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Conférence d’Entente Nationale: la consécration

Face aux atermoiements de certains acteurs politiques et des mouvements armés, prétextant d’impréparation, de précipitation, d’une situation sécuritaire volatile, du fait que l’Accord porte les germes de la partition du pays ; la détermination du Président IBK a prévalu et la Conférence d’entente nationale (CEN) a été un succès retentissant. Analyse d’un rendez-vous avec l’histoire.

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La conférence d’entente nationale, s’est tenue au Palais de la culture Amadou Hampathé BA de Bamako, du 27 mars au 2 avril dernier. Comme à l’occasion de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le 15 mai et 20 juin 2015, notre pays était sous les feux des projecteurs du monde entier. Le jeu en valait la chandelle, parce qu’il s’agissait d’un immense défi auquel il s’attaquait. Ce, d’autant plus que la Conférence d’entente nationale a été butée à beaucoup de réticences sous divers prétextes.

La date qui divise
À peine la date annoncée que l’on a assisté à une levée de boucliers, notamment du côté des mouvements armés, à savoir la Plateforme des mouvements du 14 juin et la Coordination des mouvements armés (CMA), unis pour la circonstance par un mariage de raison.
Pour ces deux mouvements armés, cette Conférence doit prendre sa source dans un ensemble de concertations incluant toutes les couches de la société pour déboucher sur l’adoption d’une Charte pour la paix, l’Unité et la Réconciliation nationale et de solutions durables.
Aussi, ont-ils fait savoir, dans un communiqué, qu’au cours d’échanges avec les représentants du Gouvernement, le Médiateur de la République et le Haut Représentant du président, la nécessité de mettre en place un processus inclusif a été acceptée. Il a également été convenu, selon le même communiqué, que la journée du 27 mars devait consacrer le lancement de ce processus devant prendre fin au 2 avril. Pendant sept jours, il était ainsi question de débattre et d’arrêter les thématiques, les groupes de travail, ainsi que les modalités de mise en œuvre des concertations, des participations à la Conférence d’Entente Nationale.
Lesdits mouvements avancent que dans les cinq régions du Nord, l’insécurité et la défiance envers l’État et entre les communautés à la base continuent de prévaloir, et à la faveur des lenteurs enregistrées dans la mise en œuvre de l’Accord, en particulier sur les dispositions pertinentes concernant les Autorités intérimaires, le retour de l’Administration et des services sociaux de base, le MOC, les patrouilles mixtes qui demeurent non opérationnelles et le redéploiement de l’armée reconstituée ;
La situation sécuritaire et les relations intra et intercommunautaires dans d’autres parties du pays, notamment les régions de Mopti et de Ségou se sont dégradées et les conflits prennent des tournures politiques, ethniques et religieuses.
Les populations à la base, y compris les réfugiés et les déplacés, ne voient pas encore de signes concrets leur permettant de réconciliation nationale qui repose sur des solutions durables. Les réfugiés attendent que leurs sites de retour soient viabilisés et que leur participation citoyenne soit prise en compte.
Dans cette déclaration conjointe, la CMA et la Plateforme ont également mis en exergue le manque de concertation et d’inclusivité qui a prévalu dans l’organisation de cette Conférence constatant que :
La CMA et la Plateforme n’ont été ni associées à la rédaction de l’avant-projet des TDR ni à la conception de la Conférence d’Entente Nationale avant la décision du CSA de Haut Niveau en date du 10 février 2017, et ce, en violation du chapitre 2, article 5 de l’Accord qui stipule que la Conférence sera organisée « avec le soutien du Comité de Suivi et sur la base d’une représentation équitable des parties ».
La date de la Conférence a été fixée de manière unilatérale par le gouvernement.
Dans le cadre de l’organisation de la Conférence de l’Entente Nationale, les concertations régionales ont été insuffisantes, mal préparées et initiées unilatéralement par la partie gouvernementale. Dans certaines régions, les participants ont d’ailleurs exprimé leur désaccord avec l’organisation hâtive et non inclusive de ladite Conférence. De plus, la région de Kidal n’a pas pu tenir de concertations du tout.
Tels étaient les griefs soulevés par les deux mouvements signataires de l’Accord pour annoncer qu’ils ne prenaient pas part aux travaux de la Conférence d’entente nationale.

