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Congrès pour la justice dans l’Azawad : Vers une jonction des intérêts nomades et sédentaires à Tombouctou

Le CJA. C’est le nouveau sigle qui fait des vagues actuellement et polarise autant  les attentions, depuis que l’entité a été portée sur les fonts baptismaux dans la région de Tombouctou.

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Animée par des ressortissants du cercle de Gao marginalisés par la CMA, ce nouveau groupe armé n’en revendique pas moins un rôle de cordon des intérêts nomades et sédentaires.

En clair, il s’agit selon ses animateurs -parmi lesquels des personnalités très influentes de la trempe de Oumar Traoré Gaucher- de concilier deux composantes que les rebellions antérieures et la méfiance ont longtemps contribué à éloigner. Une singularité et un atout que les dirigeants du CJA ont fortement insisté révélant leurs objectifs et ambitions à la presse il y a deux semaines à l’hôtel Salam.

Entouré de ses proches collaborateurs et fondateurs du mouvement politico-armé, son président a laissé entendre que le CJA inscrit son combat dans une application juste, intégrale et inclusive de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ainsi que dans la prise en compte des préoccupations de l’ensemble des composantes ethniques du septentrion.

En défendant ainsi une dimension locale dans la mise en œuvre du processus d’Alger, Azarouk Ag Inabochad et les autres animateurs de la branche politique du nouveau mouvement promettent en même temps d’œuvrer  à la protection et la sécurisation de leur champ d’influence contre tout obstacle à la quiétude des citoyens, tels que les actes terroristes et de banditisme. Leur bienveillante posture tranche toutefois avec les connotations identitaires du mot ‘’azawad’’/ Mais, les responsables du mouvement s’en défendent et assurent que le recours à cette appellation équivoqué n’est motivé par d’autre intention que l’affirmation d’une spécificité géographique.

Il en est de même, selon eux, pour ce qui est de leur emblème aux relents d’armoiries différentes de celle de la République du Mali.

Le CJA n’est en définitive animée d’aucune prétention autonomiste, relèvent-ils, en martelant par ailleurs leur détermination à se battre jusqu’au bout pour le retour des réfugiés, la sécurisation des personnes et des biens contre les velléités djihadistes entre autres. Autant d’aspects pou lesquels la défaillance de l’Etat est évidente.

Du reste, les responsables du CJA, pour la plupart des fondateurs du Mna (ancêtre du Mnla), sont persuadés qu’une gestion de proximité est aujourd’hui la mieux adaptée dans un contexte de persistance de l’insécurité et compte tenu du grand retard accusé dans la mise en œuvre de l’Accord. Et pour cause, les principaux mouvements signataires, à leurs yeux, ne peuvent plus répondre des intérêts de l’ensemble des composantes concernées.

“Pour nous, la situation s’est dégradée depuis la signature de l’accord”, a lancé sans ambages le président, en mentionnant au passage qu’aucun signe précurseur ne présage une répartition équitable des dividendes de l’accord entre les différentes entités constitutives de l’Azawad. Et, de déplorer par la même occasion l’absence criarde de mouvements comme le CTA et le MSA au sein des instruments et organes de la mise en œuvre de l’accord. Y compris le schéma de sécurisation locale par des patrouilles mixtes, etc.

En plus de s’inscrire dans une dynamique d’inversion de cette tendance par l’intégration des ressorts locaux dans le mécanisme dudit accord, le CJA marque également sa différence par la convergence des intérêts nomades et sédentaires. Il s’agit d’un élan historique qu’incarne pour le moins par la présence en son sein du député de Goundam Oumar Sididjé Traoré, vice-président d’un mouvement qu’il considère personnellement comme l’une des alternatives les plus crédibles à l’inexistence de l’Etat dans son bastion électoral. Une absence qui justifie d’ailleurs la non tenue des élections communales dans 14 circonscriptions sur 16, a renchéri le président Ag Inabochad, en expliquant que l’illégalité des conseils communaux sortants était préférable à une légalité biaisée avec l’absence des électeurs réfugiés pour la plupart dans les pays voisins.

A. KEÏTA

 

Source : Le Témoin

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