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Ces soldats vivent à la dure dans le désert malien

Les marsouins de Vannes, soldats du 3e Régiment d’infanterie de marine, nomadisent dans le désert brûlant du Mali. Leur vie s’organise entre les bivouacs et des journées dangereuses, éprouvantes.

operation serval Barkhane armee soldat militaire francais

Désert du nord du Mali

Il est 4 h, une nuit de fin avril, aux environs d’Aguelhok. Sans bruit, des ombres, des silhouettes se dressent. Comme réveillées par leur horloge interne. Chacun a intégré l’heure de lever donnée la veille.

Sans un mot, les soldats de la compagnie Hermines, du 3e Régiment d’infanterie de marine (3e Rima), de Vannes, plient leur lit de camp, la moustiquaire. Ils ont allumé I’ampoule rouge de leur lampe frontale pour faire le minimum de lumière.

Le café

Dans un quart en métal, un soldat verse de l’eau minérale déjà chaude sur de la poudre de café. À cette heure de la nuit, la température est déjà élevée flirtant avec 28 °C. Son voisin, brosse à dents à la main, sort du carré formé par une quinzaine de véhicules de l’avant blindés (VAB), de camions. Tout départ de nuit du carré doit être signalé au véhicule de garde le plus proche.

Terrain hostile

La colonne a stoppé pour le bivouac en terrain hostile. Depuis plusieurs jours, les compagnies du régiment appuyées par d’autres unités ont multiplié les patrouilles, les contrôles de véhicules, de campements.

En moins d’une heure, le matériel, les sacs sortis pour la nuit sont rangés sur les toits et à l’intérieur des véhicules.

5 h. La colonne s’ébranle

Engagé fin janvier dans le nord du Mali, le 3e Rima doit regagner la France début juin, après quatre mois d’opérations intenses dans une région difficile.

En journée, les températures flirtent avec les 45 °C voire 50 °C. Les rafales de vent, les nuages soulevés par les véhicules en route

te emplissent les habitacles et les poumons de poussière et de sable très fin.

Chaleur et sable

Les appareils, de l’ordinateur de l’officier à l’hélicoptère, sont très sensibles à ces grains qui pénètrent partout. Chaleur et sable, hommes et matériels souffrent.

Encombrés par le lourd gilet pare-balles de 25 kg, les cartouchières, le sac de premiers secours (morphine, pansements, garrot), les soldats se serrent dans les véhicules. Heureusement, le casque évite de s’assommer contre les parois quand le véhicule fait du hors-piste.

9 litres d’eau

La soif est constante. La gorge brûlante. Chaque soldat a droit à 9 litres d’eau minérale par jour. Pour rafraîchir un minimum cette précieuse eau, il suffit de glisser la bouteille dans une chaussette de belle taille, ou de l’entourer dans un chèche. Puis de mouiller le tout avec l’eau d’une deuxième bouteille.

En pratique, ça marche. Mais la plupart du temps, l’eau consommée est chaude.

C’est simple, pour avoir une eau fraîche, le soldat glisse une bouteille d’eau dans une chaussette qu’il mouille avec une deuxième bouteille. (Photo : Bruno Jézéquel/Ouest-France)

Nomades

Depuis leur arrivée, les marsouins (surnom donné aux hommes des troupes de marine) ont enchaîné les nomadisations dans le désert, jusqu’à quinze jours de suite.

Manger avec cette chaleur suffocante devient difficile. La nourriture se transforme en pâte. Las, il est vivement conseillé de se restaurer pour tenir.

Du veau marengo

Le soldat mange dès qu’il a un moment. Lors d’un arrêt. Le soir. « Reconnues de qualité par les autres armées », constate Hervé, les rations de combat sont copieuses. Veau marengo, cassoulet, salade mexicaine, barres de céréales, café, thé, sardines, crème de fromage, biscuits, chauffe-plats… Certains agrémentent avec des produits personnels : piment, pâtes…

« On a signé »

Confronté à ces rudes réalités, on pourrait imaginer le soldat grognon ou accablé. Or, même si d’inévitables accrochages ont lieu comme dans tout groupe, les marsouins du 3e Rima sont affables, de bonne humeur. Hervé note : « On sait pourquoi on est là. La lutte contre les terroristes. Et on a signé. »

L’attente

En journée des attentes peuvent être longues. Chacun s’organise. Jeux de cartes, mots croisés, lecture, sieste. De petits groupes se forment, discutent, blaguent. « Après le quart d’heure beauf, c’est le quart d’heure poésie », s’amuse un sous-officier.

Le retour

C’est le moment où on pense au retour. « Je pourrais être avec des copains, aller au cinéma, boire une bière fraîche », lance, avec un sourire, Kévin. Son voisin, Loïc ajoute : « En France, on apprécie cent fois plus les choses simples. On voyage. On voit beaucoup de pauvreté. »

Le soir, souvent de nuit, la colonne installe le bivouac sur une zone sécurisée par le génie.

Un jeune s’isole

On retire enfin gilet et casque. Les lingettes pour bébé sont les plus efficaces pour nettoyer le visage. Et le talc pour adoucir les pieds. À la nuit, la douche est prise derrière les véhicules avec une bouteille d’eau minérale. Des feuillées sont improvisées derrière un buisson.

Téléphone en main, un jeune s’isole pour contacter la France. Les réseaux sont très aléatoires. Un hélicoptère atterrit. Plusieurs hommes s’approchent pour filmer.

La tête dans les étoiles

Le camp s’apaise. Sébastien glisse : « C’est le meilleur moment de la journée quand je m’allonge avec au-dessus de moi toutes ces étoiles, ces galaxies dans le ciel immense. »

Source: Ouest – France

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