L’inclusivité
Comme ils l’ont annoncé, ils n’ont effectivement pas pris part à la cérémonie d’ouverture de la CEN. Du moins en ce qui est de la Coordination des mouvements armés. Une décision radicale qui n’a pas été sans irriter le Président IBK qui l’a fait savoir, à travers une formule très imagée dans son discours d’ouverture de la CEN. Par rapport aux insuffisances organisationnelles pointées du doigt par les mouvements armés, il a fait savoir : « Le travail des plus grands génies présente toujours quelques insuffisances, et l’on ne refuse pas d’assister à un important événement familial, parce que l’organisation n’est pas parfaite. Que ce soit un baptême, des fiançailles, un mariage, ou un deuil dans sa famille, lequel d’entre nous déciderait d’y renoncer, parce que l’organisation n’est pas parfaite ? Quand bien même c’est vous, personnellement, qui pilotez cette organisation, vous y verrez toujours une faille, un détail manquant, au moment même où se déroule l’événement ».
Le Président IBK, s’adressant à ceux qui ont fait le fait d’un boycott de la CEN pour des visées politiques, a soutenu : « aussi, même en étant rivaux dans le combat politique, nous ne devons jamais perdre de vue que, sur cette terre du Mali, la démocratie n’approchera les abords de la perfection que lorsque chacun comprendra qu’il lui appartient d’apporter constamment ses idées et son talent à l’œuvre de la Perfection patriotique. C’est l’addition de nos talents et de nos différences qui nous permettra d’enrichir la construction de la démocratie sur cette terre sacrée ».
Cette forte interpellation, contrairement à certaines interprétations dont elle a fait l’objet était de son devoir en tant que président de la République. C’est ce qu’a expliqué IBK à la clôture de la CEN. La preuve en est que tout a été mis en œuvre pour que ceux qui n’ont pas pris le train au départ puissent le faire à la gare de leur choix. Que ce soit le Médiateur de la République, que ce soit la Médiation internationale, tous ont mouillé le maillot pour que la CMA et la Plateforme prennent le train en marche. Ce qui a été fait.
C’est d’abord un communiqué du Haut Représentant du chef de l’État pour la mise en œuvre de l’Accord, Mahamadou DIAGOURAGA, qui a annoncé la nouvelle : la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’ex-rébellion, s’engage à prendre part aux travaux de la Conférence d’entente nationale à compter du mardi, 28 mars. Finalement, c’est le mercredi 29 mars qu’ils effectueront véritablement leur embarquement.
La famille n’était pas au complet, mais c’était presque. L’Opposition, à son tour, par son chef de file, a effectué un passage remarqué à la CEN. Mais cela, beaucoup plus pour se dédouaner de son boycott que dans un souci d’apporter ses idées et son talent à l’œuvre de la perfection patriotique et à l’enrichissement de la construction de la démocratie dans notre pays. Néanmoins, elle était présente à la cérémonie de clôture de la CEN. Détente ou calme avant la tempête ?

Un vif engouement
L’engouement pour la Conférence d’entente nationale était à la mesure du besoin de nos compatriotes de parler et de se parler, sans tabou, « souvent avec passion, mais toujours dans le respect et la tolérance ». Ce que le Président de la Conférence d’entente nationale n’a pas du reste manqué de souligner.
C’est grâce à un franc-parler que l’objectif global de la Conférence d’Entente Nationale a été atteint. Il s’agissait d’instaurer un débat approfondi et inclusif entre toutes les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes du conflit. Cette Conférence devait permettre ainsi de traiter, entre autres, de la problématique de l’Azawad, problématique désormais dénuée de toute connotation de projet politique à caractère séparatiste ou ethnique. Le résultat final attendu est la production d’une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation.
L’engouement pour la Conférence d’entente nationale se mesure également à l’aune de la participation. Les prévisions initiales tablaient sur 300 participants. Il s’agit des représentants des mouvements signataires et non-signataires de l’Accord ; des élus locaux ; des représentants de l’État (autorités et services techniques) ; des autorités traditionnelles et religieuses ; des représentants des forces de défense et de sécurité ; représentants des organisations de développement local ; représentants des organisations de jeunes et de femmes ; représentants des organisations de victimes et des personnes déplacées et réfugiées ; représentants du secteur économique/secteur privé ; médias et les communicateurs traditionnels ; représentants des associations de la société civile au sens large.
À l’arrivée, le Président de la CEN a constaté, avec bonheur, que le nombre de participants a été triplé.

