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Chronique du vendredi : Le Mnla ne veut pas dialoguer, c’est ça la vérité

Adam Thiam
Le texte publié hier sur Maliweb sous le titre de plateforme du Mnla est-il celui que Bassolé est venu remettre, mardi, à Dioncounda Traoré ? Si oui, le médiateur aurait pu épargner au Trésor burkinabé, le carburant pour le vol spécial Bamako-Ouaga de même que l’encre et le papier qui ont permis de produire une telle plateforme.

Laquelle manifestement n’a bénéficié ni du concours de l’intelligentsia nomade qui avait réussi à justifier la rébellion armée de 1990 par un argumentaire recevable et effectivement reçu à l’époque par les nouveaux gouvernants du Mali. Pas que tout était vrai pour le Nord seulement dans le procès fait à l’Etat mais parce que c’est une région qui avait parlé à la place de toutes les autres, que l’exigence d’une autre forme d’Etat était fondée et que pouvaient l’incarner les dirigeants que l’Histoire alors accélérée de la nation avait choisis. Dans les griefs recevables de l’époque, il y avait incontestablement une sous représentation de la communauté nomade dans les sphères de l’Etat, notamment l’armée. Il était également vrai que le Nord accusait plus les effets des cycles de sécheresse et d’une administration d’occupation. Les besoins d’accès des zones nomades à l’école et à la santé étaient, de même, plus criards. C’est la reconnaissance de tout cela qui a permis le Pacte national. Que celui-ci n’ait pas été entièrement mis en œuvre est un autre problème dont la solution était plus dans le réglage que dans la rupture dont le Mnla était porteur en 2012. Or même lorsqu’en octobre 2012, on sait que ce mouvement n’avait été que le véhicule de forces qui l’ont balayé lui-même en quelques heures, le Mnla n’a pas cru devoir observer l’humilité qui sied à l’arroseur arrosé. Sa plateforme sera probablement mise à la poubelle par les Chefs d’Etat de la Cedeao car en vérité, elle n’est pas une renonciation formelle à l’indépendance mais simplement un ajournement de ce projet sur fond d’erreurs de prémisses et d’analyses ainsi que d’un repli communautariste qui dégage le même relent d’exclusion pourtant dénoncé par les auteurs de ladite plateforme. Le Mali, si l’on reste dans le champ lexical et la vision d’un Mnla dont on vante les vertus retrouvées pour le dialogue, sera un voisin, autant dire un pays limitrophe de l’Azawad dont les Touareg ne sont pas la plus forte composante. Encore que la majorité des Touareg, par la faute de fauteurs de troubles minoritaires, sont devenus de simples numéros matricules dans des camps de réfugiés sur des territoires frères peut-être mais faisant face à leurs propres problèmes eux aussi. Les erreurs, fautes et crimes de l’Etat vis-à-vis de nomades, sur la base de l’ethnie ne sont pas acceptables et pour nous, il y a un devoir de mémoire et de réparation à observer vis-à-vis des victimes innocentes des rébellions passées ainsi que de la chasse au turban qu’elles ont pu occasionner de la part de l’Etat. Mais il ne faut pas confondre l’Etat et les citoyens. Or il y a bel et bien des graves torts portés aux communautés du Nord, Sonrais, Peulh, Arabes et autres qui ont subi le joug du Mnla. Pardonner pour la paix et la survie du Mali est nécessaire. Mais le mouvement Touareg est dans la surenchère, le mépris et la fuite en avant. Il rend difficile les retrouvailles et c’est dramatiquement triste.

Adam Thiam

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