Manifestations anti-françaises au Mali : Quand l’histoire donne raison au député Mariko !

Quand l’honorable Oumar Mariko disait que les Maliens allaient finir par bruler les drapeaux français suite à la visite de François Hollande au Mali, on le prenait pour un fou. Tout simplement par ce qu’à l’époque, de nombreux Maliens  brandissaient les drapeaux français partout pour saluer le geste de leur « sauveur ». Aujourd’hui, l’histoire lui a donné raison avec la multiplication des mouvements de contestations des mêmes Maliens contre la même France jusqu’à mettre le feu au fanion tricolore.

On n’est pas obligé de prendre pour de l’argent comptant tout ce que nos activistes politiques disent. Mais souvent, force est de le reconnaître, l’histoire leur donne raison. C’est le cas pour l’honorable Oumar Mariko avait prédit les conséquences de notre attachement aveugle et démesuré à la France. Un attachement exprimé par la valorisation du drapeau français, devenu une denrée rare dans les marchés du pays. C’était  au lendemain de l’intervention française au Mali pour stopper la menace djihadiste au Mali. Une intervention accueillie avec une immense joie par la population Malienne qui ne cessait de branler les drapeaux français sur les toits des maisons, sur les voitures et les motos pour remercier la France « sauveur ».

Cette reconnaissance  a connu une autre proportion, plus grandiose lorsque François Hollande a entamé une visite au Mali de Tombouctou à Bamako. Il a été accueilli avec toutes les ferveurs par les Maliens qui sont massivement sortis pour lui réserver un accueil chaleureux du nord comme au sud avec des drapeaux de la France. En plus des drapeaux français, le Président français a même eu droit à des cadeaux spéciaux comme le chameau qu’on lui a offert à Tombouctou ou encore des enfants maliens baptisés « François Hollande » en guise de remerciements à l’endroit du peuple français et son président.

Ce qui a le plus réconforté les Maliens lors de cette visite de « Papa Hollande », c’est son discours, tenu au Monument de l’Indépendance de Bamako  pour rappeler les efforts des « Tirailleurs Sénégalais » dont des Maliens qui ont combattu pour libérer la France de l’occupation allemande, lors de la 2ème guerre mondiale. Un discours qui a donné de grand espoir au Maliens qui voyaient l’ère d’une nouvelle France aux côtés de son ex colonie, le Mali. Selon certaines personnes qui ont été témoins de cette forte mobilisation des Maliens, si François Hollande s’était présenté comme candidat à l’élection présidentielle au Mali, il aurait été plébiscité sans problème. Comme pour dire à quel point les Maliens étaient contents de cette intervention française.

Mais malheureusement, ce discours de F.Hollande a été suivi d’effet contraire lorsque l’intervention Française s’est arrêtée aux portes de Kidal après la libération de Gao et Tombouctou.

C’est à partir de cette date là que les gens ont commencé à se rappeler des propos d’Oumar Mariko lorsqu’il disait que les Maliens finiraient par bruler les drapeaux français comme pour dire que cette intervention n’était pas gratuite. Si Oumar Mariko a été traité ce jour de « fou » car n’ayant pas salué cette intervention, contrairement à la majorité des Maliens à l’époque, aujourd’hui, l’histoire lui a entièrement donné raison avec cette multiplications des manifestations anti-françaises par le même peuple malien dont la dernière date du 26 mai dernier avec cette marche de la Société Civile pour le retour de la paix et l’unicité du pays. Comme un tour du hasard, c’est le même monument de la « Place de l’Indépendance » qui a servi de cadre pour cette marche avec des slogans hostiles contre la France et la Minusma, que les manifestants accusent d’être les principaux soutiens aux rebelles touaregs contre le pays. On pouvait lire sur les pancartes et les banderoles : ‘’Abas la France, Minusma égal France qui est égal au MNLA’’ pour dénoncer la partialité de la France et de la Communauté internationale envers les rebelles. Selon nos informations, un drapeau français a également été brulé lors de cette marche. Mariko est-il un visionnaire ?

Modibo Dolo

Source: Tjikan

Mali France : Le cas Kidal évapore l’euphorie suscitée par l’opération Serval

Une marée humaine sur le grand boulevard de l’indépendance, le mardi dernier. En cause : l’attitude des groupes rebelles de la CMA qui réclament une réouverture du dialogue après avoir refusé de signer l’accord de paix le 15 mai.  La  France et la Minusma, accusées de ne pas être très impartiales, ont été vivement critiquées par les manifestants.

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Répondant à l’appel des organisations de la société civile, des milliers de manifestants ont battu le pavé à Bamako et  à travers tout le pays, le mardi dernier. Objectif: dénoncer le refus des groupes rebelles qui jusque là n’ont pas encore apposé leur signature sur l’Accord de paix, signé le 15 mai par le gouvernement malien et les mouvements de la plateforme.  Les  narco séparatistes du MNLA, après avoir refusé de signer l’accord de paix obtenu après de longs mois de négociation, à Alger sous la médiation internationale, réclament de nouveau, la réouverture des dialogues, tout en continuant de mener des attaques contre l’armée régulière et les populations civiles.  Tout cela, sous le regard complice ou presque de la France et de la Minusma. D’où la grande mobilisation des forces vives de la nation pour exprimer, une fois de plus, leur attachement à la paix et l’unité du Mali.

« A bas la France, A bas la Minusma, vive la Russie, vive le Mali » pouvait-on  entendre dans les slogans de certains manifestants. Tandis que d’autres scandaient « France+ Minusma=MNLA  ou encore la main invisible de la France, la Minusma dehors».

« Je suis Michel Tomy », pouvait-on lire sur certaines pancartes. Faisant référence à l’article du journal français en ligne Médiapart à propos des écoutes policières téléphoniques impliquant le président IBK et son homologue Gabonais, Ali Bongo et l’homme d’affaire Michel Tomi. Une révélation perçue par l’opinion publique malienne comme un chantage de la France contre le président IBK, pour dit-on, avoir osé dire, au secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de paix de l’ONU, Hervé Ladsous, les vérités auxquelles les  15 millions de Maliens redoutent. A savoir, le jeu trouble de Minusma et de la France.

Très remontés contre la France et la mission onusienne (Minusma), des manifestants dont certains hissaient le drapeau russe, ont brûlé les couleurs françaises.

 

Une disgrâce  rapide contre la France !

 

Chose encore impensable en janvier 2013 lorsque la France à travers une intervention militairement stoppait l’avancée des groupes terroristes vers le Sud. Pour rappel, en début février 2013 lors de sa visite au Mali, le président français, François Hollande avait été accueilli en libérateur par le peuple malien. Pour exprimer leur reconnaissance pour la France et son président, certains avaient prénommé leur nouveau né, François Hollande ou encore Damien Boiteux, lieutenant et premier soldat français tombé sur le sol malien, dans les premières heures de l’opération serval.

Pour rappel, à Konna, ville dans laquelle le lieutenant français, Damien Boiteux a succombé, un monument a été érigée à son honneur et en guise de reconnaissance à l’égard du peuple français. Mais aussi, plusieurs chansons avaient été produites en l’honneur du président français, François Hollande. Qui lors de sa visite en février 2013, avait laissé entendre, sous le coup de l’émotion, que « ce jour (date du 2 février ndlr) était  le plus important de sa vie politique ».

Faut-il le noter, la grande marche a enregistré la présence du ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, des représentants de la société civile et des leaders politiques. Ils ont tous invité, une fois de plus, les groupes de la CMA de signer l’Accord de paix dans un bref délai, afin de mettre un terme à la souffrance des populations.

Impartiales ou pas, une chose est sûre, les forces françaises, celles de la Minusma et des rebelles pavanent encore ensemble à Kidal,  au moment où l’armée malienne y est empêchée d’entrer.

En effet, la France de François Hollande n’est plus encore chouchoutée par les Maliens. L’euphorie suscitée par la force serval  s’est estompée au gré de la complicité française avec les groupes rebelles et le sentiment antifrançais ne fait que s’exacerber  jour après jour.

 

Lassina NIANGALY

Source: Tjikan

Nouvelles discussions à Alger : Le Mali doit éviter le jeu de la CMA

Depuis mardi des discussions ont été ouvertes entre la Coordination des Mouvements de l’Azawad est la médiation internationale en vue de mettre fin aux attaques armées. Heureusement pour l’honneur du Mali, Bamako n’a dépêché aucun émissaire. Cette attitude est bien salutaire selon plusieurs acteurs, car  sur le terrain le rapport de force tourne à l’avantage du Mali. Rien ne justifie donc plus à se laisser trimbaler par ce groupe des bandits armés qui continuera à souffler du chaud et du froid tant que l’hôtel ‘’El Aurassi’’ d’Alger restera ouvert.

Décidément le vent de la victoire   semble changer de trajectoire   au détriment de la Coordination des Mouvements de l’Azawad, du moins, suite à plusieurs revers militaires subis  sur le terrain. Depuis la cuisante défaite de Menaka  qui s’est soldée par la prise de la ville par les combattants de la plateforme GATIA en tête, les leaders indépendantistes sont aux abois. N’ayant pu digérer cette couleuvre, ils ont porté leurs efforts sur d’autres localités profitant de l’absence des forces de sécurité. Ils ont été d’abord repoussés à Diré  par les forces armées. Le seul acte spectaculaire qu’ils ont pu poser fut l’embuscade tendue contre un détachement des FAMAS. A Bambaramaoudé, l’armée les a infligé une sévère leçon. A Tin Hama, ils ont été humiliés par l’armée  au point d’accuser cette dernière d’exactions. A Arbichi, à Eshel et Tamash ils n’ont pas obtenu gain de cause. En désespoir de cause ils ont lancé une offensive désespérée sur  la ville de Tessit, dans cette localité ils ont été repoussés par l’armée. Comme trophée de guerre à Tessit, ils ont capturé 19 joueurs de football et  ont fait croire à l’opinion qu’il s’agissait des soldats maliens. Ces défaites à répétition et les  rumeurs sur la mort du Colonel  Bamoussa Diarra,  un officier félon de l’armée malienne et de Cheick Haoussa  ont contribué à contraindre la CMA à approcher la médiation non pas pour une révision  de l’accord d’Alger  mais pour négocier un cessez le  feu bilatéral  pour sauver la face. Surtout que l’axe Tanbankort, Almoustrat  qui commande la route de Kidal est tenu par le GATIA.  La semaine dernière une rumeur faisant étant d’une éventuelle   offensive sur la capitale des Ifhogas   a contraint la CMA  à demander aux habitants de la ville de rester terrer chez eux. Ce qui est sûr et certain ce que la prise de Menaka  ajoutée aux localités de Tanbarkort, Almoustrat dévoile clairement la stratégie de la plate forme  qui veut compléter ses victoires sur le terrain par la prise du dernier bastion séparatiste.

En tout de cause, l’heure n’est plus au cinéma de ces bandits armés, qui sont désœuvrés par manque de soutien des combattants jihadistes d’Aqmi et consorts, qui sont tous dirigés vers le sud libyen où vers le Yemen pour intégrer les combattants de l’Etat islamique.

Badou S. Koba

Source: Tjikan

Nord du Mali : SUR LA LIGNE DE FRONT AVEC LES CASQUES BLEUS

A Gao comme à Tombouctou, les soldats de la paix effectuent dans un climat de tension extrême. Qu’a également vécu notre équipe de reportage

patrouille minusma

Il est 15 h 10 minutes quand l’avion de la Minusma amorce sa descente sur la Cité des Askia. Gao, la ville la plus peuplée du Nord de notre pays, abrite les centres de commandement des forces militaires (Minusma, Armée malienne, Force française Barkhane). C’est sous un soleil de plomb que l’aéronef s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport après presque trois heures de vol depuis Bamako.
La Minusma a accepté de nous ouvrir ses portes à Gao. Après avoir traversé la zone aéroportuaire, nous sommes conduits dans la base de l’unité fluviale constituée de militaires bangladais et installée au bord du fleuve Niger. Cette unité s’occupe de la sécurité des villages riverains du fleuve et escorte les bateaux de la COMANAV qui font la navette entre Koulikoro, Tombouctou et Gao. En plus de la sécurité sur les eaux, les Casques bleus bangladais assistent les populations par des soins médicaux et des distributions gratuites de médicaments. Dans cette unité, la relève est effectuée tous les six mois.
Ici, dans la capitale de la 7è Région, la Minusma a installé un hôpital militaire niveau II qui a ouvert ses portes en avril 2014. Cette structure de santé, qui fait la fierté de la mission onusienne dans notre pays, est gérée par le contingent chinois. Notre équipe de reportage y a été reçue par le lieutenant-colonel Gao Yun. Avant de nous faire visiter les lieux, l’officier supérieur nous a expliqué que « Gao » est un nom de famille dans son pays et signifie « haut » en chinois. La présence du contingent chinois ici, a un caractère exceptionnel. C’est la première fois que l’un des meilleurs amis de notre pays prend part à une opération dans le cadre des Nations unies.
Impossible pour les visiteurs de ne pas remarquer la devise des médecins militaires chinois opérant ici. Elle est gravée en mandarin. Notre traducteur explique qu’elle signifie : « Destinée, responsabilité, paix et amitié ». L’hôpital militaire de la Minusma à Gao dispose de 20 lits et d’un personnel de 70 personnes avec un savoir-faire dans tous les domaines de la médecine militaire. Civils et militaires sont soignés gratuitement dans cette structure. A l’intérieur de l’un des containers transformés en chambres d’hôpital, les médecins s’occupent d’un militaire sénégalais blessé qui reçoit les premiers soins. Ses frères d’arme, en civil, l’attendent dans le couloir, l’air grave. Mais ils reçoivent rapidement la bonne nouvelle : les jours de leur compagnon ne sont pas en danger. Dans une autre chambre, trois Casques bleus du contingent guinéen sont hospitalisés depuis quelques semaines. L’un d’entre eux nous confie que son état de santé s’améliore. Il insiste pour féliciter le personnel médical chinois qui, selon lui, s’occupe très bien d’eux. « Nous sommes vraiment entre de bonnes mains ici », glisse le militaire guinéen. Le lieutenant-colonel Gao précise que dans un mois, ce contingent sera remplacé après huit mois de bons et loyaux services dans la Cité des Askia.

