CCIM : Savoir raison garder

Au moment où le bureau consensuel est attendu par une frange importante de commerçants, de grandes manœuvres de dénigrement sont en cours à l’encontre des règles de courtoisie et de respect dans la corporation.

Les règles de confraternité, de courtoisie et de respect à la profession ont fui la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM). L’ancien président Dossolo Traoré (le tout premier de la Chambre consulaire élu après l’indépendance), qui a dirigé la structure de 1960 à 1985, doit se retourner dans sa tombe. Président de la CCIM pendant 25 ans, il n’a quitté son fauteuil qu’à son rappel à Dieu.

 

Celui qui a battu tous les records de longévité à la tête d’une institution consulaire au Mali et dans la sous-région était tacitement reconduit dans ses fonctions sans élections consulaires, mais sur la base du consensus et de l’entente. Ce rappel historique a tout son sens quand on sait comment la CCIM est tombée bas 27 ans après le décès de son premier président.

 

Les élections consulaires bâclées de 2006 remportées par Jeamille Bittar contre Ousmane Guittèye, candidat du groupement des commerçants maliens (GCM), est à l’origine de cette fissure. Tout se passe comme si ce sont des intérêts partisans qui sont aujourd’hui défendus et non ceux d’une corporation.

 

L’installation d’un collège transitoire en lieu et place du bureau sortant en fin de mandat, a créé l’effet d’une bombe. Bien que la majorité des opérateurs économiques, à travers des groupements professionnels, ait accepté la sentence du gouvernement, le bureau sortant est noir de colère. En plus d’avoir choisi de se pourvoir devant les tribunaux pour annuler la mise en place de la transition, le bureau de Jeamille Bittar a choisi de faire dans les invectives et les débats de caniveaux.

 

Des complots étouffés

 

En guise d’invectives, des gens tapis dans l’ombre ont commencé par explorer le canal des radios où ils organisaient des débats ou participaient à des émissions leur permettant de déverser leur bile sur tous ceux qui sont dans leur ligne de mire.

Une autre attitude a consisté à monter le personnel de la CCIM contre la décision gouvernementale de mise en place du collège transitoire. Le personnel qui s’est senti utilisé à des fins inavouées s’est désolidarisé de « la vraie fausse lettre d’indignation », signée en son nom sous le couvert du syndicat.

 

La dernière stratégie en date mise en branle est de revenir encore à la presse pour régler les comptes à des personnes soupçonnées d’être des freins à l’assouvissement d’ambitions personnelles. Par presse interposée, des histoires drôles sont montées de toutes pièces pour salir d’honnêtes cadres qui ont rendu de grands services à l’administration publique malienne.

Tantôt certains sont calomniés d’avoir émargé chez Bittar et d’autres accusés d’avoir pris des pots-de-vin ce qui serait à l’origine de leur limogeage de leurs postes. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, supposé être au-dessus de la mêlée, n’est pas épargné. Il est pris à partie dans cette entreprise de dénigrement savamment orchestrée.

 

Quand les opérateurs économiques s’entredéchirent, l’économie part en lambeaux. Dans le contexte de crise actuelle que vit notre pays, les ouvriers de l’économie ont des rôles plus louables que des querelles de clochers. La retenue s’impose à tous y compris au gouvernement. Celui-ci doit diligenter l’installation des membres du bureau transitoire afin que chacun soit fixé sur son sort.

 

Abdrahamane Dicko