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Contribution de SIriki Kouyaté : Le blocage de l’Accord est lié à l’origine et à la nature de la crise au nord du Mali

La crise au Mali est montée de toutes pièces. Elle est née de la volonté manifeste des autorités françaises voulant pérenniser le colonialisme jusqu’à la fin des temps chez les peuples dominés.

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Elle est donc l’une des séquelles de la domination française. Pour la comprendre, il faut remonter à la période 1958 /1960. Après l’échec d’une certaine France  sur son projet de l’OCRS consistant à la création d’une région saharienne comme son nom l’indique, les combattants de l’indépendance se sont imposés. L’ère de la liberté a sonné. Pour ce faire, la France propose le Référendum du 28 septembre 1958. Il invitait nos populations à se prononcer soit en faveur de leur intégration à la République Française comme territoires ou départements d’Outre-Mer, soit comme Etats associés au sein de la communauté Franco-africaine, soit comme Etats totalement indépendants. Les deux premières options accordent une certaine autonomie aux peuples dominés. A l’issu dudit Référendum, le Soudan français (actuel Mali) s’est déterminé en faveur des Etats associés au sein de la communauté Franco-africaine avec Jean Mari Koné jusqu’au 22 septembre 1960 date à laquelle le Mali a pris totalement son indépendance. Cela est inadmissible pour les autorités françaises car, il entre en contradiction avec la nouvelle politique française vis-à-vis de ses colonies. Cette nouvelle politique a été décrétée lors de la conférence tenue en janvier 1944 à Brazzaville où la France par la voix du général De Gaulle déclare que, « pour les territoires coloniaux, il ne saurait être question du self-gouvernement, même dans un avenir lointain et la France poursuivra cette politique de refus avec détermination ».

Cette conférence s’est tenue après que les   africains aient libéré la France de l’occupation allemande lors de la deuxième guerre mondiale. Elle avait  eu  bonne presse avant sa tenue par son caractère d’espérance de la liberté comme trophée de guerre en guise de récompense. Les africains ont compris là que la liberté s’arrache ; elle ne se donne point. Du coup, les combattants de la liberté, voire de l’indépendance, ont doublé d’ardeur. Pour preuve, l’histoire récente de l’Afrique nous enseigne que les nations africaines sont engendrées par un appareil d’Etat mis en place par l’action des masses populaires mobilisées et organisées au sein des partis politiques ou mouvements politiques.

En effet, les chaines du colonialisme tombent. La conquête d’un nouvel espace par le projet de l’OCRS échoue. L’indépendance du Mali est acquise le 22 septembre 1960, après l’éclatement de l’éphémère Fédération du Mali, regroupant le Sénégal et le Soudan français. Le peuple malien affirmait ainsi au monde sa volonté d’indépendance et son attachement aux idéaux de liberté et de justice. Le rêve de la France descendait  dans une impasse au fond inexplorable des siècles.

Les Malika(Maliens) de Kayes à Kidal ont surmonté en commun tous ces obstacles dans une atmosphère indéfectible de vouloir vivre ensemble comme par le passé, avant la colonisation imposée par la force des armes mais l’indépendance reste menacée. Car, la France n’a pas dit son dernier mot. Et là les colonialistes français élaborent cette fois-ci une politique de noyautage. Elle consiste à diviser pour mieux régner ou déstabiliser les régimes. Ainsi, en 1963, le Mali en a connu le plus insidieux des cas. C’est la guerre par procuration ou la « guerre proxy ».  Elle provoque des conflits  au sein des mêmes groupes en les amenant à se battre  entre eux. Pour le cas au Mali, les commanditaires l’ont appelée la rébellion touareg. C’est une aberration, mais une ruse  pour en donner  une connotation identitaire voire minoritaire. Or, le Mali est un ensemble de minorités. Cette première guerre a été étouffée par une large concertation avec la population locale de Kidal. Convaincus que cette guerre n’est pas de leur, beaucoup se sont retirés. La « guerre  proxy » a vite été comprise. Elle avait été planifiée par le colonisateur depuis 1957, trois ans avant l’accession de notre pays à la souveraineté nationale pour créer l’Organisation commune des régions sahariennes. C’est ainsi qu’un cadi d’Arouane  du nom Mohamed Maouloud avait été coopté par le colon pour cette mission de création d’un Etat dans l’Etat  malien. Le projet échoue grâce aux efforts conjugués de plusieurs patriotes maliens notamment Mahamane Alassane de Tombouctou, mais les prémices d’une division sont semées. Donc, en 1963, trois ans après l’indépendance, le colon est revenu sur son projet sous couvert de révolte ou rébellion. Comme il a été dit ci-dessus, la population de Kidal a refusé tout comme par le passé d’entrer dans cette politique de déstabilisation de l’Etat  nouvellement créé, le Mali. Malgré tout certains s’embarquent là dans car ils y trouvent leur gagne-pain. C’est une véritable entreprise terroriste qui venait de naître ; une criminalité transnationale qui a vu le jour.