L’HYPOTHÈSE LA PLUS REDOUTÉE. Après la visite des structures médicales, nous avons accompagné les Casques dans une patrouille entre Gao et Anefif. Ce samedi 9 mai, nous embarquons en compagnie des soldats de la paix dans un véhicule blindé aux couleurs des Nations unies. Direction Anefif. Mais nous ignorerons la destination de la patrouille jusqu’à la dernière minute. Avant le départ du convoi, un officier du contingent bangladais tient à nous souhaiter bonne chance. Nous apprécions cette sollicitude, mais l’insistance avec laquelle les encouragements ont été prodigués ne nous rassure guère. Même si les Casques bleus sont armés jusqu’aux dents, l’axe que nous empruntons est très dangereux. Tout le monde est conscient des risques que nous affrontons. Le stress se lit donc sur les visages. Mais les soldats tentent faire bonne figure.
Nous prenons place dans un blindé qui est lui-même positionné au milieu d’un convoi impressionnant. La température extérieure frôle les 45°C. Il est donc impossible de décrire la canicule infernale qui rend proprement étouffant l’intérieur de l’engin militaire. Les mesures de sécurité sont scrupuleusement respectées. Les véhicules du convoi sont en permanence en contact radio. De l’intérieur du blindé, nous pouvons voir défiler l’immensité désertique à perte de vue à travers une petite ouverture destinée aux canons des fusils d’assaut en cas d’attaque contre le convoi. N’étant pas autorisé à nous hisser jusqu’à l’ouverture placée sur le toit de l’engin, nous nous contentons de la meurtrière pour observer le paysage. Seul le photographe Aliou Sissoko est autorisé à mettre le nez dehors de temps à autre pour prendre quelques images.
Les véhicules du convoi, lourdement armé, sont exposés à deux risques majeurs : tomber dans une embuscade ou sauter sur une mine. La seconde hypothèse est la plus redoutée et la possibilité qu’elle puisse survenir ne cesse de nous hanter tout au long de la patrouille qui a duré près d’une heure. Le convoi des Casques bleus a sillonné les pistes menant dans les localités d’Anefif et de Tabankort. La zone est considérée comme un carrefour régulièrement emprunté par les trafiquants d’armes et de stupéfiants.
Alors que nous progressons sur les pistes sablonneuses, notre véhicule blindé s’immobilise soudain. Le conducteur n’arrive pas à faire redémarrer l’engin et l’angoisse gagne les passagers. Finalement, nous en serons quittes pour une forte anxiété. Après quelques toussotements du moteur, la grosse machine redémarre. Le soulagement est général dans l’habitacle. Certains ne cherchent même pas à réprimer un grand sourire. La patrouille se poursuit à travers le Tilemsi. Dans le blindé règne à nouveau le silence le plus total. Un moment éclipsée par la crainte de la panne, la hantise de l’agression impromptue est revenue. Mais la patrouille se déroule sans problème et nous regagnons la base des Casques bleus à Gao sans encombre.
Après l’étape de Gao, nous débarquons à Tombouctou le lendemain de l’embuscade meurtrière qui a coûté la vie à 9 de nos soldats et a fait 14 blessés. « La ville est en alerte », chuchote un officier en anglais. En ville, nous apprenons qu’il y a des mouvements de véhicules des rebelles à une quinzaine de kilomètres de la Cité des 333 Saints. Le chef d’escorte du contingent burkinabé de la Minusma, le lieutenant Paré Aboubacar, confirme que « la situation sécuritaire est fortement perturbée depuis quelque temps ».

AVANT LA TOMBÉE DE LA NUIT. Mais il en faut plus pour que la Minusma décide d’annuler le programme prévu à notre intention. La mission onusienne a en effet accédé à notre demande de suivre ses unités de patrouille pour voir comment travaillent les Casques bleus sur le terrain. Il est 14 heures ce 13 mai. C’est l’heure de la patrouille. A bord d’un pick-up, nous quittons la base du contingent burkinabé pour le port de Korioumé, situé à une dizaine de kilomètres de la ville. Les messages radio sont ininterrompus et appellent inlassablement à la vigilance. L’officier de transmission demande à tous les véhicules de faire un test avant le départ. Chacun donne la position de son véhicule dans le convoi ainsi que le nombre de passagers à son bord. Les motos ainsi que les véhicules de transport qui viennent à notre rencontre et dont le trajet va croiser le nôtre sont signalés de loin et l’information est relayée à tous les véhicules du convoi. Plus nous nous éloignons du camp, plus augmentent les risques d’attaques terroristes. Ces derniers temps, les Casques bleus ont été pris pour cibles à plusieurs reprises dans la zone. Même leurs fournisseurs privés ne sont pas épargnés.
Cette patrouille ordinaire nous mène à 18 kilomètres de la ville de Tombouctou, plus précisément à Korioumé, la petite localité qui abrite l’embarcadère d’où les voyageurs traversent le Niger pour se rendre vers Douentza. Notre patrouille s’est immobilisée au bord du fleuve. Nous débarquons des véhicules sous les regards des habitants qui accueillent de manière blasée la présence des Casques bleus. Des enfants jouent à l’ombre des murs d’habitations et nous regardent sans nous adresser la parole. Le plus jeune d’eux s’approche d’un Casque bleu qui lui tend la main. Poignée des plus amicales entre le soldat de la paix et le môme.
Plus loin, nous dépassons un hangar qui sert de école coranique improvisée. Des étalagistes nous souhaitent la bienvenue avec un verre de thé. Certains nous invitent à rester un moment avec eux, le temps d’une dégustation. C’est la proposition faite par Ibrahima Maïga, l’oreille collée à la radio pour, dit-il, écouter les informations. « C’est bien de venir nous rendre visite ici. Ça nous rassure. Nous aurions aimé que vous restiez ici à côté de nous ici au bord du fleuve », commente-t-il.
Pendant que nous discutions avec le commerçant, un gendarme qui monte la garde à l’embarcadère s’est approché. Il nous explique que chaque semaine une relève est effectuée au poste de garde. L’embarcadère est animé. Le bac fait la navette pour faire traverser les voyageurs. Des camions citernes d’approvisionnement de la Minusma sont stationnés. Un groupe de jeunes décharge la cargaison de ciment d’un poids lourd.
La patrouille ne s’éternisera pas dans la zone. Bientôt, le soleil va en effet se coucher. Les Casques bleus ont consigne de regagner leur base avant la tombée de la nuit. Le compte-rendu des renseignements sur la situation sécuritaire dans la zone passe par la radio en message codé. Le relevé ne rassure pas trop. Des mouvements de véhicules suspects sont signalés non loin de là. Une équipe de reconnaissance est envoyée sur zone pour en savoir plus. En attendant, nous reprenons la route dans le désert par une température extérieure de 44°C.
UN LOURD TRIBUT. Nous atteignons la base du contingent burkinabé, installée dans la zone aéroportuaire. À Tombouctou, tous les contingents se trouvent sous la responsabilité du général de brigade burkinabé, Sidiki Daniel Traoré, commandant du secteur Ouest de la Minusma et en poste depuis le 28 novembre 2014. Avant la patrouille, le haut gradé nous a reçus dans son bureau à l’intérieur de la base. Pour y accéder, il faut passer par le dédale que créé une forêt de containers. Dans toutes les bases de la Minusma, les containers ne servent pas qu’à transporter des marchandises. Ils sont convertis également en logements, en bureaux et même en toilettes. Tout est mobile ici, les Casques bleus donnant l’impression d’avoir transplanté en ces lieux un mode de vie nomade.
Malgré la présence de la Minusma depuis presque deux ans, la situation sécuritaire ne fait qu’empirer. Comment cela peut-il s’expliquer ? Le général burkinabé répond que « le processus de paix n’est pas rectiligne. C’est un processus en spirale. Il y a des hauts et des bas. Mais il faut faire une médiane pour comprendre que la tendance qui se dessine est en faveur du progrès et de l’atteinte des objectifs ». Notre entretien s’est déroulé le 12 mai, soit trois jours avant la signature pour l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.
Concernant l’amélioration de la situation sécuritaire, le général Sidiki Daniel Traoré estime que la Minusma « joue au mieux sa partition». « Nous arrivons à faire l’essentiel dans le cadre de notre mission. Malgré les difficultés, j’ai bon espoir que nous arriverons à bon port. Et qu’au finish le valeureux peuple malien retrouvera la paix qui est la voie royale pour le développement socio-économique. Mais nous ne pouvons rien sans la bonne volonté des parties en conflit », souligne-t-il, ajoutant que le conseil de sécurité de l’ONU a demandé à la Minusma d’étendre sa présence, notamment à travers des patrouilles de longue portée, dans la limite de ses capacités, dans le Nord du pays, au-delà des principales agglomérations. Les Caques bleus doivent se rendre en particulier dans les zones où les civils sont en danger. Il a en outre été décidé d’assurer une protection particulière aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour la protection des enfants et des conseillers pour la protection des femmes. La Mission se charge aussi de répondre aux besoins des victimes de violences sexuelles et sexistes liées au conflit.
Mme  Cecilia Piazza, chef du bureau régional, estime que c’est à l’Etat malien de sécuriser son territoire avec l’appui de la Minusma qui a déjà payé un lourd tribut. Déployée le 1er juillet 2013, la mission onusienne a progressivement occupé les régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal. Depuis son installation dans la partie nord de notre pays, la Minusma a subi au moins 78 attaques au cours desquels 35 soldats de la paix ont été tués, 155 autres blessés grièvement.
Mais le travail de la mission de l’ONU est loin de satisfaire les populations. Le président du conseil régional de Gao, Aboubacrine Bouhaïmata, estime que « la Minusma ne fait pas bien son travail de protection des populations contre les bandits alors que les forces armées maliennes sont cantonnées à Gao et dans d’autres parties de la région». Pour lui, la signature de l’Accord de paix, ne ramènera pas la paix tant que les FAMAs ne seront pas déployés sur l’ensemble du territoire national. Tant qu’il y aura « double jeu dans la résolution de la crise, il n’y aura pas la paix. Les armes n’ont jamais développé un pays. Il n’y aura ni paix, ni développement tant que le Nord est pas sécurisé ». Une conviction forte et une inquiétude sous-jacente présentes chez tous les habitants que nous avons rencontrés. Et qui traduisent une forte demande de retour sinon à la normale, mais au moins au supportable.
Envoyés spéciaux
A. DIARRA
A. SISSOKO

Le général de division Michael Lollesgaard parle : « LA MINUSMA N’A PAS LES MOYENS D’ÊTRE PARTOUT »

Le commandant en chef des forces militaires de la Minusma évoque dans cet entretien les difficultés opérationnelles des Casques bleus et assure que la situation va s’améliorer avec l’arrivée des renforts. Transcription de ces propos.

« La Force de la Minusma doit atteindre 11.200 militaires selon le mandat confié par le Conseil de sécurité. Nous ne sommes pas encore à ce niveau, parce que nous dépendons des pays contributeurs de troupes pour l’atteindre. Et même après que ce niveau de force ait été autorisé par les pays, le déploiement des troupes peut prendre un certain temps. Mais nous sommes sur la bonne voie pour atteindre ce nombre de 11.200 Casques bleus. Dans les jours qui viennent, nous allons recevoir des troupes fraîches et j’espère que nous serons proches de notre capacité maximum avant la fin de l’année.
Mais je dois être honnête et dire que du fait de l’environnement et les situations parfois hostiles dans lesquels nous évoluons dans certaines parties du pays, nous pouvons toujours avoir besoin de plus de véhicules blindés et de capacités à détecter les mines et les engins explosifs improvisés (IED). De la même façon, les aéronefs – les hélicoptères en particulier –  sont des outils très précieux qui nous sont plus que jamais nécessaires.
Les menaces auxquelles nous faisons face viennent des groupes terroristes armés. Leurs armes favorites sont les mines ou les IED qu’ils placent le long des itinéraires que nous empruntons. Ils essayent aussi de temps à autre d’atteindre nos camps avec des obus de mortiers et des roquettes. Nous sommes très efficaces dans la protection que nous déployons contre ces attaques, mais malheureusement, nous avons des pertes, des blessés et des morts parfois du fait de ces actes terroristes. Et chacun de ces blessés, chacun de ces morts est un blessé ou un mort de trop.
Nous ne menons pas de patrouilles complètement intégrées ou conjointes avec les Forces armées maliennes. Cela va à l’encontre de notre principe d’impartialité. En revanche, nous coordonnons nos efforts et nous partageons l’information. Ainsi nous évitons de nous gêner ou de doublonner dans notre travail. Mais nous maintenons deux chaînes de commandement distinctes.
Je peux parfaitement comprendre que les civils qui sont affectés – ou même parfois victimes – du fait des combats nous demandent « Où était la Minusma quand ceci est arrivé ? ». La grande taille du pays est le principal défi et la Minusma ne peut fournir la protection que là où elle dispose de troupes, ou là où nous pouvons nous rendre rapidement. Malheureusement, les groupes qui violent le cessez-le-feu tendent à combattre dans des zones où nous ne sommes pas présents. Je souhaiterais avoir plus de troupes, afin que la force que je commande puisse être plus présente.
Mais laissez-moi ajouter pour citer un exemple que depuis le 27 avril, quand la Plateforme est entrée à Ménaka et que la Coordination en est partie, la Minusma a empêché de façon efficace que les groupes armés ne s’affrontent à proximité de la ville. Et nous en avons fait de même quand Tombouctou était menacée par les groupes armés. Alors je réfute totalement l’argument qui voudrait que nous ne sortions jamais de nos camps. La Force de la Minusma a effectué à cet effet plus de 24.000 patrouilles depuis son établissement. Toutefois, au regard de l’étendue de la superficie du Nord du Mali, la Minusma ne saurait être partout. Elle n’en a pas les moyens et n’est pas non plus établie pour se substituer à l’Etat malien.
J’aurais souhaité pouvoir dire que l’Accord de paix a effectivement ramené la paix, ou tout au moins la sécurité. Mais comme nous pouvons tous le constater, cela n’est pas le cas. Ou alors pas encore. Je crois qu’il est de la plus grande importance que l’Accord pour la paix soit totalement inclusif. Par-là, je veux dire que la Coordination doit s’y joindre. Cela réclame de la volonté d’accepter des compromis de la part de tous les acteurs. Et si on considère la menace que font peser les groupes terroristes dans le Nord, je pense qu’un Mali unifié serait plus à même de la contrer ».

Propos recueillis par
A. DIARRA

source : L ‘ Essor

Nord du Mali : Quand la drogue passe sous les yeux de la Minusma et de Barkhane

Selon nos confrères de L’Express, le 24 décembre 2014 une patrouille aérienne repérait, dans la région de Gao, deux convois de drogues roulant à quelques kilomètres l’un de l’autre. « Le premier était escorté par des 4×4 battants pavillons de la Coordination des mouvements de l’Azawad ; le second, par des véhicules portant les couleurs du Gatia… » poursuit notre source sécuritaire. Ce jour-là, les deux mouvements ennemis avaient mieux à faire que de se tirer dessus.

drogues cannabis stupéfiants

Donc,  les arrivages de cocaïne se poursuivent au nord. Selon toujours les informations de nos confrères français, deux petits avions se sont posés, entre les 13 et 15 mars derniers, dans le Nord-est. L’un vers Ménaka, à proximité de la frontière nigérienne. L’autre à une soixantaine de kilomètres de Tabankort. Chacun d’eux transportait 500 kilos de cocaïne.

Ce qui en dit long sur le sentiment d’impunité des narcos, quand on connaît les moyens de surveillance dont dispose Barkhane, l’opération militaire française chargée de combattre les groupes jihadistes. Sans oublier les 6000 soldats opérationnels de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

« Notre mission est avant tout de protéger les civils. Nous n’avons pas de mandat spécifique pour lutter contre les trafics, souligne RadhiaAchouri, porte-parole de la Minusma. Mais nos patrouilles peuvent dissuader des groupes d’agir au grand jour ». Quant à Barkhane, sa cible prioritaire reste les groupes jihadistes qui sillonnent toujours l’immensité sahélienne.

« Les trafiquants représentent l’adversaire que chacun préfère éviter, relève un expert. La communauté internationale devrait lutter contre eux de manière résolue et cohérente, car ils sont au croisement de tous les maux qui gangrènent la région ».

En attendant, une odeur de poudre empoisonne l’air limpide du désert.

Nabila

 

source : L’Indicateur du Renouveau

Mali: deux chefs de la Minusma échappent à un attentat

Au Mali, une mine a été placée sur le tronçon que les chefs militaire et de la police de la Minusma empruntaient ce jeudi dans la région de Tombouctou alors qu’ils effectuaient une visite de terrain. Trois casques bleus originaires du Burkina Faso ont été blessés.

minusma patrouille kidal

Ce jeudi matin, un convoi de la Minusma circule en plein désert dans la région de Tombouctou, au nord-ouest du Mali. La délégation onusienne effectue une visite de terrain. Soudain, le véhicule en tête du convoi saute sur une mine.

Trois casques bleus originaires du Burkina Faso sont blessés. Dans le même véhicule, les chefs militaire et de la police de la Minusma ne sont visiblement pas touchés. L’objectif était de décapiter le commandement sécuritaire de la Mission de l’ONU au Mali….…Lire la suite sur rfi.fr

3 casques bleus blessés par une mine sur l’axe Teherdge-Tombouctou

Trois casques bleus ont été blessés lorsqu’un convoi de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a sauté jeudi vers 13h00 sur une mine sur l’axe Teherdge-Tombouctou, indique un communiqué de la mission onusienne.

minusma patrouille kidal

La nationalité et la gravité des blessés ne sont pas mentionnées dans le communiqué.

