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Cedeao : la Mauritanie frappe à la porte…

Le gouvernement mauritanien vient de signer avec la  Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) le 9 août 2017 un « accord d’association » pour une libre circulation des personnes et des biens.

mohamed ould abdel aziz president mauritanien

A travers cet accord signé à Lomé, le second en trois mois, les contours d’un retour de la Mauritanie au sein de l’organisation se dessinent, dix-sept ans après son départ de l’organisation sous régionale.

L’accord d’association, signé en marge du 16ème Forum de l’African Growth Opportunity Act (Agoa), qui s’est tenu du 08 au 10 août 2016 dans la capitale togolaise, intervient trois mois après un premier accord, paraphé en mai 2017 et portant sur une « zone de libre-échange » dont le calendrier prévoit à terme une réintégration de la Mauritanie au sein da la Cedeao en janvier  2019.

Membre fondateur de la Cedeao, la Mauritanie s’était retirée en 2000 de cette Communauté économique pour se consacrer au développement de l’Union du Maghreb arabe (UMA), qu’elle partage avec l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie. Une organisation qui n’a jamais tenu les promesses.

Ce choix était le reflet d’une volonté d’« arabisation » forcée de la Mauritanie. Un choix fortement critiqué par les communautés négro- mauritaniennes, liées aux autres peuples d’Afrique de l’ouest par l’histoire, la culture et la géographie, et souvent victimes de politiques  ségrégationnistes de la part des régimes successifs à Nouakchott.

Rationalité économique

En attendant 2019, l’accord signé à Lomé pourrait donner une nouveau souffle à l’économie mauritanienne, qui pourra désormais bénéficier du marché de la Cedeao, riche de près de 350 millions de consommateurs.
Et avec une communauté qui pèse plus de 730 milliards de dollars de produit intérieur brut (PIB), cet espace permettra également la circulation des opérateurs économiques et des populations mauritaniennes dans l’espace sous régionale.

Selon le Fonds monétaire international (Fmi), l’économie mauritanienne va connaître une croissance de 4,2% en 2017, mais l’économie du pays « affiche encore des aspects négatifs, dont sa faible capacité de résilience ».

L’institution de Bretton Woods note également que Nouakchott reste très exposée à la « conjoncture » internationale, surtout en ce qui concerne la baisse des cours des matières premières, et que le pays a épuisé ses marges de manœuvre concernent l’endettement qui frôle les 85% du PIB.

« Sur le plan économique, la Mauritanie est restée liée à la Cedeao et donc des échanges vont continuer à avoir lieu. Et bien évidement, la mise en place de ce cadre réglementaire permettra de faciliter davantage cette intégration économique au niveau de la Cedeao », a indiqué le directeur de la Promotion du commerce extérieur au ministère mauritanien du Commerce, Mohamed Hit, cité par Rfi.

Entre retour et nouvelles adhésions …

La Cedeao constitue un marché convoité. Au retour de la Mauritanie qui se dessine, il faut ajouter la demande du Maroc qui affiche  sa volonté d’intégrer l’organisation. Le géant mahgrébin a été aussitôt imité par la Tunisie.

Le Maroc a déjà reçu le 04 juin 2017 un accord de principe des autorités de la Cedeao, tandis que la Tunisie, elle a été admise comme membre « observateur ».

En décembre 2011, le Tchad (géographiquement plutôt en Afrique centrale) avait également émis un souhait de faire partie de l’organisation ouest africaine, selon une déclaration de son président Idriss Déby.

La  Cedeao, selon les experts, est la Communauté économique régionale (Cer) la plus dynamique du continent avec une intégration plus ou moins réussie, grâce à son principe de libre circulation des biens et des personnes, qui est effectif, et l’existence d’un tarif extérieur commun (Tec).

Toutefois, il est à noter que la Cedeao bénéficie d’un taux d’échanges commerciaux très faible entre ses membres, une situation due selon certains analystes à l’inexistence d’une monnaie commune, entre autres facteurs.

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