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Dégradation de l’environnement à Bafoulabé: l’usine « Diamond Cement » au banc des accusés

La ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du Développement durable, Mme KEITA Aida M’BO, en tournée dans la 1ere région, s’est rendue successivement le dimanche dernier sur les sites de production de « Diamond Cement » qui produit du ciment et l’usine de production de la chaux vive et de la chaux agricole de Karaga.

sacs cimenterie Diamond

Ces visites avaient permis à la mission de se rendre compte que « Diamond Cement » produit sans respect des normes environnementales du pays.

Au pas de charge, la mission conduite par la ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable a visité dans deux unités industrielles situées dans le cercle de Bafoulabé, en occurrence les usines de « Diamond Cement » et de la chaux vive et de la chaux agricole de la commune de Karaga.
En visitant ces unités industrielles, la délégation voulait s’imprégner de l’environnement dans lequel celles-ci évoluent. Il en ressort que les activités de ces unités ont des conséquences considérables sur notre environnement avec la dégradation de la flore et de la faune. Si l’usine de la chaux vive fait des efforts pour respecter les aspects environnementaux à l’opposé, pour l’unité de production de « Diamond Cement », l’environnement n’occupe pas une place importante.
Selon le maire de la commune rurale Karaga, Kandé DOUCOURE, l’entreprise indienne qui gère le site n’est pas en train de respecter le cahier de charges en ce qui concerne les aspects environnementaux de son travail. Depuis 2009, date à laquelle les opérations ont démarré, l’entreprise n’a planté aucun arbre en compensation au déboisement massif sur le site, conformément à la convention, a indiqué M. DOUCOURE.
« Sur le site de l’usine, il y avait des centaines de pieds de baobab dont les produits nourrissaient le commerce du Mali à la Mauritanie, jusqu’au Sénégal. Ces arbres constituaient une richesse importante de la commune. À ce titre, il a été prévu de compenser ces arbres, en plantant, au fur et à mesure, la même espèce végétale. Celle-ci n’a pas été faite jusqu’à présent », a signalé l’élu communal.
En outre, il a également informé la ministre de la plainte de la population par rapport aux fumées dégagées par l’usine. Selon lui, les populations souffrent des conséquences des activités menées par l’entreprise. En effet, réalisée à quelques mètres des habitations, les fumées renvoyées par l’usine polluent l’environnement avec ses conséquences de maladies respiratoires.
Les services techniques de même que les communautés locales ont tous confirmé que l’entreprise ne collaborait pas, en tout cas, pas suffisamment.
La directrice régionale de l’assainissement, du contrôle de la pollution et des nuisances, Aïssaita CISSE, quant à elle, enfonce le clou : « Aucun département de l’environnement et de l’assainissement n’est informé des activités de cette usine. Nous n’avons été associés à aucun travail de cette usine. Nous ne sommes au courant de rien. Malgré tout, j’ai cherché à avoir en vain le cahier de charges et l’état de son suivi environnemental. Or, aucune activité de ce genre ne doit commencer avant l’aval de nos services après les études environnementales ».
Ensuite, a-t-elle fait remarquer que le permis d’autorisation dont dispose l’entreprise est expiré, depuis plus de 4 ans, malgré tout, elle continue à produire. Elle a également déploré que depuis la création de l’unité, aucun audit de l’étude environnementale n’a été fait à sa connaissance.
Face à ces critiques, les responsables de l’entreprise se défendent en soutenant que l’usine a été autorisée par la Direction nationale de la géologie et des mines. S’agissant des aspects environnementaux, ils expliquent que c’est un cabinet privé qui a été commis pour ce travail. Dans tous les cas, a réagi le directeur national des Eaux et forêts, une unité industrielle ne peut fonctionner sans l’implication des acteurs de la protection de l’environnement, de façon générale.
« La direction nationale de la géologie et des mines (DNGM) ne peut autoriser seule l’ouverture de ce genre d’unité de production sans le quitus des autres départements de la chaine.
Ce domaine est transversal à plusieurs départements ministériels. La DNGM certifie une partie et les autres aspects appartiennent à d’autres services. Ce site peut être fermé malgré l’autorisation de la DNGM s’il n’y a pas eu d’études d’impacts environnementales au préalable », a fait savoir M. GAKOU.
Auparavant, à la rencontre entre la mission et les services techniques dans le gouvernorat de la région de Kayes, le chef de l’exécutif régional avait également exprimé son souhait de trouver une solution aux dérives de cette usine.
Pour sa part, la ministre a indiqué aux représentants de l’entreprise que la situation ne pouvait rester en l’état, tout en les invitant à changer rapidement de fusil d’épaule.
« Je souhaite que vous prendrez les dispositions nécessaires pour faire cesser l’agression que vous êtes en train de porter sur la nature. Pour ce faire, j’exige une rencontre technique rapidement avec mes services techniques et vous, le 11 septembre prochain », a-t-elle instruit. En attendant, elle a également demandé qu’une mission régionale des Eaux et forêts soit dépêchée sur le site en vue d’évaluer la situation.
Dans la même commune, la délégation a également visité l’usine de la chaux vive. Contrairement à l’usine de la cimenterie, là-bas, les problèmes environnementaux sont pris à bras le corps. À cette occasion, la ministre a tenu à saluer et à encourager les responsables de cette usine pour les efforts consentis en faveur de la protection de l’environnement.
Après ces visites, la délégation ministérielle s’est rendue dans la ville de Bafoulabé. À l’instar des autres localités, elle a rencontré le personnel des Eaux et forêts ainsi que celui de l’environnement, de l’assainissement, du contrôle de la pollution et des nuisances.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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