Selon un journaliste de Toubouctou, ce seraient des soldats burkinabè qui accompagnaient le chef de la police militaire des Nations unies (UMPOL) pour se rendre à Ber, ville située dans la région de Tombouctou, pour rencontrer des responsables de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA, rebelle).

Dans le communiqué, la Minusma “condamne fermement cet acte terroriste ayant pour but de paralyser les opérations de la Mission dans cette partie du Mali”.

Le communiqué rappelle que la Minusma, à travers notamment le Service des Nations Unies contre les mines (United Nations Mine Action Service – UNMAS), continue de repérer, dépolluer et marquer les zones minées prioritaires au Mali afin de protéger au maximum les populations civiles contre ces effets meurtriers. F

Source: Agence de presse Xinhua

Ségou : Arrestation de 4 personnes soupçonnées d’avoir poser des mines sur le passage des patrouilles militaires entre Diabali-Nampala

Quatre individus ont été arrêtés hier sur le tronçon Diabali-Nampala dans la région de Ségou. Ces personnes sont soupçonnées d’avoir posé des mines sur le passage des patrouilles militaires dans la zone. Elles ont été dénoncées par un agriculteur de la localité aux forces armées et de sécurité. Selon une source militaire, les engins explosifs ont été détruits par les FAMAS.

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NORD DU MALI

 L’association Ginna Dogon et l’AMDH font libérer une dizaine de détenus

Une dizaine de personnes enlevées par la CMA à Bintagoungou (région de Tombouctou), ont été libérées la semaine dernière. L’information a été donnée par les groupes rebelles et confirmée par la Minusma. Les otages avaient été enlevés lors de l’attaque lancée le mois dernier par la CMA contre cette localité.

L’opération s’est déroulée à Ber à 60 kilomètres de Tombouctou. Les détenus ont été remis à une délégation composée du maire de Goundam, d’un représentant de l’association Ginna Dogon et du vice président de l’AMDH. La libération s’est effectuée en présence également de la section Droit de l’Homme de la Minusma. Selon la CMA, « toutes les personnes libérées appartiennent à la milice Gandakoy et ont toutes été prises sur le champ de bataille ».

 

DEMANTELEMENT D’UN RESEAU DE 6 VOLEURS DE MOTOS A BAMAKO

L’opération a permis de récupérer 55 motos

Un réseau de 6 voleurs de Motos a été démantelé la semaine dernière par le commissariat du 10ème arrondissement de Bamako. Ces bandits opéraient dans la commune 6 du district de Bamako. L’opération a permis de récupérer 55 motos.

La CPI salue le soutien de Nouakchott sur les enquêtes sur la situation au nord

La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a été reçue mardi dernier par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Fatou Bensouda était venue remercier Nouakchott pour son « soutien » aux enquêtes et investigations que mène la CPI sur la situation au nord du Mali, a-t-elle indiqué.

«La CPI a établi une étroite collaboration avec les autorités mauritaniennes (…) La Mauritanie, qui n’est pas membre de la CPI, entretient une coopération efficace avec le staff qui travaille sous son autorité», a déclaré Fatou Bensouda à sa sortie d’audience.

Par Studio Tamani

Source: L’Indicateur du Renouveau

Processus de l’accord de paix : Les discussions s’ouvrent enfin aujourd’hui

Considérées comme une ultime chance pour arriver à un accord de paix consensuel, les discussions de ce jeudi à Alger permettront de dégager une position sur la poursuite du processus. Des discussions commencent donc après plusieurs reports à cause de faux bonds des rebelles.

Initialement annoncées pour le lundi dernier dans la capitale algérienne, les discussions dans le cadre du processus de paix s’ouvrent finalement aujourd’hui. Une nouvelle rencontre entre les différentes parties engagées dans le dialogue inter-malien est faite à la demande de la CMA qui a eu l’assentiment de la Médiation internationale et de la Minusma.
L’idée est d’élargir le débat pour aboutir à une vraie application de l’accord du 15 mai dernier. Pratiquement, chaque entité devrait se faire représenter par trois délégués. Principal concerné, le gouvernement malien a plutôt choisi de se faire représenter par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop.
Une façon d’éviter le piège qui fait cas de la réouverture des négociations. Tout comme la partie gouvernementale, les différentes entités, notamment la Plateforme, la Coordination, les organisations internationales et les pays impliqués seront de cet ultime rendez-vous de l’Algérie.
Sur place, depuis quelques jours, des nombreux leaders de la CMA étaient à la manœuvre pour se positionner afin de faire des propositions. Mais tout laisse croire que la question des revendications reviendra toujours sur la table. « Nous voulons des engagements fermes pour signer l’accord », nous a confié une source irrédentiste.
Certes, un grand nombre d’acteurs de la Plateforme ont manifesté un refus catégorique de se rendre à Alger et ont estimé qu’une nouvelle rencontre vaut un échec pour l’accord signé le 15 mai. « C’est honteux de voir que la communauté internationale reste de marbre pour faire fléchir la Coordination. Nous nous demandons s’il y a une vraie volonté de gérer la crise », s’est indigné un cadre de la Plateforme lors d’une rencontre à la Maison de la presse.
A Alger, le gouvernement et la Médiation n’affichent pas le même engouement. Au fond, l’Etat malien dit clore le chapitre de négociations et du côté de la Médiation, c’est une course contre la montre qui est engagée pour que la CMA signe l’accord.
Au regard des informations qui circulent, nous sommes loin de cette donne, car les positions n’ont pas évolué depuis le paraphe par la CMA à la veille même de signature du 15 mai. Qu’il s’agisse de négociations ou de discussions, tout le monde s’accorde sur un fait : une clarification s’impose. Il en va de l’application correcte de l’accord de paix.
Alpha Mahamane Cissé

Source: L’Indicateur du Renouveau

Mali : Des Arabes créent un nouveau mouvement armé

 

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Un nouveau groupe armé d’auto-défense a été créé à Tombouctou, un mouvement communautaire arabe pro-malien baptisé l’Alliance pour la paix et l’unité nationale. Il annonce la constitution d’une branche armée, pour faire face à la recrudescence des attaques dont sont victimes les populations.

L’ Indicateur Du Renouveau

Source: L’ Indicateur Du Renouveau

Mohamed Mahmoud El Oumrany, doyen de la communauté Arabe du Mali : « La mise en œuvre de l’accord d’Alger sera plus difficile et prendra plus de temps que son élaboration »

Les responsables de la CMFPR2 (Coordination des mouvements et force patriotique de résistance) et de la CPA (Coalition du peuple de l’Azawad) étaient devant la presse le jeudi 21 mai 2015 à la Maison de la presse pour inviter les autres membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) à signer l’accord d’Alger. La conférence de presse était animée par le vice-président de la CMFPR2, Younoussa Touré et le secrétaire général de la CPA, Mohamed Ag Ousmane en présence de nombreuses autres personnalités. Au cours de cette conférence de presse, le doyen de la Communauté Arabe du Mali, Mohamed Mahmoud El Oumrany a fait savoir que la mise en œuvre de l’accord d’Alger sera plus difficile et prendra beaucoup plus de temps que son élaboration.

Mohamed Mahmoud El Oumrany president arabe nord mali cmfpr

« Cette conférence de presse nous donne l’occasion d’éclairer l’opinion nationale et internationale afin de mettre fin aux allégations mensongères et tendancieuses et aux poursuites politico militaires dont nous sommes encore l’objet », c’est en ces termes que le premier conférencier, Younoussa Touré de la CMFPR2 a commencé son allocution. Avant d’inviter la Cma à signer le document d’Alger. A l’en croire, la Cpa et la Cmfpr2 avec leurs sympathisants vont mettre en place dans les jours qui suivent un cadre de concertation pour les initiatives de paix et de réconciliation. Pour le second conférencier, malgré le flou à certains points de l’accord, il consacre réellement une véritable autonomie régionale, gage d’une libre administration des populations. A cet effet, il a souhaité la mise en œuvre immédiate dudit accord. « Les combattants de la Cpa sont rejoints par plusieurs combattants de la Cma pour sortir de cet imbroglio », a-t-il dit. Le doyen de la Communauté Arabe du Mali, Mohamed Mahmoud El Oumrany a fait savoir qu’ils ont été à Alger pour négocier au nom du Mali tout entier et non pour le nord seulement. « La mise en œuvre de l’accord d’Alger sera plus difficile et prendra beaucoup plus de temps que son élaboration », a-t-il dit. En outre, il a souligné que la mauvaise gouvernance frappe tout le monde au Mali.
Aguibou Sogodogo

Source: Lerepublicainmali

Situation explosive à Goundam : Mohamed Fall tire la sonnette d’alarme

Attaqué, dépouillé et meurtri par des hommes sans foi ni loi, le cercle de Goundam se dit abandonné par les autorités de Bamako. C’est pourquoi, mercredi dernier, l’Association pour le développement du cercle de Goundam (Adcg) a tenu une réunion dite d’urgence, à la maison de la presse, pour tenter de proposer des solutions pour contrer l’insécurité grandissante dont sont victimes les populations.

« L’heure est grave. Et nous,  nous devons agir pour éviter à nos populations de subir permanemment la violence de ces groupes armés. Nous sommes ici pour réfléchir sur les meilleures approches afin de trouver des solutions pour éviter des souffrances aux populations du cercle de Goundam », a lancé Mohamed Fall président de l’Adcg, devant un parterre de chefs traditionnels et autres élus communaux de Goundam. Avant d’ajouter : « ce qui se passe aujourd’hui à Bintagoungou, à Tintélout  et dans d’autres localités du cercle, nous interpelle tous. Et il est de notre devoir de chercher des alternatives à la violence des groupes armés ».

La réunion qui a enregistré des témoignages à la limite choquants comme celui du maire de Télé, Cheick Doucouré ou encore celui du président des ressortissants de Bintagoungou à Bamako, Diadié Abdoulaye Cissé, sont évocateurs de la dégradation deshumanisante de la situation. Ils parlent de pillage systématique des foires, de tout autre commerce, assassinats ciblés, chantages… Ce qui amène d’ailleurs Diadié Abdoulaye Cissé à dire qu’il ne sert à rien de multiplier les réunions et que la meilleure des choses à faire, c’est d’agir. Une proposition appuyée par les participants.

La Minusma n’a pas été épargnée. Cette organisation onusienne censée apporter la paix et renforcer la sécurité s’adonne plutôt au contraire, accusent certains intervenants.

La réunion s’est achevée par l’adoption d’une déclaration que nous vous proposons d’ailleurs.

A.H. Maïga

source : Le Matin

Insécurité dans le cercle de Goundam : L’ADCG interpelle le gouvernement…

Dans une déclaration déposée à notre rédaction, l’Association pour le Développement du Cercle de Goundam (ADCG) « interpelle le gouvernement souverain du Mali sur son devoir régalien de protection des populations et de leurs biens ». Elle a même décidé, lors de sa réunion du 20 mai dernier, de mettre en œuvre un plan d’action opérationnel pour sécuriser le cercle de Goundam. Ce plan comporte, entre autres, une méga marche prévue le 31 mai prochain à Bamako pour engager les pouvoirs publics à protéger les populations du cercle de Goundam. Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration.

« L’Association pour le Développement du Cercle de Goundam (ADCG) est très préoccupée par la recrudescence de la violence dans le cercle de Goundam.

Elle note avec amertume que les assassinats souvent ciblés, les agressions, les pillages et autres enlèvements sont devenus le quotidien des populations vivant dans le cercle de Goundam  qui se trouvent livrer  à des bandes armées de malfrats opérant en toute impunité.

Face à ce drame humain et humanitaire, l’Association pour le Développement du Cercle de Goundam en appelle à la responsabilité de la communauté internationale et interpelle le gouvernement souverain du Mali sur son devoir régalien de protection des populations et de leurs biens.

L’ADCG condamne avec la dernière rigueur les assassinats, agressions barbares et autres enlèvements des civils.

L’ADCG apporte son soutien sans faille à l’Accord d’Alger signé le 15 mai à Bamako par le gouvernement, la plateforme et la médiation internationale. Elle appelle les mouvements armés à saisir la perche de la paix et de la réconciliation, en signant l’accord issu du processus d’Alger.

L’Association saisit cette occasion pour demander au gouvernement et  aux forces de défense et de sécurité de prendre toutes les dispositions utiles pour sécuriser les populations et leurs biens. Elle sollicite des pouvoirs publics la prise de mesures urgentes dont :

 

  1. Le déploiement des forces de défense et de sécurité sur toutes les zones non couvertes du cercle de Goundam et particulièrement dans le Faguibine ;
  2. L’envoi d’aide alimentaire d’urgence dans les localités dépouillées du cercle ;
  3. La sécurisation par un système d’escorte des axes de transport et de transactions commerciales inter- urbains et inter-villageois ;
  1. L’organisation de patrouilles permanentes entre les localités du cercle de Goundam.

 

L’ADCG lance un appel pressent à toutes les organisations de la société civile  pour qu’elles s’engagent  à tous les échelons dans des  réponses  consensuelles et coordonnées  tant au plan organisationnel, qu’au plan institutionnel pour  garantir la cohérence et la permanence de notre action pour la paix et la réconciliation Nationale.

L’ADCG sous le pouvoir discrétionnaire de son bureau mettra en place un pool d’experts chargé de concevoir et de mettre en œuvre un plan d’action opérationnel pour sécuriser le cercle de Goundam.

L’ADCG présente ses condoléances aux familles des victimes et au peuple malien. Elle réaffirme son attachement à la paix et à l’unité du Mali ».

source : L Aube

La France annonce la mort de deux chefs d’Al Qaïda dans le Nord du Mali

Le ministère de la Défense a annoncé le 20 mai que quatre membres d’Al Qaïda, dont deux chefs impliqués dans la mort de plusieurs citoyens français, étaient morts lors d’une descente de commandos français la nuit du 17 au 18 mai dans le Nord du Mali.

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Sans donner de détails sur l’opération des commandos, le ministère a salué cette exécution extrajudiciaire, déclarant: « Quatre terroristes ont été tués au cours des combats. Parmi eux figurent Amada Ag Hama alias « Abdelkrim le Touareg » et Ibrahim Ag Inawalen alias « Bana », deux des principaux chefs d’AQMI et d’Ansar Eddine.”

Ces deux groupes étaient, selon le ministère, responsables de « nombreuses attaques terroristes contre les forces internationales, ainsi que d’exactions répétées à l’encontre des populations maliennes. »

Amada Ag Hama avait revendiqué le meurtre de deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal dans le Nord du Mali en novembre 2013, lors des élections législatives maliennes.

Il aurait été impliqué dans le meurtre de Michel Germaneau en 2010 et de Philippe Verdon en 2013, et dans l’enlèvement de quatre Français qui travaillaient pour Areva, la multinationale énergétique, dans les mines d’uranium près d’Arlit, au Niger. (Voir: La France profite du meurtre des journalistes de RFI pour intensifier sa guerre au Mali)

Bana était un ancien colonel malien qui a déserté avant de rejoindre Ansar Eddine. Il aurait exécuté 80 hommes désarmés dans le village d’Aguelhok dans le région de Kidal en janvier 2012.

L’exécution des deux hommes par les commandos français s’est faite sans autre forme de procès. Une investigation de l’assassinat des deux journalistes RFI se déroule toujours, et les circonstances du meurtre des journalistes restent obscures. Ils ont trouvé la mort dans une zone ayant une forte présence de troupes françaises et onusiennes.

