier des ‘’points marqués’’ dans le processus de mise en œuvre de son accord au bénéfice, dit-il, d’un Mali en paix. Cela me faisait quelques mois que je ne voyais pas le Président de la République aussi heureux. Il clame que le Mali avance, la paix s’installe petit à petit et que personne ne pourra diviser le Mali de Modibo Keïta. Cette joie accompagnée de ces mots traduisent la satisfaction d’Ibrahim Boubacar Keïta de l’installation progressive des autorités intérimaires dans les cinq régions du nord du Mali.

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Il est à reconnaitre que l’accord signé entre gouvernement et groupes armés avance mais est-il synonyme des prémices du retour de la paix au nord du Mali par-delà l’ensemble du territoire malien ?  J’en doute fort. Dès les discussions en Alger pour la signature d’un éventuel accord entre Etat malien et les groupes armés, je m’étais inscrit contre et partant de cet état de fait j’étais parmi ceux qui étaient pessimistes de voir la paix sur la base d’un accord qui menace le Mali dans son fondement.

Mal réfléchi, il pouvait arranger la situation du moment compte tenu de la menace grandissante des rebelles mais nombreux sont les Maliens à dire tout haut que son application donnerait un jour de sérieux problèmes aux gouvernants maliens dans le contrôle du nord du Mali. Et si l’on ne prête pas attention le nord, à commencer par Kidal, s’éloignera à jamais du Mali. Même IBK à un moment donné doutait de sa décision. Il ne cessait de critiquer les groupes armés et des partenaires quant à  leur bonne foi à éteindre le feu au regard de l’exacerbation de la tension qui échappait à l’Etat malien.

Aujourd’hui les choses avancent mais difficilement. Les autorités intérimaires dès le point de départ se rendent compte de leur impopularité dans les zones qu’elles sont censées administrer. Les raisons partent d’un  constat. Manque de concertation des populations pour le choix des hommes.  Des hommes source de nos malheurs sont officiellement investis pour gouverner les populations qu’ils ont martyrisées pendant des années. En ce moment, on ne doit pas parler de bon point marqué pour la paix, mais plutôt pour le partage du gâteau.  C’est ce qui se manifeste malheureusement sur le terrain. Certains groupes armés nous l’ont prouvé dans certaines régions. Ils ont menacé de tout prendre en otage et ils ont été inclus dans le processus.

Ces autorités sont installées pour 12 mois, mais je doute fort si elles partiront à la fin de ce calendrier  pour la simple raison que l’un des objectifs des rebelles c’était d’avoir la gestion des régions du nord. Cela est une victoire pour ces hommes qui inspirent à l’autonomie de gestion pour d’autres desseins cachés qui ne tarderont pas à sortir la tête de l’eau.

La joie d’IBK, je la place dans le contexte  suivant : Il se trouve au côté opposé de la réalité c’est-à-dire la partie sombre. Il n’a pas tenu compte de sa promesse de faire régner la vérité, la justice et la réconciliation après cette crise. Alors comment le fera-t-il si les vrais criminels sont ses représentants légitimes  au nord du Mali ? Donc IBK  n’a pas respecté la parole donnée.

Au-delà de cette observation, IBK doit savoir que avoir ces groupes armés avec soi n’est pas synonyme de paix au nord du Mali. Les rebelles de la CMA ne représentent absolument rien dans cette zone. La preuve est patente car chaque jour que Dieu fait, il y a des attaques, des enlèvements… des morts et tous ces évènements malheureux sont à l’actif des terroristes et djihadistes. A vrai dire, ceux-ci sont les vrais maîtres du nord. Pour renforcer davantage leur capacité de nuisance, ils viennent de faire bloc et désigner un seul chef qui n’est plus à présenter : Iyad, ce fils bon teint du nord devenu par la circonstance des choses l’homme le plus dangereux  contre la stabilité du Mali.

Les autorités intérimaires d’IBK, comme elles sont des groupes armés, pourront-elles faire face à la menace Iyad ? C’est toute la problématique car si elles n’arrivent pas à endiguer l’insécurité dans ces zones, leur mission n’a pas sa raison d’être.

Une chose est certaine, ces rebelles installés ont d’autres missions différentes de  l’ultime conviction qu’IBK affiche: Un Mali en Paix.

Boubacar Yalkoué

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