IBK auréolé
Le Chef de file de la Médiation internationale, Ahmed BOUTACHE, parlant de la Conférence d’entente nationale, lors de la cérémonie de clôture, a parlé de succès retentissant. Fort de ce constat, il a félicité le Président IBK pour toutes les actions qu’il entreprend en faveur de la paix.
Avant lui, c’était aux communicateurs traditionnels, commis par la CEN, par la voix de DAGAMAISSA, de saluer l’esprit patriotique, le leadership du chef de l’État. Cela, en raison d’un certain nombre d’actes. IBK avait dit que l’Accord serait négocié à Alger, mais que sa signature se ferait dans notre capitale. Ce qui a été le cas. Dès son premier gouvernement, il a créé un ministère chargé de la réconciliation nationale. Preuve, s’il en était besoin, de son attachement à cette réconciliation. Il a nommé un Haut représentant pour le dialogue inclusif intermalien, en la personne de l’actuel Premier ministre, Modibo KEITA ; un Haut représentant pour la mise en œuvre de l’Accord, en la personne de Mahamadou DIAGOURAGA. Il a créé une commission d’intégration présidée par le général Gabriel POUDIOUGOU ; une Commission nationale de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), présidée par l’ancien ministre Zahaby Ould Sidi Mohamed.
« Tout cela veut dire que le Président IBK veut que les Maliens se retrouvent pour parler sans tabou. Ce qui a été fait. Le train de la paix a démarré aujourd’hui avec tous les Maliens à bord », a magnifié le porte-parole des communicateurs traditionnels.
La reconnaissance à IBK se justifie également par sa détermination, sans faille, pour l’avènement de la paix dans notre pays. Lors de son discours de Nouvel An, il annonçait, en effet : « un jalon important dans la réhabilitation de la cohésion sociale et du vivre ensemble au Mali sera posé avec la tenue au mois de mars 2017 de la Conférence d’Entente Nationale ».

Les perspectives
Selon les termes du chef de l’État, la Conférence d’entente nationale a proposé des voies de sortie de crise qui sont certes multiples, mais dont la destination reste la même pour tous : restituer à notre pays sa grandeur de nation debout. La destination finale du train qui a démarré à la gare de la CEN est la paix.
Pour y arriver, il y a une escale importante qui est la Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale. Après concertation entre les parties signataires, il a été convenu que la Conférence d’entente nationale n’adoptera pas une Charte définitive. Aussi, et contrairement à ce que prévoyaient les TDR, la Conférence a préparé et adopté des observations, des recommandations et des résolutions qui fourniront les éléments constitutifs d’une Charte qui sera élaborée dans un cadre que les autorités fixeront.
L’élaboration de la Charte sera suivie d’une large diffusion. Le Président IBK, en donne sa vision : « ainsi que cela a été précisé à l’ouverture de vos travaux, les éléments constitutifs de la Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale vont faire l’objet d’une très large diffusion. Celle-ci concernera notamment les populations résidant sur le territoire national, nos compatriotes réfugiés et la diaspora malienne.
Il ne s’agit pas de rouvrir les débats sur les thèmes traités lors de la Conférence, mais de soumettre les recommandations de celle-ci à l’éventail le plus large de citoyens maliens. Cela afin d’enregistrer leurs remarques, critiques et propositions ».

 

Source: info-matin

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