Auparavant, les autorités françaises et maliennes insistaient pour dire qu’il y aurait une enquête sur le meurtre des journalistes et un procès. Au mois d’octobre, le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius avait déclaré aux députés: « L’enquête est entrée dans une phase tout à fait décisive. Les juges devraient pouvoir obtenir rapidement tous les éléments susceptibles d’arrêter les coupables. »

Le 20 mai, la maison mère de RFI, France Médias Monde, avait déclaré qu’elle « attend[ait] que l’enquête judiciaire en cours sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon permette d’éclaircir totalement les circonstances du drame et aboutisse à l’arrestation des assassins afin qu’ils soient jugés. »

L’assassinat extrajudiciaire des deux chefs islamistes permet à présent aux autorités françaises de clore le dossier du meurtre des deux journalistes sans en éclaircir les circonstances.

Après le raid, Fabius s’est félicité de l’exécution d’Ag Hama et de Bana: « La France a la mémoire longue ».

Cette opération intervient après que les forces françaises ont abattu Ahmed Al Tilemsi, un chef haut placé du groupe islamiste Al Mourabitoun, au nord du Mali en décembre. C’était un membre fondateur du Mouvement Unicité et Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), qui a rejoint des combattants affidés au chef islamiste Mokhtar Belmokhtar pour former Al Mourabitoun en 2013.

Alors que les dirigeants français insistent hypocritement qu’ils mènent une « guerre contre la terreur » au Mali, ils instrumentalisent des combattants islamistes ailleurs. Des islamistes liés à Al Qaïda ont servi de troupes par procuration à Paris et à Washington dans des guerres pour renverser le régime libyen du Colonel Mouammar Kadhafi en 2011, puis le régime syrien.

La guerre au Mali est le produit direct de ces guerres par procuration de l’OTAN. Après la chute de Kadhafi, des rebelles touaregs qui avaient combattu pour Kadhafi sont retournés, lourdement armés, au Mali. Ils ont saisi de larges parties du Nord du Mali en 2012, réclamant plus d’autonomie dans une zone qu’ils appelaient l’Azawad.

L’impérialisme français a envahi le Nord du Mali en janvier 2013 pour reprendre le contrôle de cette région. Un contrôle islamiste de la région lui aurait été inacceptable, car il aurait discrédité les régimes corrompus mais profrançais de la région et mis en question les opérations françaises très rentables comme les mines d’uranium du Niger voisin.

La France déploie actuellement 3.000 soldats à travers le Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane. Ces troupes mènent des opérations à travers l’ancien empire colonial français en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad.

Depuis l’intervention militaire française, la crise continue de s’approfondir au Mali. Les deux chefs d’Al Qaïda sont morts alors que le gouvernement malien avait paraphé, le 15 mai, un accord de paix provisoire, proposé par l’Algérie, avec plusieurs groupes armés. La principale coalition touarègue, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), a boycotté l’accord pour réclamer davantage de concessions au régime malien de Bamako.

Bamako recherche un accord avec le CMA en partie pour tenter d’isoler les islamistes. A Accra, la capitale ghanéenne, le ministre des Affaires Etrangères Abdoulaye Diop a déclaré que les groupes islamistes étaient toujours préoccupants et qu’il fallait une force militaire spéciale pour les stopper. En même temps, il a proposé au CMA de négocier un accord.

Selon Diop, la situation très instable et critique nécessitait une décision rapide du CMA de participer à la négociation des accords de paix du 15 mai.

Ces derniers jours, le Nord du Mali a vu une montée de la violence et des atrocités. Des milliers de personnes ont fui des combats entre les forces maliennes profrançaises et les rebelles. Le 21 mai, le CMA a rapporté que l’armée malienne avait exécuté neuf civils à Tin Hama, dont un humanitaire malien.

Un porte-parole onusien, Jens Laerke, a déclaré: « Nos partenaires et les autorités locales sur le terrain calculent que pendant les deux dernières semaines, presque 27.000 personnes avaient fui leurs maisons et villages. Cette semaine, 20.000 personnes ont été déracinées par cette violence. Les réfugiés restent actuellement dans des abris temporaires ou auprès de familles d’accueil dans les agglomérations plus larges de la région ou de la rive sud du fleuve Niger. Leurs besoins en eau, en nourriture et autres biens, et en abris, sont urgents ».

Source : Autre Presse

Libération de 10 combattants du Gandakoye aux mains de la CMA : Une prouesse réussie par le maire de Goundam !

On lui connaissait des talents de communicateur, pas ceux de médiateur. Et pourtant, sur une initiative personnelle, Mme Seck Oumou Sall, maire de Goundam et présidente du Mouvement Trait d’Union, vient de réussir, il ya quelques jours, à faire libérer 10 combattants de Gandakoye qui étaient retenus prisonniers par la CMA. C’était à travers une mission de médiation composée par elle-même, Mamadou Togo de l’Association Gina Dogon et  Amadou Tékété de la société civile.

A l’annonce de la signature de l’accord de paix issu du processus d’Alger auquel Mme Seck Oumou Sall a pris part activement,  les groupes armés de la CMA avaient multiplié leurs attaques dans le nord et particulièrement dans le cercle de Goundam. Une situation que le maire et les ressortissants de cette localité du Mali n’ont cessé de dénoncer. Dans leur ignoble besogne, ces groupes armés, opposés à la paix dans le nord du Mali ont multiplié leurs  attaques contre les positions des Forces Armées Maliennes (FAMa) et même contre les populations civiles.  Selon des sources securitaires, c’est  suite à ces attaques à répétition que la milice d’autodéfense Gandakoye a décidé de  reprendre les armes pour défendre les populations civiles.  Ce qui va donner lieu à des combats entre les deux camps. Cependant, lors des affrontements,  10 combattants de cette milice seront retenus  prisonniers par la CMA. Il s’agit de 8 combattants capturés à Bintagougou, 1 enlevé à Tombouctou et un autre enlevé à Ber.  Informé de cette situation, le maire de Goundam, Mme Seck Oumou Sall s’est sentie concernée en premier chef . C’est  ainsi qu’elle a entrepris d’y effectuer une mission de médiation dans la perspective de libérer les prisonniers. Elle s’est  faite accompagner par Mamadou Togo de l’Association Gina Dogon et par Amadou Teketé de la société civile malienne. Selon les explications de Mme Seck Oumou Sall, il s’agissait d’une mission de médiation qu’elle a elle-même initiée. Et pour ce faire, elle dit avoir informé  ses ainés de l’Association Gina Dogon et de l’AMDH qui ont trouvé cette initiative très salutaire. C‘est pourquoi, ils ont décidé de l’accompagner. Selon elle, lors de cette mission, ils ont joué sur la fibre des liens de parenté et  de fraternité. Mais aussi, le Sinagouya (Cousinage à plaisanterie) auxquels, les représentants de la CMA ont été très sensibles.« Nous avons utilisé la voie de la parenté et de la fraternité car  il s’agit  de ressortissants d’un même terroir et il n’est pas bien qu’ils prennent les armes les uns contre les autres car le dialogue peut tout régler. », a indiqué Mme Seck Oumou Sall. Elle a, par ailleurs, invité les milices à déposer les armes. A en croire Mme Seck Oumou Sall, pour la résolution de la crise du nord, la communauté internationale  a fait son devoir, mais aussi le gouvernement du Mali, qui fait de son mieux. Et il reste à la société civile malienne de jouer pleinement son rôle pour que la paix ne soit pas hypothéquée. Et Mme Seck Oumou Sall de préciser que cette libération a eu lieu sans conditions, car les groupes armés de la CMA ont été juste sensibles aux liens de parenté et de fraternité sur lesquels ils se sont appuyés. A noter que cette mission est une initiative de Mme Seck Oumou Sall, qui, après la libération des 10 prisonniers, en a informé le Premier ministre Modibo Keita qui s’est beaucoup réjoui du résultat obtenu.   Avant de l’encourager à poursuivre de telles initiatives et d’inviter les acteurs de la société civile malienne à suivre son exemple.

D.Diama

Source: Canard Déchainé

19 Soldats maliens capturés : L’intox de la CMA

Selon BBC Afrique, la CMA avait déclaré, dans un communiqué, avoir capturé 19 soldats de l’armée et saisi des armes. C’était après la bataille de Tessit. Les rebelles avaient même affirmé avoir occupé la ville Tessit, dans la région de Gao, en faisant publier sur le net des photos de militaires ligotés. Cependant, selon des sources sécuritaires maliennes, l’armée avait riposté et repris le contrôle de la ville de Tessit. Selon nos sources, 5 assaillants avaient été tués et 3 avaient été faits prisonniers. Des véhicules avaient aussi été saisis par l’armée malienne.

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Mort d’un casque bleu du Bangladesh

Un Casque bleu de la MINUSMA a été tué, et un autre grièvement blessé par des tirs a déclaré une source de sécurité malienne. Selon ces sources, des assaillants non identifiés, dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mai, ont tiré sur deux Casques bleus qui étaient à bord d’un véhicule de l’ONU. Les deux Casques bleus, selon nos informations, venaient de l’aéroport de Bamako en direction du sud de la ville quand ils ont essuyé les tirs d’assaillants à bord d’un véhicule. Il faut rappeler que la force de l’ONU a essuyé le 20 mai la première attaque la visant directement à Bamako. Un homme armé avait tenté d’incendier un véhicule de l’ONU garé devant une résidence de personnel de la Minusma, blessant un gardien et causant des dégâts matériels.

B.D.

Source: Canard Déchainé

Région de Tombouctou: Les martyrs des rebelles

Les attaques des bandits armés se sont intensifiées pendant ces deux dernières semaines au Nord de notre pays. Dans diverses parties de la région de Tombouctou – y compris le Cercle de Goudam et le Cercle de Gourma Rharous le long du fleuve Niger, des attaques sporadiques sont signalées. En clair, ces bandits armés sous couvert de rebelles de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), sont dans une logique de harcèlement depuis qu’ils ont été chassés de la ville de Ménaka. Malheureusement, ce sont des vies (militaires et civiles) qui sont emportées et des populations martyrisées. Lors de ces attaques, plusieurs civils sont été blessés, des maisons et des magasins sont pillés et le bétail volé. Cette violence a provoqué de nouveaux déplacements de population dans la région de Tombouctou.

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Selon les autorités locales et différents partenaires sur le terrain, un total de 26 983 personnes ont fui leurs villages au cours des deux dernières semaines pour trouver refuge dans les centres urbains et sur la rive sud du fleuve Niger.

 

Dans le Cercle du Gourma Rharous, quelques 15 239 personnes ont fui leurs villages dans les Communes de Rharous et Sérère vers les localités de Rharous, Salakoira et Boranda. Dans le Cercle de Tombouctou, quelques 3690 personnes ont fui de divers villages de la Commune de Bourem Inaly. Dans le Cercle de Goundam, 8054 personnes ont fui leurs villages vers les localités de Tonka et la ville de Goundam.

 

Les personnes déplacées sont actuellement dans des abris temporaires, dans des campements de fortune ou chez des familles d’accueil. Elles ont urgemment besoin d’eau, de nourriture, d’articles non alimentaires et d’abris. Les acteurs humanitaires dans la région positionnent les stocks nécessaires en vue de fournir l’assistance requise.

 

A Goudam en particulier, une évaluation des besoins a commencé (PAM/Handicap International/AFRICARE/Solidarités International) et la distribution d’une aide alimentaire a débuté.

 

Selon des sources concordantes, dans le cercle de Gourma/Rharous, les acteurs humanitaires (HCR/IEDA Relief) ont effectué des évaluations préliminaires mais ne sont pas en mesure d’accéder aux zones touchées en raison de l’insécurité qui prévaut dans la zone. Les mêmes informations indiquent qu’OCHA continue ses efforts de coordination avec les organisations nationales et locales afin de faciliter l’accès et l’acheminement de l’aide par les acteurs locaux.

 

Yattara Ibrahim

Source: L’Informateur

Nord du Mali : A quoi joue l’ONG ‘’Action contre la faim’’ ?

L’ONG ‘’Action contre la faim’’ a-t-elle des liens avec la rébellion touarègue qui sévit au Nord du Mali ? La question mérite d’être posée eu égard à ce qui s’est passé ce jeudi 21 mai 2015 à Tin Hama, commune rurale située à 60 kms d’Ansongo.

action contre faim logo

En effet, suite à l’attaque de Tin Hama le 20 mai par les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’équipe de constation des Forces armées maliennes ont arrêté le nommé Moussa Ag Mohamedoun, personnel de l’ONG ‘’Action contre la faim’’ à Tin Hama.

Cet homme sensé être un humanitaire était en possession, s’il vous plait, d’un PM 2 chargeurs garnis, 2 puces thuraya, 3 téléphones portables, des maillons de munition garnis pour mitrailleuse PKT.

Voilà comment une personne sensée être humanitaire a été arrêtée ce jeudi à Tin Hama par l’armée malienne. Le soi-disant humanitaire a été arrêté au lendemain de l’attaque de la ville de Tin Hama par les rebelles de la CMA, lesquels ont été délogés par les forces armées maliennes. C’est dire que tous les ‘’humanitaires’’ qui opèrent au Nord du Mali sont loin d’être humains avec les populations pour lesquelles ils sont là.

Comment quelqu’un qui se dit humanitaire peut-il se retrouver avec un tel arsenal après l’attaque de la ville par les rebelles ?

Mais les Maliens sont loin d’être surpris. Eux qui ont vu des ONG Qatari fournir, sous couvert d’actions humanitaires, des armes aux terroristes d’Ançar Eddine et Mujao au temps fort de l’occupation de notre septentrion.

Après l’arrestation de ce controversé humanitaire, c’est le directeur pays de l’ONG ‘’Action contre la faim’’, Haiballa Ag Baba Hamed, qui est en train de solliciter l’appui d’OCHA afin que celle-ci puisse intervenir auprès des autorités maliennes en vue de la libération de l’indélicat Moussa Ag Mohamedoun. Les autorités maliennes devraient-elles accepter cela ?

Yattara Ibrahim

Source: L’Informateur

Manifestation de soutien à l’accord d’Alger dans la capitale

Plusieurs milliers de manifestants sont descendus, mardi 26 mai, dans les rues de Bamako à l’appel de d’associations de la société civile, d’organisations de jeunes notamment, afin de montrer leur soutien à l’accord de paix signé le 15 mai par le gouvernement.

Rarement les rues de Bamako ont reçu autant de monde pour une manifestation. Les chefs de quartier ont mobilisé. Les familles fondatrices de la capitale étaient sur le terrain – jeunes, femmes et vieux – ont parlé à l’unisson : « oui » pour la paix au Mali.

Sur les calicots et les banderoles, on pouvait lire : « Le Mali restera indivisible », « La paix au Nord, au Sud, partout », ou encore « Rebelles, déposez les armes. Faisons la paix ». Quelques slogans plutôt inaudibles, mais hostiles à des partenaires et amis du Mali ont été également prononcés.

Soutien à IBK

Mais dans l’ensemble, tout s’est passé dans le calme. La gigantesque mobilisation a parfois tourné au soutien au gouvernement malien, au soutien au président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), considéré par les manifestants comme l’homme de la situation, l’homme qui « défend l’honneur du Mali ».

Clou de l’événement, une prise de parole du ministre malien chargé de la Réconciliation. Zahabi Ould Sidi Mohamed a appelé toutes les parties au calme et à utiliser le dialogue comme seule arme pour un Mali réconcilié, un Mali apaisé.

