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Cour d’assises : 102 AFFAIRES DONT 7 CONCERNANT LE TERRORISME

Les travaux de la session de la cour d’assises ont démarré en début de semaine à la Cour d’appel de Bamako.

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La cérémonie d’ouverture était présidée par le procureur général près la Cour, Idrissa Arizo Maïga. Ce magistrat a saisi l’occasion pour placer l’événement dans son contexte et réaffirmer la volonté des juges d’éradiquer les mauvaises pratiques qui minent notre société. Il a mis l’accent sur les nouvelles forment de criminalité qui ont tendance à se développer dans notre pays.

Il est utile de rappeler que la présente session se tient exceptionnellement au début des vacances judicaires. La raison ? Les perturbations et le retard dans la programmation habituelle, occasionnés en partie par les mouvements sociaux au sein de la magistrature. Malgré ce contexte peu ordinaire, les travaux de cette session ont effectivement démarré, à la grande satisfaction du procureur général qui a espéré qu’elles se dérouleront dans de bonnes conditions.

Pendant trois semaines, magistrats professionnels et accesseurs éplucheront 102 dossiers. Parmi ces affaires, 26 cas se rapportent aux crimes de sang, 31 cas portent sur des infractions contre les mœurs, 11 cas concernent des infractions contre les biens publics. Aussi, il y a 9 affaires d’atteintes à la confiance publique, 7 dossiers concernent le terrorisme, 3 autres sont relatifs à l’atteinte aux biens publics.

Pour l’instruction de ces dossiers, 170 accusés comparaitront à la barre. Parmi les accusés, on dénombre 71 personnes en détention provisoire. « Le reste des accusés en liberté devront faire l’objet d’une prise de corps, étant observé que les mises en liberté constatées concernent principalement les auteurs des infractions contre les mœurs… », a précisé Idrissa Arizo Maïga qui a annoncé que les personnes en détention seront jugées en priorité afin qu’elles puissent connaitre rapidement le sort qui leur est réservé.

Le procureur général n’a pas passé sous silence les crimes relatifs au viol, à la pédophilie et autres attentats à la pudeur. Selon lui, ces crimes sont banalisés par leurs auteurs au moment où la sensibilisation pour la mobilisation dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre est d’une brûlante actualité.

Par ailleurs, Idrissa Arizo Maïga a mis l’occasion à profit pour appeler la justice à une plus grande rigueur et à un approfondissement des enquêtes concernant les cas de faux et usage de faux en écriture dans les documents délivrés par l’administration notamment. Il est parti du constat de la fréquence de cette infraction, pourtant, jadis exceptionnelle. En demandant plus de rigueur à la justice, l’objectif visé par le procureur général est « d’étendre la répression à tous les auteurs et complices de ses altérations désormais fort fréquentes comme seul moyen de les éradiquer, surtout quand elles atteignent un domaine aussi sensible que le foncier ».

Pour le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, une bonne connaissance de cette infraction dans ses éléments caractéristiques un peu complexes, permettra une répression vigoureuse dans le but de décourager fortement les auteurs de plus en plus nombreux, avec un impact persistant sur la paix sociale.

Idrissa Arizo Maïga n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le caractère spécifique de cette session dans un contexte d’insécurité dû au terrorisme grandissant auquel font face de nombreux pays dont le nôtre. « Malgré les difficultés et la complexité des enquêtes, il est réconfortant de constater qu’au rôle de la présente session sept affaires de terrorisme sont prévues. Les citoyens lambda comprendront que les magistrats ne dorment pas sur leurs lauriers. C’est vrai qu’à la justice les défis sont innombrables et récurrents, mais ils peuvent être globalement relevés. En tout cas dans une large mesure, si nous faisons de leur règlement notre préoccupation première », a-t-il souligné tout en demandant aux populations d’avoir foi en la justice de leur pays. En dépit des insuffisances relatives constatées dans l’organisation des sessions d’assises et  le coût financier que celles-ci génèrent, le procureur général a demandé aux juges le respect strict des principes déontologiques. Cela, au profit de tous les citoyens du pays au nom desquels la justice est rendue.

Mohamed TRAORE

Source: essor

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