C’est ainsi qu’ils se sont livrés à des attaques contre la population en guise de représailles pour son refus, comme c’est le cas à présent. Ce n’est qu’en ce moment que l’armé a été interpelée pour sa mission régalienne : protéger la population et défendre l’intégrité territoriale.

Le capitaine Diby SillaS Diarra dirigeait l’opération. Même là l’armée a privilégié le dialogue « entre frère » qui fait échec. Devant la délégation, en guise de réponse négative, les terroristes sécessionnistes égorgent un esclave. C’était pour passer leur message : Nous ne discutons pas avec un noir. Ils sont comme notre bétail. La rencontre prit aussitôt fin et le capitaine revint à Bamako pour rendre compte. Les hostilités se sont donc engagées et prirent fin quelques mois après grâce à une vaillante armée qui a su s’assumer. Les terroristes ont voulu profiter de l’état fragile du pays pour le déstabiliser car, il venait de voir le jour. A leur grande surprise, ils se sont vus  réduits en néant par le manque d’adhésion de la population locale à leur cause. Il y a  un paradoxe qu’il faut signaler ici. Aux dires de certains, on se rend compte qu’ils citent les bourreaux à la place des victimes comme toujours.  De 1964 à 1989, on n’attendit plus parler de cette guerre.

A la fin de 1989, des terroristes organisés au sein d’un Mouvement populaire de l’Azawad attaquent les localités de Tidermène et de Ménaka. Iyad Ag Ghaly était à la tête de ce mouvement. Aujourd’hui il est chef d’Ançar Eddine.

Rébellion touareg disent –ils. Effectivement la crise a évolué sous forme de rébellion jusqu’à son aboutissement à une véritable entreprise terroriste sous l’appellation de l’Azawad  qui,  depuis les années 90, terrorise des paisibles citoyens du Nord  au Centre et Sud du Mali comme Boko Haram le fait au Nigeria. C’est pourquoi le mot en lui-même est source de conflit. Cette appellation  est ressentie comme n’étant pas un facteur de paix. Cela n’est pas un fruit du hasard. C’est fait à ce dessein. La source du mal est perçu comme une condition sine qua non pour faire « prévaloir la restauration de la paix ». Donc l’usage du terme Azawad demeurera toujours une source d’incompréhension et de tension notamment chez les populations locales, en raison des effets  psychologiques infligés par les revendications armés des organisations qui s’en réclament notamment le MNLA, le Mujao,  et Ançar Eddine (AQMI). Par cette stratégie, par tout dans le monde, ils parviennent à faire du terrorisme un mal invincible.

En effet, le Mali reste le seul pays au monde  où des négociations sont imposées avec des  terroristes depuis 1990 et la France qui pactise avec eux en les protégeant à tout prix. L’ex-ambassadeur de France à Bamako, Christian Rouyer,  a en toute responsabilité décrié cela. Jugé attentatoire aux intérêts français, il a été relevé de sa fonction de liaison.

A titre de rappel, les attaques terroristes de 2012 ont été perpétrées par des éléments en grande partie formés contre le terrorisme  par le Groupe Afri-com qui est l’un des secteurs militaires des USA. Quel paradoxe ? Le Mali se trouve occupé aujourd’hui par des terroristes  sous la protection de ceux qui prétendent les combattre.

A tout cela s’ajoute l’endoctrinement de nos enfants, en général à travers les médias mensongers et en particulier à travers l’enseignement de l’entreprise terroriste « Azawad » à Kidal dans les écoles et à l’établissement français à Bamako Liberté.

La marche de l’OCRS à l’Azawad…

Affaire à suivre !

Siriki Kouyaté, Journaliste analyste à la RADIO RFM- la 88.5 MKZ

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