 

Source: RFI

Mission onusienne au Mali : satisfaction en surface mais colère de IBK Ladsous

La quête de paix lors de la cérémonie de signature de l’accord de paix semble anecdotique à côté des invectives du président IBK.
ibrahim boubacar keita president malien ibk rencontre Hervé Ladsous Secrétaire général adjoint opérations maintien paix onu
Le président, dans un style maîtrisé lors de son discours, a planté le décor du folklore qui sied à ce type de rassemblement puis s’en est pris aux nations unies et à son représentant spécial au Mali Hervé Ladsous.  Rarement depuis 2012 un dirigeant malien n’avait rendu une copie aussi satisfaisante à la mesure du supplice subit par les maliens au quotidien.  Reprochant le terme « les parties » pour nommer l’état malien et un groupe minoritaire, il a exigé du respect pour les maliens qui respectent leurs partenaires.  Il a déploré la conduite de la mission onusienne au Mali en demandant à son chef Hervé Ladsous nommé exprès par le président, d’être « juste avec les maliens qui ne sont pas des gueux »
La cible du président fut atteinte car le lendemain, lors d’une conférence de presse, le représentant spécial du secrétaire des nations unies est revenu sur les piques qui lui étaient adressées. Il a tenté de justifier sa position tout en commettant des écarts nouveaux en accusant le GATIA d’être seul responsable de la violation du cessez le feu de Mai 2014. Hervé Ladsous est semble t-il un révisionniste de l’histoire récente du Mali car il n’a jamais fait cas des incessantes attaques du MNLA dont les populations sont régulièrement victimes.  Hervé Ladsous n’a jamais eu de mots durs envers le MNLA qui égorge ses victimes. Pire, Ladsous demande au GATIA de rendre les positions obtenues à Menaka à la CMA.
La MINUSMA a clairement ses préférences. C’est de la responsabilité du président IBK d’en informer la communauté internationale et c’est ce qu’il a très bien réussi lors de cette tribune du 15 Mai.
Elijah de Bla

Source: RP Medias

Recrudescence des attaques dans le nord : Jusqu’où ira l’opération « morsure de la fourmi » de la CMA ?

Des attaques en série, c’est le nouvel mode opératoire développé par les forces du mal au nord du Mali sous la houlette la nébuleuse CMA. Les dégâts causés par les attaques sont révélateurs et doivent guider les autorités à changer de stratégie sur le terrain.

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Léré, Diré, Goundam, Ténenkou, Bintagoungou, Bambara Maoudé, récemment, Intillit et Tessit sont des localités attaquées par les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Cette nouvelle forme d’attaque ou mode d’opération de la CMA est baptisé « morsure de la fourmi ». Elle fait partie de la stratégie qui consiste à ne pas rester dans les villes. « On attaque et on se retire. On pouvait rester, mais ce n’est pas notre stratégie », nous a expliqué un responsable de la Coordination interrogé sur ce sujet.

Ici, la volonté de faire échec au processus de paix est manifeste de la part de la CMA qui, dans cette aventure destructrice, a enlevé des hommes et commis des meurtres.

Si le week-end dernier, 10 personnes détenues par le MAA à Ber dont un gendarme enlevé à Goundam et un policier capturé à Diré font partie du lot des personnes libérées, des zones d’ombre demeurent sur le sort des cinq militaires pris à Léré par la CMA. Car, à la remise officielle des otages, ce sont dix personnes dont huit combattants de Ganda Koy qui étaient présents à l’appel, en plus du policier et du gendarme en question.

Un autre mystère demeure autour des 19 militaires portés disparus à Tessit et à Intillit le 22 mai dernier. Un responsable de la CMA affirme avoir détenu ces éléments des FAMa qui, selon lui, se portent bien.

La détention supposée de ces militaires maliens par la CMA a été démentie sitôt par un porte-parole de l’armée qui préfère parler de manque à l’appel et peut être une stratégie pour sauver leurs vies en pareille circonstance.

Il faut préciser tout de même qu’après les affrontements du 23 mai qui ont vu la reprise de la ville de Kidal en 2014, la Coordination des mouvements de l’Azawad n’a plus occupé de nouvelles zones.

Cependant, elle multiplie des attaques ciblées contre non seulement des positions de l’armée, des groupes d’autodéfense, mais plus grave des populations civiles. En tout état de cause, l’opération »morsuredelafourmi »delaCMA n’a pas fini de livrer tous ses secrets et il appartient à l’Etat de prendre ses responsabilités.

Alpha Mahamane Cissé

source :  L’Indicateur du Renouveau

10 combattants Ganda Koy libérés par la Cma à Ber

Grâce au maire de Goundam, non moins présidente de l’Association «Trait d’union», Seck Oumou Sall, au président de l’Association «Ginna Dogon», Mamadou Togo et au secrétaire général de l’Association malienne des droits de l’homme (Amdh), Amadou Diadié Tékété, la Cma a libéré 10 combattants de Ganda Koy qu’elle avait arrêtés il y a trois semaines. Ils étaient emprisonnés à Ber, localité située à 60 km de Tombouctou.

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«Qu’ils soient rebelles ou pas, les gens de la Cma sont nos parents. Ils ont arrêté des frères à nous. Donc, nous avons pris contact avec eux pour demander la libération et c’est ce qu’ils ont fait, sans condition». Ces propos sont de Seck Oumou Sall, présidente de l’Association «Trait d’union». C’est elle qui a conduit la délégation de la société civile à Ber pour obtenir la libération des 10 combattants de Ganda Koy, arrêtés à Tin Aïcha.

Comment leur libération a-t-elle réussi ? Le vendredi 22 mai 2015, la délégation est partie de l’aéroport de Tombouctou pour Ber. Les conditions météo étaient favorables. C’est ainsi que l’hélicoptère de la Minusma a décollé en direction de Ber, avec à bord les émissaires de la société civile. Leur mission était d’obtenir la libération des 10 éléments de Ganda Koy. C’est à 8 heures 30 qu’ils sont arrivés à Ber. Ils ont été accueillis, à leur arrivée, par les responsables de la Cma dans une atmosphère conviviale. Les otages étaient emprisonnés à 100 Km de Ber pour des raisons sécuritaires. Ils ont été ramenés et mis à la disposition des émissaires.

Soulignons que les hôtes de la Cma ont été bien traités, sous des tentes avec des plats de grands jours. Après avoir obtenu satisfaction, la délégation a quitté Ber le même vendredi, 22 mai 2015, pour Tombouctou. C’est le samedi 23 mai que des voitures blindées de la Minusma les ont raccompagnés à Goundam.

Les 10 hommes ont retrouvé leurs parents, amis et connaissance, sains et saufs. Parlant de leurs conditions de détention, certains ont avoué qu’ils ont été bien traités, en dehors de la première nuit. Ils ont bien mangé et fumaient sans problème. Mais, avant leur libération, ils ont tous été rasés, vêtus de grand boubou, babouches et turbans blancs.

À travers cette libération, la société civile vient de prouver qu’il est possible de parvenir à la paix par le dialogue. En tout état de cause, Tombouctou vient de montrer la preuve.

Adama DJIMDE et Chérif Moulaye HAÏDARA (ORTM Tombouctou)

PRECISION : Dans notre livraison du mardi 19 mai 2015 (Le Reporter N°149, page 7), une malencontreuse erreur nous a fait illustrer notre article intitulé «Marchés publics : ce Léviathan » par la photo de Monsieur Adama Yacouba Touré, Secrétaire Exécutif de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics. Par conséquent, nous tenons à préciser que l’intéressé n’est impliqué ni de près ni de loin dans les faits relatés dans ledit article. La Rédaction.

Le reporter

Tragédie de Kidal : hommage aux martyrs de Kidal

21 mai 2014-21 mai 2015, il y a un an notre peuple était humilié par ceux qui ont pourtant la charge de conduire sa destinée. Pour des egos surdimensionnés et par des calculs politiciens, notre armée était envoyée sans préparation aucune à la défaite la plus inoubliable de son existence.

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On ne saura peut-être jamais le nombre réel de ceux qui sont morts sur le théâtre des opérations en croyant vraiment servir leur nation. Le gouvernement, responsable de cette tragédie, a toujours menti aux citoyens que nous sommes, avec la Commission parlementaire qui peine à livrer ses conclusions.

La conspiration du silence s’installe dans tous les rouages de l’Etat, alors que les parents veulent savoir, la nation aussi veut comprendre qui a donné l’ordre d’envoyer leurs enfants à la mort. Nous devons dire au gouvernement que nous ne sommes pas d’accord avec cette posture de l’impunité. Affaiblir le Mali en donnant une belle victoire au Mnla à Kidal, nous a tout simplement traumatisés. On ne peut plus se permettre de continuer à jeter l’honneur de l’armée malienne aux chiens. Il nous faut alors situer les responsabilités.

La réforme de l’armée passe par la vérité sur la défaite de Kidal

En effet, aussi longtemps que nous n’arriverons pas à situer les responsabilités dans les événements du 21 mai 2014, il y a fort à parier que notre armée tarde à se relever du cauchemar de Kidal, quand du sommet de l’Etat au dernier officier de commandement, chacun décline sa responsabilité, les morts et leurs parents auront toujours le sentiment d’avoir été trahis par leur pays ; les vivants et les survivants ne seront plus encouragés à servir loyalement la nation.

Les événements de Kidal ont non seulement tué le moral de notre armée, mais au-delà de l’armée, ils ont atteint l’esprit civique et patriotique de nombre de Maliens. Le pire est que le gouvernement continue à s’inscrire dans cette stratégie d’échec pour notre pays, au moment où les facteurs d’insécurité se complexifient. En ce jour anniversaire douloureux pour le Mali, rendons hommage aux soldats qui ont cru en notre pays au prix de leur vie !

S.K

source : Reporter

Tombouctou : 96 HEURES CHRONO

Malgré la signature des accords de paix, les combattants de la CMA continuent toujours à semer la terreur et la violence dans la région de Tombouctou et ailleurs.

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Le lundi 25 mai aux environs de 18h 30, deux véhicules 4×4 remplis de rebelles pénètrent dans le village de Bourem-Inaly en tirant des coups de feu en l’air. Les villageois assistent alors impuissants au pillage de leurs boutiques et magasins. Les bandits remplissent leurs véhicules de tous les produits dont ils ont besoin avant de quitter la localité. Il n’y a pas eu de victimes ou de blessés, mais rares sont les boutiques épargnées par les malfaiteurs qui ont aussi emporté deux motos.
La veille, dimanche 24 mai, aux environs de minuit une vingtaine d’hommes armés traversent le fleuve pour venir perturber le sommeil des habitants du village d’Arbichi, en tirant des coups de feu. Un homme d’une quarantaine d’années du nom de Hamzata  Koba est tué. Tout le monde s’accorde à dire que cet acte est un règlement de compte, suite à un vieux contentieux. Pour commettre leur forfait, les bandits ont contraint le propriétaire d’une pinasse à leur faire traverser le fleuve pour atteindre le village.
Samedi 23 mai, ce sont des tirs à l’arme lourde qui sont entendus à Didi (bord du fleuve de Ber à 60 km de Tombouctou). Les rebelles voulaient mettre en marche le bac de traversée, mais les militaires de l’autre du fleuve ont effectué des tirs de sommation pour montrer qu’ils veillaient au grain. Il n’y a pas eu d’accrochage, ni de victimes mais les tirs ont continué de part et d’autre durant toute la journée.
Le même jour, vers 22 h à Tombouctou, les soldats positionnés au check-point du nord-est de la ville, ayant aperçu au loin des véhicules en approche, ont procédé à des tirs de sommation. Beaucoup de personnes ont assimilé ces coups de feu à une attaque des positions  des Famas. Il n’en était rien.
Le vendredi 22 mai de 11h à 15h, le village de Gabery, situé au nord-est de Gourma-Rharous dans le Haoussa a reçu la « visite » de rebelles. Ils sont arrivés à bord de 8 véhicules et sur des motos. Effrayés par les balles qui fusaient de partout, les villageois se sont enfuis pour se réfugier du coté du Gourma ou pour gagner la ville de Rharous. Les assaillants en ont profité pour piller plus de 20 boutiques et magasins.
Toujours vendredi, au moment où la société civile négociait la libération d’otages détenus par la CMA (lire l’Essor d’hier), une pluie d’obus s’est abattue sur le village de Ber. C’est le camp de la MINUSMA qui était la cible des assaillants. Heureusement, il n’y a ni victime, ni blessé , ni dégât matériel.
Finalement, la seule bonne nouvelle a été pour la ville de Tombouctou, avec le rétablissement du réseau téléphonique Sotelma-Malitel le samedi 23 mai à 16h. Bravo aux agents de cette entreprise qui n’ont ménagé ni leur temps, ni leur ingéniosité pour raccorder Tombouctou au reste du Mali et du monde. A la grande satisfaction des abonnés de Sotelma-Malitel.

M. SAYAH
AMAP-Tombouctou

source : L Essor

Récentes attaques dans le cercle d’Ansongo : Les rebelles armés en quête de vivres et de véhicules en complicité avec la Minusma

Venue pour aider le Mali à recouvrer l’ensemble de son territoire, la Minusma, au lieu d’être un moyen à résoudre le problème, est devenu une partie du problème. La solution s’est transformée en difficulté. À Kidal, la Minusma fuit devant les jets de cailloux des jeunes et des femmes ; à Gao ses policiers tuent les civils à bout portant. Depuis le début de la recrudescence de la violence à Ménaka le 27 avril 2015, partout, les avions de la Minusma survolent les positions des militaires maliens qui sont ensuite attaquées par les groupes armés de la Cma.

Après avoir tout tenté dans le cercle de Ménaka, n’ayant plus de solutions pour y faire rentrer les rebelles armés et narcotrafiquants de la Cma, la Minusma a changé de tactique. Sachant bien que ces bandits armé ont perdu beaucoup de véhicules dans les combats à Léré, Diré, Ménaka et alentours, ce sont des positions de l’armée et de la plate-forme qui sont l’objet d’attaques dans le cercle d’Ansongo, Tin Hamma où ils ont pillé les boutiques, saccagé les biens de l’Etat. Ils sont partis avec le véhicule du maire. À Tessalit, ils ont enlevé des soldats maliens et un véhicule de l’armée ; à N’Tillit, ils ont vidé les boutiques des commerçants arabes, touaregs, des pêcheurs et éleveurs. Les rebelles attaquent toutes ces localités en complicité avec les éléments, parents et proches qui travaillent à la Minusma.

Les documents ne sont pas sécurisés, les données sont à la portée de tout le monde et toutes les informations sont partagées dans les bureaux de la Minusma. Les pauvres civils et populations des localités sont victimes de certaines attaques. Les paisibles populations qui vivaient ensemble sont mises dos-à-dos à cause de la Minusma ; certains ont perdu la vie. Les rebelles pillent et saccagent, emportent vivres et véhicules. Les sédentaires qui ont fui les combats de Tin Hamma et qui sont venus dans la localité de Tassiga, le dimanche 24 mai 2015, des agents de la Minusma leur ont conseillé de quitter Tassiga au Mali pour aller vers Lanbezanga à la frontière Mali-Niger.

Pour les agents de la Minusma, si ces sédentaires ne quittent pas Tassiga, ils seront attaqués par le Gatia. Cette information de la Minusma a fait le tour du cercle, aggravant la peur chez les populations ; ça a été la grande panique pour les habitants de Haroun, Tadjalalt. Ils avaient commencé à fuir. Au même moment, un avion militaire survolait Tessalit. Le peu d’habitants de Tin Hamma avaient commencé à quitter cette localité, suite aux affrontements entre les populations qui avaient occasionné la mort de certains d’entre eux. Les informateurs de la Cma et les espions de la Minusma ont enclenché une querelle farouche dans la ville abandonnée par les différentes forces armées.

Tin Hamma est une commune rurale d’Ansongo, située à 50 km à l’Est sur la route de Ménaka. Elle est presqu’à cheval entre les deux cercles. C’est le village de Mahmoud Ag Hatabo, président du Conseil de cercle d’Ansongo, assassiné à Bamako au début de la crise. C’est une commune qui a toujours été le nid des bandits armés et des coupeurs de route. Mais les agissements de la Minusma ont mis les populations de cette localité dos-à-dos. Il est temps que la Minusma se mette au travail, en respectant son mandat et en travaillant de façon correcte pour le bonheur des populations. C’est l’une des raisons de sa présence au Mali. Au lieu de donner  des documents et des informations sur les combattants de Gatia et de l’armée malienne à la Cma.

