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Coordination de la rébellion : Que reste-t-il de la CMA ?

La Coordination des mouvements de l’Azawad a signé, le 20 juin 2015, avec le gouvernement l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. A l’époque, elle était soutenue et composée par les principaux groupes armés du nord du Mali, notamment le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) et le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA) auxquels se sont associés certains groupes d’autodéfense.

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C’était la belle époque où la CMA régnait en maître absolu sur les mouvements armés du nord. Ecoutée et respectée, la CMA était même vue comme la principale alternative à la paix et à la sécurité.

Mais depuis, cette force tranquille n’est plus que l’ombre d’elle-même avec la multiplication des défections et la remise en cause de son autorité. Pis, une importante partie de ses combattants et de ses figures historiques lui a tourné le dos. Ils se sont désolidarisés de leur mouvement d’origine pour créer leur propre groupe.

Aujourd’hui, presque tous les mouvements   rebelles affiliés à la Coordination des mouvements de l’Azawad, ont connu des dissensions internes.

Qui ont conduit à la naissance de nouveaux mouvements politico-militaires. Il s’agit, entre autres, du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) sorti des entrailles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), l’un des principaux groupes à l’origine de la rébellion indépendantiste de 2012. Le MSA revendique au moins 3 000 hommes. Il a été fondé par Moussa Ag Acharatoune et Assalat Ag Habi. On les appelle le groupe de Ménaka avec des Daoussak et des Chamanamas.

Au même moment, un autre groupe a pris ses distances avec la CMA. Le Mouvement pour la Justice et la liberté (MJL) est né de la scission du Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) de la CMA. Il est composé de chefs de fractions, responsables, leaders et notabilités arabes. Ce sont pour la plupart des ressortissants de Ber (région de Tombouctou). Ils ont décidé de s’affranchir de la CMA, de ses positions extrémistes.

« Nous n’entendons plus nous laisser embarquer dans des aventures guerrières injustifiées ou pour des raisons inavouées… »,

a affirmé le chef de file de ce nouveau mouvement, Sidi Mohamed Ould Mohamed, dans une déclaration, le 27 septembre dernier. Le MJL se dit d’ailleurs très proche de la plateforme avec laquelle il entend « tout mettre en œuvre pour privilégier le combat pour la paix et le développement au bénéfice de nos populations… »

Aussi, la création du Congrès pour la Justice dans l’Azawad fut le coup fatal contre la CMA. Créé le 10 Octobre 2016, le mouvement, composé de sédentaires et de tribus Kel Antessar des régions de Tombouctou et de Taoudéni, emporte pratiquement avec lui le peu de crédit qui reste aux groupes principaux de CMA. Car le CJA, faut-il le préciser, est une dissidence du HCUA. Présidé par Azarock Ag Inabachad, le mouvement a le soutien du chef incontesté de la tribu des Kel Antessar, Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmad dit Nasser.

C’est pourquoi, plusieurs observateurs s’interrogent sur la crédibilité, mais aussi le poids de cette coordination. Car si l’on se réfère aux nombres de combattants et figures historiques de la CMA, ayant fait défection. On ne peut s’empêcher de penser à cette conclusion : La CMA est une coquille vide ? Et c’est pourquoi le gouvernement, la médiation internationale et même la Plateforme doivent œuvrer pour une participation inclusive de l’ensemble des acteurs au processus de paix.

La CMA est obligée de prendre en compte les aspirations et droits légitimes de ces mouvements qui étaient, au moment de la signature de l’accord pour la paix, des membres à part entière de la Coordination. Leur choix de ne pas accompagner la CMA actuelle dans ses initiatives suicidaires et téléguidées, ne doit en aucune manière être un obstacle à leur prise en compte dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix.

Dans tous les cas, le MSA, le MJL et le CJA n’entendent nullement se plier devant le refus de reconnaissance des chefs actuels de la CMA dont ils restent membre à part entière. Ils souhaitent que l’Etat s’assume pour une participation inclusive afin de relancer le processus de paix, torpillé par « des frères égarés ».

LE REPERE

Idrissa Maïga

Source : Le Repére

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