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Dissolution du C.E de la FEMAFOOT : Une décision courageuse et salvatrice !

L’information est tombée comme un couperet dans la journée du mardi 08 mars. Après des mois d’atermoiement et d’indécision, le ministre des Sports Housseini Amion Guindo a finalement décidé de dissoudre le comité exécutif de la fédération malienne de football. A sa place, il sera mis un comité provisoire chargé d’organiser de gérer, d’animer, de promouvoir et de développer le football au Mali. Tard vaut mieux que Jamais serait-on tenté de dire, d’autant que cette décision ministérielle était attendue depuis des mois. Elle fait déjà couler beaucoup d’encres et de salives, et est diversement appréciée par les uns et les autres.

housseini amion guindo codem poulo ministre sports

D’abord par la Fifa (Fédération Internationale de Football association) qui a réagi dans un communiqué, en date du jeudi 09 mars, dans lequel, elle invite le ministre des Sports à revoir sa copie sous peine de voir la Fifa prendre en considération le cas. Cette réaction de la FIFA était aussi attendue et n’est qu’une réaction de principe. Le ministre des sports dans une interview accordée à nos confrères d’Africable, la Chaine du Continent dit comprendre la réaction de la Fifa. Une réaction qu’il a déjà balayée d’un revers de la main. Selon le ministre, la Fifa peut faire ce qu’il veut, mais le football malien appartient d’abord au peuple malien, d’autant que c’est l’argent du contribuable qui est injecté dans le football. « La Fifa n’est pas au déçu du Mali et elle est sujet de droit. Le Mali est prêt à assumer toutes les conséquences de cette décision » a-t-il martelé. Avant d’ajouter « nous sommes prêts à mener une bataille d’un an et même de 10 ans s’il le faut pour défendre notre pays ».

Par ailleurs, la Fifa n’est pas exempt de reproche dans la crise que traverse notre football, d’autant qu’elle n’a jamais essayé même de comprendre les enjeux du problème. Elle a même laissé pourrir la situation, d’autant qu’elle a fait feint d’ignorer les appels incessantes des autorités maliennes. Elle n’a jamais demandé des explications au désormais ex président du comité exécutif de la FEMAFOOT, le Général Boubacar Baba Diarra, y compris sur le sort de la sentence du Tas.

En vérité, le Général Diarra est le principal responsable de cette situation. Elle n’est que la conséquence de son entêtement, de son incompétence, de son arrogance, de son manque de charisme, et de son manque d’étoffe pour diriger une structure comme la FEMAFOOT. Il a passé le clair de son temps (avec sans doute la bénédiction de certains membres de la Fifa) à défier l’autorité de l’Etat. Le désormais ex président du C.E de la FEMAFOOT n’a jamais voulu écouter les gens et s’est barricadé derrière son histoire de mandant oubliant que les fédérations ne sont autres que des délégations de pouvoir du ministère des Sports.

Et quoi qu’on dise, cette décision est courageuse et salvatrice tant les divergences entre les différents protagonistes de la crise étaient grandes. Elle fait éviter à notre pays un embrasement social, toute chose qui pourrait déboucher à une effusion de sang. Depuis le début de cette crise, nous étions de ceux qui pensaient que le Général Diarra n’a pas la compétence requise pour gérer cette crise, d’autant qu’il faisait plus que partie du problème que de la solution. Albert Einstein ne disait pas qu’on ne peut pas trouver la solution avec ceux qui ont créé le problème ? Nous continuons toujours à penser et à croire que l’instance dirigeante du football malien était dirigée par des sectaristes, des personnes animées de mauvaise foi et qui n’avaient visiblement aucune volonté de s’ouvrir au monde extérieur.

Nous assumons aujourd’hui plus qu’hier tous les mots que nous avions écrits sur cette crise. Le 10 janvier 2016 dans un article intitulé « La crise au sein de la FEMAFOOT : A quand la fin de la chienlit? », nous invitions déjà le ministre des sports à dissoudre le bureau fédéral. Toute chose qui nous a valu beaucoup d’inimitiés. Aujourd’hui l’histoire nous semble donner raison. Même si nous regrettons la décision tardive du ministre des sports.

Comment est-on arrivé à cette situation ?

Tout est parti de l’élection en octobre 2013 à Mopti du Général Boubacar Baba Diarra à la tête du comité exécutif de la FEMAFOOT. Une semaine plus tard, le Général Diarra a procédé à l’exclusion de 9 personnes élues du bureau pour les faire remplacer par d’autres personnes. Ces remplacements devraient être entérinés par l’assemblée générale ordinaire. Ce qui n’a pas été fait, donc une violation des textes. Selon les textes de la FEMAFOOT, l’assemblée générale doit être organisée 90 jours après l’arrêt des comptes. Donc, cette assemblée devait être organisée en fin 2014, cela n’a pas été fait. Elle a été finalement organisée le 10 janvier 2015. Ce qui constitue une seconde violation des textes de la FEMAFOOT. L’assemblée du janvier 2015 s’est tenue dans une situation houleuse. Certains délégués avaient souligné les violations des textes par le comité exécutif et avaient demandé des comptes. Toute chose que le bureau fédérale refusa. C’est ainsi que plus de la moitié des délégués a décidé de sortir de la salle. La suite est connue.

Abdrahamane Sissoko

 

Source: Le Pays

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