Békaye DEMBELE

source : Le Reporter

L’honorable Dédéou Traoré de la VRD à la Journée Parlementaire de l’APM : « Quand il s’agit de paix, il ne doit pas y avoir question de majorité ou d’opposition »

Conscient que l’accord de paix et de réconciliation, signé le 15 mai dernier, ne pourra pas être mis œuvre sans le concours de l’Assemblée nationale, les partis politiques de l’Alliance Pour le Mali (APM) ont organisé, le samedi 23 mai dernier au Centre International de Conférence de Bamako (CICB) une journée parlementaire. Avec comme thème : « le rôle du parlementaire dans le processus de sortie de crise »

Fort d’une dizaine de partis politiques et 2è force politique à l’Assemblée Nationale, avec 23 députés, l’Alliance Pour le Mali (APM) entend jouer pleinement son rôle dans le processus de paix et de réconciliation nationale, couronné, par  la signature d’un accord, le 15 mai dernier, entre le gouvernement et les mouvements de la plateforme. C’est dans cette dynamique que les partis politiques de l’Alliance Pour le Mali (APM), ont initié une journée parlementaire à l’intention des députés sur le thème : rôle du parlementaire dans le processus de sortie de crise ».

Une initiative, qui selon le secrétaire exécutif de l’APM, Sidiki Almamy Coulibaly, est novatrice et se veut être un soutien à l’accord de paix et de réconciliation et au président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, qui dit-il a joué pleinement sa partition en faveur de la signature de l’Accord le 15 mai dernier. D’où l’occasion pour l’honorable Zoumana N’Tji Doumbia, président du groupe parlementaire APM, de féliciter le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta pour son engagement en faveur de la paix. Dans son discours d’ouverture, l’élu CDS de Bougouni et président du groupe parlementaire APM, Zoumana N’Tji Doumbia, a invité la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour matérialiser l’application de l’Accord. « La signature de cet accord est une avancée majeure dans le processus de paix et de réconciliation nationale» a-t-il affirmé. Avant de souligner que les partis politiques de l’APM soutiennent, les initiatives du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta. Quant au parlement, l’honorable Zoumana N’tji Doumbia,  dira, qu’il  a un rôle clé à jouer dans le processus de paix et de réconciliation. Car soutient-il, l’Assemblée Nationale à le devoir de veiller sur la bonne mise en œuvre de l’accord. Mais aussi dit-il, les députés ont le devoir de bien expliquer l’Accord de Paix et de Réconciliation, issu du processus d’Alger.

Mais faut il le signaler, l’intervention qui a le plus suscité plus d’ovation, fut celle de l’honorable Dédéou Traoré, député URD,  représentant le groupe parlementaire Vigilance Républicaine et Démocratique (VRD, une alliance regroupant les partis politiques de l’opposition ndlr). « Quand il s’agit de paix, il ne doit  pas y avoir question de majorité ou d’opposition. Car la paix n’a pas de prix » a-t-il, tranché. Avant de poursuivre en ajoutant que plusieurs familles ont été endeuillées et il y a trop de victimes innocentes depuis le déclenchement du conflit. « Le Mali ne mérite pas ce qu’il vécu » a-t-il lancé.

Le président de la conférence des présidents de l’APM, Oumar Ibrahim Touré, poursuivra pour sa  part que la signature de l’Accord de paix et de réconciliation, le 15 mai dernier est une avancée majeure. Et ce, malgré que l’accord n’ait encore été signé par la CMA. « Même si tout le monde n’a pas pour le moment signé, cet accord  permettra sans doute de faire bouger les lignes » a-t-il jugé. Avant de poursuivre en ajoutant, que la signature de l’Accord n’est qu’un premier pas dans le processus pour la paix.

« Les populations maliennes doivent, tous jouer leur partition en faveur du retour de la paix au Mali, gage de tout développement » dit-il.

S’agissant de l’Alliance Pour le Mali, (APM), son président Oumar Ibrahim Touré, non moins président de l’APR, et ancien ministre de la Santé, soulignera qu’elle a enregistré des avancées majeures, depuis sa création.

L’honorable Issa Togo, président du groupe parlementaire ADEMA Pasj-Asma CFP a salué l’initiative des partis politiques de l’APM, avant de les inciter à faire de l’APM un parti unique. « Je vous lance un cri de cœur, vous êtes aujourd’hui 10 partis au sein de l’APM avec 23 députés à l’hémicycle.  Mon souhait est que ces partis se fusionnent en un seul pour être plus fort » a-t-il, lancé.

En réponse, le président de la conférence des présidents de l’APM, Oumar Ibrahim Touré, dira que les différents partis de l’APM y travaillent.

Puis à l’honorable Niamé Keïta, le représentant du parti présidentiel RPM de conclure qu’au-delà des députés et des leaders politiques, l’Accord de paix et réconciliation interpelle l’ensemble des Maliens.

Lassina NIANGALY 

Source: Tjikan

Un an après la visite de Moussa Mara à Kidal : Les policiers ex-otages attendent toujours qu’ils soient fixés sur leur sort

L’amicale des policiers ex-otages de Kidal; à la suite des évènements tragiques de Kidal du 21 mai 2014, a organisé une conférence de presse suivie d’une journée de prière et de bénédiction à l’endroit des policiers tombés sous les balles de l’ennemi.

Dans son intervention, le président de l’amicale, le Sergent Mamadou Kanté, a précisé que lorsqu’un fonctionnaire de police est en déplacement dans le cadre de ses missions, soit il est en mission, soit il est en renfort. Et de poursuivre que les 30 éléments du Groupement mobile de sécurité (GMS) mobilisés pour le service de maintien d’ordre lors de la visite de l’ancien premier ministre, Moussa Mara à Kidal, ne sont pris en compte dans aucun de ses deux statuts. Par conséquent, ils n’ont reçu aucune rémunération par rapport à ce déploiement encore moins pendant la période où ils étaient retenus en otage par les forces obscurantistes.

À ses dires, après leur libération, les ex-otages ont été reçus par la Sécurité d’État (SE) pour des besoins d’enquête. Ensuite, l’amicale a adressé une lettre à l’Association amalienne des droits de l’homme (AMDH), la Commission de défense de l’Assemblée nationale, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et le Médiateur de la République afin d’échanger avectoutes ces structures sur les circonstances de leur déploiement sans succès.

Un an après les évènements tragiques du 21 mai 2014, l’amicale des ex-otages rappel, aux plus hautes autorités que ses membres attendent toujoursd’être  fixés sur leur sort. «  Sur les 30 éléments déployés, le bilan est d’un mort, un porté disparu, six victimes de traumatisme et certains commencent à manifester des troubles du comportement « , a-t-il ajouté.

Journée de prière et bénédiction à l’endroit des camarades tombés à Kidal

Afin de commémorer le premier anniversaire de ces affrontements meurtriers dans la capitale de l’Adrar des Ifogas, le syndicat national de la police (SYNAPOL) a organisé, le vendredi 22 mai, à la mosquée du GMS, une journée de prière et de bénédiction à l’endroit de toutes les victimes civiles et militaires tombées suite à la visite de Moussa Mara.

Selon le secrétaire général par intérim, Abdourahamane Alassane, c’est un honneur pour son syndicat de recevoir l’ancien premier ministre, Moussa Mara lors de cette journée de prière. Malgré sa démilitarisation, la police n’a jamais manqué le rendez-vous de la restauration de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national. Le syndicat a organisé cette cérémonie pour rendre un hommage et prier pour le repos éternel des fonctionnaires de police ayant perdu la vie lors de ces évènements.

À sa suite, le secrétaire général de la cellule syndicalede de la Compagnie de la circulation routière (CCR), Aboubacar Keïta, a précisé qu’en tant que syndicaliste, c’est un devoir de rendre un hommage aux éléments du GMS tombés sous les balles des terroristes du MNLA, du HCUA et du MAA.Un devoir de reconnaissance, a-t-il précisé.

Boubacar PAITAO

Source: L’Indépendant

Pour soutenir l’accord de paix: Série de marches sur toute l’étendue du territoire ce mardi 26 mai

Organisée par les responsables de la plateforme des associations de la société civile malienne, une conférence de presse a été le cadre, le jeudi 21 mai dernier à la Maison de la Presse, pour annoncer la tenue d’une série de marches sur toute l’étendue du territoire national, aujourd’hui mardi 26 mai. Cela, en vue de soutenir l’accord de paix issu des pourparlers inter-Maliens d’Alger signé le 15 mai dernier à Bamako par le gouvernement malien, certains groupes armés et l’équipe de médiation internationale ayant supervisé les négociations.

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Selon le président de la plateforme et des associations de la société civile, cette série de marches est destinée à sceller une union sacrée autour de la République. Il a précisé qu’à Bamako, elle démarrera à 8h00, comme dans toutes les capitales régionales, au niveau de la place de la liberté et culminera sur le boulevard de l’Indépendance. Il a indiqué que cette manifestation démontre une prise de conscience de la société civile, quant à la nécessité de jouer un rôle jusque-là peu mené par les classes politiques.

Abondant dans le même sens, l’ancien Premier ministre Mohamed Ahmed Ag Hamani a rappelé la faillite de la classe politique malienne à jouer le rôle qui lui est dévolu.

Il a souligné que la démocratie, telle que nous la pratiquons, a montré ses limites, d’où la nécessité de revenir à nos valeurs.

Pour lui, l’objectif de cette série de marches est de montrer l’engagement de la société civile, à soutenir et à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de l’accord. De lancer également un appel à la CMA pour qu’elle saisisse de façon urgente la main tendue par la Mère-Patrie, avant qu’il ne soit trop tard. Sinon, des sanctions annoncées contre les rebelles en cas de persistance de leur refus de signer l’accord tomberont.

 

Bakary M. Coulibaly

Source: Notre Printemps

«La rébellion tue, la rébellion nourrit. Les gens veulent que la rébellion éclate pour renflouer leur caisse», dit-on

Une des causes de la rébellion réside dans le trafic de la drogue. C’est une activité hautement lucrative exercée par des barons qui ont constitué des milices (HCUA, GATIA, Gandakoy, Ganda Izo) pour sécuriser leurs activités. Les conflits entre les différents barons de la drogue qui sont toujours très violents débordent  très vite sur des affrontements  intercommunautaires. Ces barons de la drogue ont infiltré les plus hautes sphères de l’Etat rendant impossible toute décision de justice créant ainsi de profondes frustrations aux seins des populations. A titre d’exemple : les affrontements actuels en cours dans le secteur de Tarkint et Tobankorte sont des conflits pour le contrôle du point de passage d’Inkhalid.

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Entre GATIA et MNLA : Où est la vérité ?

Pur tribalisme. Rares sont les Maliens qui comprennent les relations GATIA-MNLA.   Ce sont deux groupes armés trafiquants de drogue. C’est un conflit Imghad et Ifoghas qui date des années 1993- 1994. Les Imghad ont créé le mouvement armé dénommé ARLA (Armée Révolutionnaire  pour la Libération de l’Azawad), dirigé par Abdramane Galla, El Hadj Gamou et Sidi Mohamed Ag Ichrach. Son objectif était de mettre fin à la suprématie des Ifoghas dans l’Adrar. Très vite il croisait le fer avec le MPA (Mouvement Populaire de l’Azawad) composé essentiellement d’Ifoghas et dirigé par Iyad Ag Ghali. Ces affrontements se terminèrent en octobre 1994 par la défaite de l’ARLA.

Pendant la période 1993-1994, le MPA a bénéficié de soutien logistique financier et aussi  de ressources humaines (soldat) de la part de l’armée malienne. En juin 2006, suite aux attaques des casernes de Ménaka, Kidal et Tessalit, ATT fit appel à El Hadj Gamou (GATIA) pour mettre aux pas les Ifoghas. C’est l’immixtion des différents gouvernements maliens dans les conflits Ifoghas-Imghads qui amplifie les rivalités. Il  y a lieu aujourd’hui de demander à l’armée malienne de se désengager du conflit de Kidal entre Ifoghas-Imghads et laisser la gestion à l’administration locale et aux structures locales de médiation.

Rappelons que GATIA dirigé par Gamou est composé d’Imghads intégrés dans l’armée malienne et de miliciens.

Source:  Inter De Bamako

Nord du Mali : Les motos comme moyens de transport et de combat pour les rebelles

Aujourd’hui dans le septentrion de notre pays, les motos de marque ‘’Sanili’’ sèment le ravage. Elles sont utilisées par des indicateurs et éclaireurs des rebelles qui  sont fondus dans les populations des agglomérations.

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Difficile de les distinguer de la population autochtone. Surtout que dans cette partie de notre territoire, le moyen de transport le plus usité est la moto, surtout de marque ‘’Sanili’’. C’est un genre de moto prisée des rebelles à cause de son aisance à rouler tant dans le désert que sur du goudron. Selon nos sources, ce sont les conducteurs de ces engins à deux roues qui circulent dans les villes pour dénicher les positions de nos militaires, soit pour les tirer dessus, s’ils sont en nombre insuffisant ou communiquer leur position aux renforts postés quelque part non loin de la cible.

Ces nouveaux indicateurs et agresseurs sont de toutes les couleurs (noires ou blanches).  Ils sont pour la plupart inconnus des habitants des localités concernées, mais puisque les militaires n’ont pas vocation à contrôler les pièces d’identité des personnes, encore moins de leurs engins, ces individus circulent à l’aise dans les régions sans jamais être inquiétés. « Je suis rentré de Tombouctou, il y a trois semaines environ. Les autorités nous ont dit que pour mieux sécuriser, il serait plus intelligent de ne pas monter de sentinelle devant notre logement, sinon il n’y a rien à faire, ils viendront nous attaquer en pleine ville. Effectivement, il arrivait des jours où des motocyclistes venaient tourner jusque devant notre porte. La scène a continué jusqu’à notre départ. » dixit notre interlocuteur, qui a requis l’anonymat.

Aujourd’hui des voix s’élèvent pour demander aux autorités locales de demander à la population de garer leur moto pour permettre aux militaires de distinguer les rebelles du reste de la population. Ou attribuer des immatriculations numérologiques aux motos, conformément aux textes régissant les transports au Mali. L’idée serait à l’étude en ce moment. Mais, difficile de dire quand est ce que la mesure rentrera en vigueur pendant tout le temps que le conflit va durer. Selon notre source, c’est le seul moyen de circonscrire au phénomène de l’insécurité.

Notre interlocuteur de rappeler qu’avant la prolifération du phénomène de moto, ils recrutaient des indicateurs parmi les chauffeurs des véhicules de transports interurbains. Mais, actuellement ce réseau a été démantelé, depuis lors beaucoup d’entre eux se sont rebiffées à leur filer des informations. Depuis lors ceux-ci sont devenus des cibles. Ils ne les épargnent plus. Quand ils arrêtent un camion, ils pillent le véhicule avant de tuer le chauffeur. Il sied donc que les autorités décident rapidement de faire arrêter toutes les motos de la région afin de réduire la capacité de mobilité de l’ennemi. Le Mali doit s’inspirer de l’exemple nigérien. Dans ce pays, il est interdit à tout autre usager de posséder une Pick up à essence en dehors de l’armée. Même les administrations d’Etat n’ont l’autorisation de s’offrir ces genres de véhicules, à fortiori des particuliers.

Mohamed A. Diakité

Source: Tjikan

Libération de 10 prisonniers des mains de la CMA: Chapeau bas pour Mme Seck Oumou Sall !

Sur une initiative personnelle de Mme Seck Oumou Sall, maire de Goundam et présidente du Mouvement Trait d’Union, une mission de médiation composée par elle-même, Mamadou Togo de l’Association Dina Dogon et  Amadou Tékété de la société civile, a permis de libérer 10 combattants de la milice d’autodéfense Gandakoye des mains de la Coordination des Mouvements Armés (CMA).

oumou sall seck maire goundam

Depuis quelques semaines, surtout à l’annonce de la signature de l’accord de paix et de réconciliation issu  du processus d’Alger le 15 mai, les groupes armés de la CMA avaient multiplié leurs attaques dans le nord et particulièrement dans cercle de Goundam au point d’en faire un véritable Far West. Une situation que le maire, Mme Seck Oumou Sall et les ressortissants de cette localité du Mali n’ont cessé de dénoncer.

