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Edito : Ce que je crains pour Poulo

Le mercredi dernier le Ministre des Sports, Housseini Amion Guindo, a pris la décision de dissoudre la Fédération malienne de football. La raison, elle est connue de tous. Depuis trois ans, une crise profonde entre responsables du football paralyse le sport roi.  Plusieurs médiations ont été menées mais aucune ne s’est avérée fructueuse. La crise a créé deux camps à tous les niveaux. De l’instance suprême aux supporters en passant par les journalistes.

La nouvelle annoncée, dans le milieu sportif, chacun l’a interprétée en fonction de son penchant. Le ministre, a fait des sorties médiatiques pour défendre sa décision qui, à l’entendre, est collégiale. La position est partagée par le gouvernement et par-delà la présidence.  Ça n’allait pas et il était temps de dire stop. Face à la menace de la FIFA, Poulo s’est montré ferme sur sa position. Il se dit prêt à affronter les effets qui en résulteront.

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Au-delà de l’aspect football, ce qui est à déplorer dans cette crise c’est la forte influence des acteurs politiques dans le milieu sportif. De bonne souvenance, le ministre des Sports avait décidé de dissoudre la FEMAFOOT il y a longtemps, cela après plusieurs médiations sans résultats escomptés. Il a été bloqué dans sa démarche par d’autres ; des politiques tenants du pouvoir qui voyaient en cette solution une vraie menace sur la stabilité du pays compte tenu du climat qui y régnait. Donc le ministre n’était pas maître de ses propres décisions. Le département lui est confié mais il est obligé de suivre des instructions émanant d’ailleurs ; des hommes du parti au pouvoir qui voient en Poulo comme le lait à suivre sur le feu. Malgré sa volonté affichée à accompagner IBK, il est considéré comme un pion, celui de l’autre exilé à Dakar dont l’ombre coupe aujourd’hui le sommeil au régime. Donc sa décision sur le sujet sensible du foot, ils voyaient en cela certainement une manière de les créer d’autres problèmes. Dès lors, à mon humble avis, il devrait démission afin de montrer au peuple malien, qui d’une part doutait de sa position, le vrai visage des politiques du RPM tapis dans l’ombre et qui voulaient gérer la crise à leur guise. Cela allait d’ailleurs réconforter davantage sa cote de popularité au regard de son poids politique sur la scène politique.

Entre Poulo et le RPM, c’est une longue histoire qui remonte des années 2007 à Sikasso. Ce qui est passé, les barons du RPM ne l’ont pas oublié, ils ne l’ont pas pardonné. Aujourd’hui, ils sont ensemble mais il y a un climat de méfiance.

Ce qui m’amène à m’opposer à cette guerre qu’il vient d’ouvrir alors que ce n’est pas la sienne. Poulo est confiant car il estime qu’il a tout le gouvernement avec lui. Je tiens à lui dire que le RPM est imprévisible. Il ne faut jamais faire leur propre combat en leur place.

A-t-il une fois réfléchi si le OK du gouvernement (majoritairement RPM) n’est pas aussi un piège ? Aujourd’hui, le régime est débordé par des problèmes ose-t-il en ajouter ?

Que Poulo sache une chose, si ça marche ils reconnaitront (RPM) la décision et s’approprieront la victoire ; s’ils perdent le contrôle de la situation, ils tiendront Poulo pour unique responsable et ils n’hésiteront pas à chanter sur tous les toits qu’il volait les déstabiliser et partant de là ils se débarrasseront de lui.

Que Poulo s’inspire du cas Moussa Mara. Il en est une illustration parfaite.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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