Dans leur ignoble besogne, ces groupes armés, opposés à la paix dans le nord du Mali ont multiplié leurs attaques contre les positions des Forces Armées Maliennes (FAMa) et même contre les populations civiles.

L’attaque la plus meurtrière et qui a beaucoup ému les populations est l’embuscade qu’ils ont tendu devant l’armée malienne le 11 mai dernier. Une embuscade qui avait fait 9 morts et 14 blessés dans les rangs de l’armée malienne.

Selon nos sources, c’est  suite à ces attaques à répétition que la milice d’autodéfense Gandakoye aurait décidé de  reprendre les armes pour défendre les populations civiles.  Ce qui va donner lieu à des combats entre les deux camps à l’issu desquels, 10 combattants de cette milice seront faits prisonniers par la CMA. Il s’agit de 8 combattants faits prisonniers à Bintagougou, 1 enlevé à Tombouctou et un autre à enlevé à Ber.

Informée de cette situation, le maire de Goundam, Mme Seck Oumou Sall s’est sentie concernée en premier chef. C’est pourquoi, elle a vite entrepris d’y effectuer une mission de médiation dans la perspective de libérer les prisonniers. Et pour ce faire, elle décide de se faire accompagner par Mamadou Togo, président de l’Association Gina Dogon et par Amadou Teketé de la société civile.

Jointe au téléphone, Mme Seck Oumou Sall reconnait qu’il s’agissait d’une mission de médiation qu’elle a elle-même initié. Et pour ce faire, elle dit avoir informé  ses ainés de l’Association Gina Dogon et de l’AMDH qui ont trouvé cette initiative très salutaire. Et du coup ont décidé de l’accompagner dans cette mission de médiation.

Selon elle, lors de cette mission, ils ont joué sur la fibre des liens de parenté et  de fraternité. Mais aussi, le Sinagouya (Cousinage à plaisanterie).

« Nous avons utilisé la voie de la parenté et de la fraternité car  il s’agit  de ressortissants d’un même terroir et il n’est pas bien qu’ils prennent les armes les uns contre les autres car le dialogue peut tout régler. », s’est dite convaincue Mme Seck Oumou Sall. Qui invite par la même occasion aussi les milices à déposer les armes.

Selon elle, pour la résolution de la crise du nord, la communauté internationale  a fait son devoir, mais aussi le gouvernement du Mali qui fait de son mieux. Et il reste à la société civile malienne de jouer pleinement son rôle pour que la paix ne soit pas hypothéquée.

Et Mme Seck Oumou Sall de préciser que cette libération a eu lieu sans conditions car les groupes armés de la CMA ont été sensibles à la voie des liens de parenté et de la fraternité sur laquelle ils se sont appuyés.

A noter que cette mission est une initiative personnelle de Mme Seck Oumou Sall, qui après la libération des 10 prisonniers, en a informé le Premier ministre Modibo Keita qui s’est beaucoup réjoui du résultat obtenu.   Avant de l’encourager à poursuivre de telles initiatives. Et de mettre à sa disposition les autorités administratives de la région de Tombouctou à commencer par le gouverneur.

  1. Diama

 

Source: Tjikan

Signature de l’accord de paix : IBK utilise le langage « d’IBK » pour répondre au secrétaire général adjoint des Nations Unies, chargés des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous

La tension était montée d’un cran entre le président de la République malienne M. Ibrahim Boubacar Keita et le secrétaire général adjoint des Nations Unis M. Hervé Ladsous, chargés des opérations de maintien de la paix. En réponse à l’intervention de ce dernier, IBK n’est pas passé par quatre chemins pour dire haut ce que son peuple pense bas.

Ibrahim Boubacar keita president malien ibk allocution discours accord paix reconciliation

Le peuple malien semble retrouver  ce vendredi 15 mai 2015 cet IBK  des années 92  où  l’actuel locataire de Koulouba était encore premier ministre. Un homme ferme, décisif,  ou encore  « KANKENLENTIGI ». Parmi les mille et un discours du président IBK, celui qui a retenu l’attention  du  peuple malien de façon positive était sans doute cette intervention de ce fameux 15 mai, date de la signature de l’accord de paix. En effet c’est  justement ce jour là que le  secrétaire général adjoint des Nations Unis, chargés des opérations de maintien de la paix a tenté  de jeter l’huile sur le feu que les maliens et d’autres partenaires de bonne foi s’évertuaient d’éteindre.

Dans son intervention M.Ladsous, puisqu’il s’agit de lui, a affirmé que l’accord reste ouvert  pour les groupes rebelles qui n’ont pas signé  le dit accord et qu’il fallait tout mettre en œuvre afin qu’ils puissent le faire plus tard. Dans son éloquence, il ne s’est pas gêné  de mettre en garde  l’Etat malien contre toute attaque sur les positions des groupes rebelles non signataires de l’accord sous aucun prétexte encore moins  de la  signature. Pire, le secrétaire général adjoint des Nations Unis a accusé l’armée malienne de violation du cessez-le feu.

« …..le dialogue doit continuer avec les groupes qui ne sont pas ici aujourd’hui ; la possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte ; et le fait que seules certaines des parties signent l’accord de paix aujourd’hui ne peut en aucun cas servir de prétexte à la reprise d’opérations militaire contre les non-signataires…»

Des propos que le Président de la république malien à l’image de son peuple  n’a pas pu digérer. Il avait donc, comme on le dit, craché les quatre vérités au représentant du secrétaire général de l’ONU M. Ban-ki-moon.

Pour le chef de l’Etat, c’est manquer du respect au peuple malien que de porter ces accusations à  son encontre. Il a mis en garde contre une prise en otage de la paix au Mali.

« Monsieur Ladsous, je l’ai dis au Secrétaire Général des Nations Unies, il serait convenable, il serait saignant que les Nations unies fassent preuve de justice et d’équité à cet égard là.

Chaque fois qu’il y a eu violation de cessez-le-feu, violation de la cessation des hostilités, nous l’avons acté, nous avons signalé.

Rarement, nous avons été entendus.

On nous a toujours dit : oui « les parties » ! « Les parties » ? Un peu de respect pour notre peuple.

Le Mali est un peuple de dignité avéré au long des siècles. Un peuple qui, dans la communauté internationale, n’a jamais manqué à ses engagements internationaux,  et il continue de le faire aujourd’hui et pourvu qu’en retour il soit l’objet d’un minium de respect………… Nous comptons encore sur la communauté internationale,  Monsieur Ladsous, pour ce que nous ayons uniquement notre dû ; pas plus, pas moins. Pas plus, pas moins ! ».
Finalement M. Ladsous en a pris à ses dépens et désormais, il remuera la langue sept fois avant de prononcer un discours en Afrique. Si la date du 15 mai sera à jamais gravée dans les anales de la République malienne, il n’en sera pas moins pour le patron des bonnets bleus. Pardon, des casques bleus.

 

Ousmane SAGARA 

Source: SOLONI

Mauritanie: afflux de réfugiés fuyant les violences au nord du Mali

La recrudescence des violences dans le nord du Mali entraîne un nouvel afflux de réfugiés dans les camps aux frontières des pays voisins. A Mbera, dans le camp mauritanien, le HCR enregistre de nouvelles arrivées ces dernières semaines avec une nouveauté : la présence de Peuls de la région de Nampala qui fuient les arrestations de l’armée malienne dans les campements d’éleveurs.

camp refugie malien

Des dizaines de femmes et d’enfants sont arrivés en camion ces derniers jours au camp de Mbera, en Mauritanie. Originaires de Dioura ou Nampala, au sud de Tombouctou, ces Peuls disent avoir fui des violences contre leurs campements, comme le raconte le coordinateur des réfugiés qui les a accueillis à Mbera. « Ils disent qu’il y a plus de cent personnes arrêtées dans leur zone et qu’il y a l’armée malienne qui est en train de fouiller leur maison, les torturer, les frapper, rapporte-t-il. Et qu’ils sont partis à cause de cela. »

Le HCR qui gère ce camp de Mbera confirme : c’est la première fois que l’on enregistre un tel afflux de populations peules dans ce camp. « Les Peuls représentaient moins de 1% de la population. La majorité de la population du camp de Mbera, ce sont surtout des Arabes, à 50,8% et des Touaregs, qui représentent 48%, explique Sébastien Laroze, chargé de communication pour le Haut Commissariat aux réfugiés à Nouakchott. Cet afflux intervient dans un contexte où on pensait que les choses se stabilisaient un peu au camp de Mbera et en fait on se rend bien compte aujourd’hui que la situation est toujours volatile, toujours précaire. »

Le HCR et les réfugiés eux-mêmes craignent de nouveaux afflux en raison des récents pics de violences dans ces régions, comme l’explique Ahmedou ag Abouhari, coordinateur des réfugiés de Mbera : « Il y a eu une attaque entre Goundam et Tombouctou, il y a eu une attaque dans la ville de Bintagoungou, à Léré. Il y a des attaques partout », déplore-t-il.

Le camp de Mbera compte officiellement 52 355 réfugiés.

source : RFI

Libération d’otages à Ber : UN BON COUP EN FAVEUR DE LA PAIX

Après la montée en puissance de la violence, ces dernières semaines dans le nord du pays, la situation est restée relativement calme pendant le long week-end passé. On a même eu une bonne nouvelle vendredi dernier. Dix otages retenus par la Coordination des mouvements armés  de l’Azawad à Ber ont été libérés.  La nouvelle  a vite fait le tour de la Région Tombouctou. A Goundam, c’est avec  une grande joie et un grand soulagement que la population et les parents des ex-otages ont accueilli la nouvelle.

oumou sall seck maire goundam
Cette  libération est à l’actif de la maire de Goundam et présidente de l’association « Trait d’union », Mme Seck Oumou Sall. Ayant reçu l’avis favorable des rebelles pour se rendre à Ber où étaient détenu les otages, Mme Seck Oumou Sall a demandé à Amadou Diadié Tékété de l’AMDH et Mamadou Togo de l’association Gina-dogon de l’accompagner dans sa mission de négociations. Les deux responsables de la société civile ont accepté de gaité de coeur.
Arrivés de Bamako jeudi, les négociateurs quittèrent Tombouctou pour Ber le lendemain matin à bord d’un hélicoptère de la MINUSMA. « Arrivés à Ber, nous fûmes agréablement surpris par l’accueil chaleureux », confie Amadou Diadié Tékété. Les  rebelles nous ont dit : « vous avez quitté chez vous et vous êtes venus chez vous. Nous sommes prêts à accéder à toutes les requêtes que vous ferez, car c’est la première fois depuis le déclenchement de cette crise que nous recevons des personnalités ici».
C’est après ces mots de bienvenue que la mission expliqua le motif de son voyage, à savoir  la libération des 8  otages. La réponse fut positive. « Nous vous les remettons sans condition aucune. Au lieu de lieu de 8 personnes nous libérons même 10 », dirent les hôtes. L’un des deux otages supplémentaires était un élément infiltré du mouvement d’autodéfense Gandakoye pris à Ber. L’autre est un convoyeur de pinasse sur lequel, les rebelles avaient trouvé une carte de Gandakoye. Les détenteurs des otages ont demandé aux visiteurs du jour de patienter le temps de faire venir les prisonniers qui étaient maintenus loin du village, quelque part dans le désert.
L’attente dura quelques heures. Après leur libération, les désormais ex-otages et les négociateurs prirent le chemin du retour de Tombouctou où ils passèrent la nuit pour ensuite mettre le cap dimanche sur Goundam.
Dans cette localité, samedi matin, il y eut une grande mobilisation pour accueillir  les négociateurs pour leur témoigner toute la gratitude de la population, mais aussi pour voir les ex-otages. Au cours d’une cérémonie à laquelle prit part un conseiller du gouverneur de la Région de Tombouctou, Boubacar Bagayoko, plusieurs discours furent prononcés. Tous ont loué l’initiative et le courage de Mme Seck Oumou Sall. Des remerciements sont également allés à Cécilia Piazza, la coordinatrice de la MINUSMA pour la Région Tombouctou et à toute la MINUSMA pour ses appuis multiformes tant sur le plan sécuritaire que de la logistique (le transport notamment).
S’adressant au public, Mme Seck Oumou Sall a assuré qu’elle est résolument engagée pour contribuer à faire revenir la paix partout au Mali. Elle se dit prête à  affronter monts et montagnes pour cela. « Cette action n’est animée par aucune considération politique. Je me bats  parce que je suis native de Goundam. Quand  Goundam souffre, je perds le sommeil et la vie pour moi ne devient qu’amertume. Cette démarche est un acte d’une patriote, d’une citoyenne malienne tout court ». Avant de terminer son discours, l’élue s’est dite fière d’appartenir à la fois aux communautés peul et tamasheq et toute les autres communautés du pays. Cela comme pour dire que le Mali est bâti sur une vielle civilisation et une riche culture. Une nation où la cohabitation entre les ethnies date depuis des siècles. Après les discours, les ex-otages ont été remis au représentant du gouverneur resté deux jours à Goundam. Ce dernier les a confiés aux maires des localités dont il sont ressortissants. Les 10 personnes seront ensuite remises à leurs parents.
Il est bon de noter que la MINUSMA à Tombouctou a joué un rôle capital dans cette libération en transportant les négociateurs de Bamako à Tombouctou. Elle a ensuite mis un hélicoptère à leur disposition pour aller à Ber et ramener les otages. Elle a aussi fourni plus quarantaine de véhicules pour assurer le transport et la sécurisation de tout le trajet Tombouctou-Goundam.
De leur côté, les ex-otages ont assuré qu’ils n’ont pas été maltraités et que pendant tout le temps de leur détention pas une seule fois, ils n’ont été frappés, menacés ou insultés. Quant à la nourriture, ils n’avaient pas à se plaindre. Ils avaient à leur disposition tout ou presque tout pour faire la cuisine : riz, pates alimentaires, condiments.
Le jour de leur libération, les rebelles leur ont offert des habits brodés tout neufs et chacun avait un turban.
Par ailleurs, ils affirment qu’ils étaient détenus dans le même endroit que le policier enlevé à Diré et le gendarme arrêté sur la route de Goundam. Les ex-otages assurent qu’ils sont sains et saufs.
Les otages libérés sont Ibrahim Ag Toutta, Salah  Majou, Hamada Ag Sidi, Moustapha Dicko, Mohamed Abbas Ag Fau, Djibril Mossa-Mossa, Agaly Yattara, Ousmane Hammadoun, Issa Alhousseyni dit  Harber, Hamèye Ibrahima Cissé.. Ils avaient été enlevés parce qu’ils détenaient sur eux la carte du mouvement Gandakoye.

M. SAYA
Amap-Tombouctou

source : L Essor

Pourquoi le Gatia ne doit pas lâcher Ménaka ?

Le mardi 19 mai, la Commission technique mixte de sécurité (CTMS), présidée par le commandant des forces de la Minusma et regroupant les représentants militaires de toutes les parties en conflit dans la crise malienne, devait se réunir à Gao pour parler de la situation sécuritaire et baliser le terrain pour l’accord de cessez-le-feu qui devrait être signé à la fin du mois à Alger par les rebelles. Mais à la vieille de cette réunion, le Gatia a informé le commandant de la Minusma qu’il ne participerait pas à cette rencontre, car il considère que la CTMS n’existe plus depuis la signature de l’accord par Bamako, le 15 mai selon nos confrères de jeune Afrique.

general elhadji gamou combattants groupes armés rebelle touareg azawad mnla gatia cma maa nord mali kidal gao tombouctou

En guise de rappel, la création de Gatia est une conséquence de la défaite de l’armée malienne lors de la troisième bataille de Kidal, le 21 mai 2014. Depuis sa création, ce  mouvement loyaliste opposé à l’indépendance ou à l’autonomie du nord du Mali, s’est imposé pour assurer une certaine quiétude chez la population du nord, victime d’attaques perpétrées par des groupes armés.

Gatia est un groupe d’auto-défense dont l’objectif principal est l’opposition à toute idée indépendantiste  ou d’autonomie du nord du Mali. Le jour de l’officialisation du mouvement, son secrétaire général, Fahad Ag Almahamoud déclarait : « Nous venons de créer le groupe d’auto-défense touareg Imghad et alliés (Gatia) pour défendre l’intérêt de notre communauté dans le nord du Mali, notamment contre le MNLA.

Nous sommes pour le processus de paix,  nous reconnaissons l’intégrité territoriale du Mali, et nous ne réclamons pas l’autonomie. Nous voulons travailler avec le gouvernement malien pour amener la stabilité du pays. » Malgré la signature de l’accord de paix, des sporadiques sont signalés  dans les régions du nord. Dans ces conditions, il serait très difficile, voire inconcevable de laisser les populations de Ménaka entre les griffes du MNLA et ses alliés qui jusqu’ici n’ont su semer que la terreur dans le zones sous leur contrôle.

A.SAGARA

source : Soloni

Nord du Mali : les trafics en tout genre au cœur de la crise

Malgré les efforts répétés de plusieurs Organisations Non Gouvernementales pour attirer l’attention sur le sujet, les questions du trafic de drogue, de la contrebande et de la guerre de contrôle des routes commerciales ne bénéficient pas d’une attention suffisante de la communauté internationale. Certains les placent au cœur de la déstabilisation du Nord du Mali.

mujao aqmi homme arme banditisme

Certains milieux médiatiques dans la capitale malienne estiment que ces questions sont la véritable raison des tergiversations de la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad) à signer l’accord de paix et de réconciliation. Elles expliqueraient également, en partie tout du moins, la multiplication des mouvements armés. Bien avant la chute la chute de l’ancien Guide libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi, le trafic de drogue était déjà très répandu dans le nord du Mali. Selon Wolfram Lacher de l’ONG Carnegie Endowment For International Peace, il y avait une étroite « relation entre l’Etat, les notables et les hommes d’affaires locaux dans le commerce de la drogue », ce qui donne une idée de l’ampleur qu’avait pris le trafic. A la chute de Kadhafi, les indépendantistes touaregs, réarmés grâce à l’arsenal militaire en vente libre en Libye ont déclenché leur rébellion en 2012 et ont été immédiatement « concurrencés » par les groupes terroristes islamistes comme le MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest) ou encore Ansar Eddine. La lutte pour le contrôle des trafics en tout genre s’est alors envenimée, aggravant ainsi la crise politique malienne.

C’est aujourd’hui une véritable économique qui s’est installée dans le nord du Mali qui est devenu une véritable passoire pour les armes libyennes de Mouammar Kadhafi. Y mettre un terme n’est pas aisé, ce qui explique l’insistance de la médiation internationale à avoir dans son camp la CMA.
Par Frédéric Powelton

Source: sahel-intelligence

 

Nord du Mali : Calme relatif après des semaines de violences dans plusieurs localités

Après un week-end agité, un calme relatif règne aujourd’hui dans le nord du Mali. Toutefois la situation reste globalement tendue. La réunion prévue ce lundi entre la médiation et la CMA à Alger, a été finalement reportée à ce mardi.

armee malienne patrouille kidalPas de combats, ni d’attaques signalés. En ce lundi matin, beaucoup de localités dans le septentrion connaissent une certaine accalmie. Toutefois, la situation reste toujours volatile dans cette partie du pays, en proie à la violence depuis plusieurs semaines.

Ce week-end, les localités de Tessit dans la région de Gao et Didy dans la région de Tombouctou ont été le théâtre de violents affrontements.
Cependant, aucun bilan officiel n’est pour le moment disponible.

Depuis la signature de l’accord de paix et de réconciliation sans certains groupes armés de la CMA, la situation s’est beaucoup détériorée sur le terrain. Des combats opposent régulièrement les forces armées du Mali, la plate forme ainsi que la Coordination.

Une rencontre entre la CMA et la médiation est prévue pour ce mardi dans la capitale algérienne. Initialement annoncée pour ce lundi, la réunion a été reportée à demain. « Toutes les délégations n’ont pas encore rallié la capitale algérienne », explique-t-on du côté de la CMA.

Selon Moussa Ag Attaher, porte parole de la CMA, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le gouvernement du Mali et les groupes rebelles à poursuivre les discussions.

Pour certains observateurs, la réunion d’Alger devrait permettre d’amorcer la mise en œuvre de l’accord. Ils estiment que le Gouvernement peut toujours écouter la CMA, puisque celle-ci a affiché sa volonté de rester dans le processus. En revanche, toute idée de renégociation doit être écartée.

Alexis Kalambry, directeur de publication du Journal «Les Echos »
« Officiellement la rencontre d’Alger est pour voir l’applicabilité de la mesure sur le terrain. Effectivement ça se justifie, car après avoir signé un accord, il faut qu’on se rencontre après pour voir concrètement comment la mise en œuvre va se faire. En tout état de cause, une guerre finit toujours autour d’une table. Quelles que soient les raisons, je pense que le Gouvernement doit les rencontrer, le Gouvernement doit leur parler à partir du moment on a décrété qu’ils sont éligibles au dialogue et à la négociation. Ils ont paraphé, ils n’ont pas encore signé, mais s’ils veulent parler on peut toujours parler avec eux en ayant comme ligne directrice le fait qu’il n’y a pas de renégociation et que l’accord signé à Bamako est le bréviaire pour tout le monde. On peut donc les rencontrer et discuter de tout le reste. Je pense qu’il ne faut pas faire de fixation par rapport à ça ».

Par Studio Tamani

Source: Studio Tamani

SITUATION SECURITAIRE DANS LE CERCLE DE GOUNDAM : L’heure est grave !

Dans le cercle de Goundam, des événements tragiques s’y déroulent et l’Association pour le développement du cercle de Goundam crie son ras-le-bol.

patrouille convoie escorte mnla cma rebelle touareg bandis arme combattants arabe nord mali kidalSous le feu et les obus des bandits armés avant la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, le cercle de Goundam continue à l’être toujours. Une situation chaotique qui ne peut pas laisser indifférente l’Association pour le développement du cercle de Goundam qui est remonté sur le créneau mardi après-midi pour décrier les nombreuses attaques meurtrières et injustifiées des groupes armés opérant dans le cercle.

A en croire l’Association, par la voix de son président, Mohamed Fall, les assauts lancés par les bandits armés dans le cercle sont tragiques. En témoignent l’enlèvement de deux voitures et de deux motos entre Goundam et Tonka le 24 avril dernier, le pillage d’une dizaine de boutiques du 26 au 27 avril 2015.

La série noire s’est poursuivie le 29 avril à Goundam avec l’assassinat crapuleux du chef de peloton, son adjoint et un enfant. Comme si cela ne suffisait pas, les groupes armés se sont attaqués pour la deuxième fois à Bintagoungou. Les 7 et 8 mai dernier, s’en est suivi le raid armé respectivement à Douékiré et Tintelout, avec pillages de boutiques et de vols de véhicules.

Selon les membres de l’Association pour le développement du cercle de Goundam, à ce jour, les villes aussi bien que les villages sont assiégés par des bandits armés. Pour éviter aux populations d’être les proies faciles des bandits armés, les ressortissants de Goundam à Bamako envisagent la mise en place des brigades d’autodéfense face à l’incurie des autorités à assumer leurs missions régaliennes.

Mohamed Daou

Le Nord du Mali en feu : A quand la fin du chaos ?

Qu’il s’agisse des habitants de Kidal ou de ceux des régions de Tombouctou et de Gao, c’est toute une communauté autochtone vieille des siècles, qui se retrouve prise en otage par un insoucieux conglomérat d’aventuriers, lui infligeant humiliations et terreur.

mnla rebelle touareg independanliste bandis armee combattant arabe nord mali azawad

Lorsqu’il était 30 février 2013, l’opération SERVAL avait chassé les terroristes jusqu’à leur dernier retranchement. A cette époque où les Maliens s’attendaient au redéploiement de leur armée, on leur fit savoir que cela était conditionné à un dialogue que leur gouvernement doit engager avec un petit groupe d’hommes armés. Une véritable période qui s’apparente à celle qu’Aqmi a fait vivre les nordistes pendant près d’un an. La différence : pas de Charia. Mais le système de la violence instauré reste le même.

Près de trois ans après, le nord du Mali tarde à rentrer sous le contrôle de la République qui n’est pas prête à l’abandonner.

Après Serval, c’est de la Mauritanie que la rébellion touareg armée reprend ses quartiers à Kidal. Ainsi, tout individu qui ose  ouvertement se réclamer de la République du Mali, y risque la mort. Les quelques hommes armés, pour la plupart anciens d’Ançar-Eddine d’Iyad et du Mujao, contrôlent la ville et font la loi sous la protection des forces françaises sur place.

Malgré l’accord de paix, issu de longs mois de négociations et signé le 15 mai dernier à Bamako, au nord du Mali, accroissent violences extrêmes, actes de vandalisme, de sabotage et cas d’assassinats.

Si vers Gao les transporteurs routiers sont habitués aux attaques et agressions physiques à longueur de journée, à quelques kilomètres de là, notamment à Menaka, la population se retrouve coupée du reste du monde.  Depuis une semaine, les réseaux téléphoniques sont interrompus. Il devient par conséquent très difficile, voire impossible de décrire la situation sur place. Reprise le mois dernier de manière « improvisée » par les groupes d’autodéfense, la ville de Menaka connait la convoitise des séparatistes qui se mordent les doigts pour y avoir été chassés sans ménagement.

Un peu plus vers l’Ouest, à Tombouctou, l’alerte est maximale. Plus personne n’est autorisée  à voyager. A part les quelques rares patrouilles de l’armée malienne et de casques bleus onusiens, les routes sont presque désertes, et les antennes de signal des réseaux mobiles ont été sabotées par les éléments de la CMA. Pareil pour les quelques rares bateaux amarrés, qui effectuaient les ravitaillements via le fleuve, en provenance du sud.

Profitant des disparités et du faible effectif des soldats maliens pour assurer la défense du territoire, la sécurité des populations et de leurs biens, les groupes armés s’adonnent au braquage des passants, au dépouillement de leurs biens. Pis, à moindre résistance, ils leur ôtent la vie.

« La situation devient de plus en plus intenable, témoigne un commerçant de céréales qui assurait la liaison sur l’axe Tombouctou-Goundam. Il ajoute, le nord du Mali est maintenant devenu un véritable no man’s land. On ne sait plus qui est qui et la jeunesse est laissée à elle-même. Les établissements scolaires sont déserts et les salles de classe n’ont plus que leur ossature: portes, fenêtres, et plaques de tôles servant de toit sont démontées et acheminées au nord de la région. Le chaos est général même quand Aqmi se fait rare. »

Sous l’effet d’une température atteignant souvent les 5o°C le jour, on aperçoit un peu partout des attroupements constant d’animaux affamés et assoiffés, passant nuit et jour au bord des puits à attendre un éventuel serviteur. Ici, les puits les moins profonds ne mesurent pas en dessous de 50 mètres.  Constat que les autochtones du nord du Mali, éloignés des quelques rares et chiches points d’eau (humains et animaux) vivent un calvaire auquel s’ajoute la terreur instaurée par les groupes armés.

Certes, plus de 60% de ses populations n’a pas accès à la radio et à la télévision, encore moins l’Internet. Et bien qu’ignorant tout du contenu d’un accord censé ramener la paix et la quiétude, on est conscient qu’il doit faire taire les armes. Mais malgré la signature de l’accord, les armes continuent de tonner et de tuer. La confusion est énorme.

Le constat est amer : Kidal reste totalement sous le contrôle des bandits armés. Gao est au moins la région la mieux contrôlée par l’armée régulière. Dans la même région, Tessit connait des violents combats entre armée régulière et bandits armés. Menaka est sous le contrôle du GATIA et dans le collimateur des séparatistes.

A l’ouest, Tombouctou connait aussi des turbulences. A Ber des affrontements meurtriers ont lieu ce samedi.

Interdites de voyager, les populations sont laissées à elles-mêmes. L’armée régulière qui mise sur l’application de l’accord signé pour se redéployer sur les environs, semble mal en point pendant qu’à Bamako le pouvoir est réduit à la multiplication des communiqués de condamnations. Or, si rien n’est fait, le nord du Mali où les forces onusiennes ne sont que pour mourir sans agir, ne sera habité que par son désert. Les réfugiés partis depuis 2012 ne sont encore pas de retour, et d’autres habitants des zones en conflit sont obligés de s’enfuir pour se sauver la peau.  Alors à quand la fin du chaos au nord du Mali?

NORD DU MALI : Une dizaine de détenus libérés par la CMA

Une dizaine de personnes enlevées par la CMA à Bintagoungou (région de Tombouctou), ont été libérées hier. L’information a été donnée par les groupes rebelles du nord et confirmée par la MINUSMA. Les otages avaient été enlevés lors de l’attaque lancée le mois dernier par la CMA contre cette localité.

L’opération s’est déroulée à Ber à 60 kilomètres de Tombouctou. Les détenus ont été remis à une délégation composée du maire de Goundam, d’un représentant de l’association Ginna Dogon et du vice président de l’AMDH. La libération s’est effectuée en présence également de la section droit de l’Homme de la MINUSMA.
Selon la CMA, « toutes les personnes libérées appartiennent à la milice Gandakoy et ont tous été pris sur le champ de bataille ».

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Au même moment le camp de la MINUSMA était l’objet de plusieurs tirs de roquette. Près d’une dizaine d’obus sont tombés sur le camp, mais sans faire de victimes. La mission onusienne a dans un communiqué condamné cette attaque qu’elle a qualifiée de terroriste. La MINUSMA a par ailleurs assuré que ces actes n’affecteront en rien sa détermination à poursuivre la mission que le conseil de sécurité lui a confiée.

Depuis plusieurs jours et malgré la signature de l’accord de paix et de réconciliation le 15 mai dernier, la situation reste tendue dans le nord du Mali. Des affrontements opposent l’armée malienne la CMA ainsi que la plate forme.

Une grande réception a été organisée ce samedi matin à Goundam pour accueillir les otages libérés hier. Selon les autorités locales de Goundam, les ex détenus sont tous en bonne santé et « ont affirmé n’avoir subi aucune exaction ».
Ibrahim Mahamane Wolof 2ème Adjoint au maire de Goundam, joint par Arkia Touré.

« Depuis jeudi matin on a été appelé par la minusma de Tombouctou pour nous dire qu’il y aura une cérémonie officielle de remise d’otages détenus à Ber à Goundam vendredi. C’est ce matin que la délégation et les otages sont venus à Goundam aujourd’hui. Il y a eu une grande réception et une forte mobilisation des gens pour participer à cette cérémonie. Il y a dix otages libérés. Il sont en pleine forme. Un représentant des otages a pris la parole pour dire qu’ils sont très bien portant et que pendant leur détention, ils n’ont subi aucune exaction. Donc ils se portent très bien actuellement. Pour nous, élus, c’est une immense joie, parce que ce sont des maliens qui ont été enlevé, et qui sont aujourd’hui en liberté. Et c’était pour dire que c’est un signe fort vers la réconciliation et vers la paix ».

Des affrontements ont opposé vendredi après midi, les forces armées du Mali et les groupes rebelles de la CMA à Tessit, localité située à 60 kilomètres d’Ansongo dans la région de Gao. Selon des sources locales, le village est actuellement sous le contrôle de l’armée malienne qui aurait perdu un homme dans les combats.

Source: Studio Tamani