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Cameroun: l’«opération épervier» contre la corruption s’intensifie

L’«opération épervier», qui lutte depuis douze ans contre les gestionnaires de fonds publics indélicats, a fait plusieurs victimes cette semaine. D’anciens ministres ou d’anciens directeurs de sociétés publiques. Il est reproché aux uns et autres, des détournements allant souvent jusqu’à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Les enquêtes se déroulent dans les locaux du tribunal criminel spécial où hier encore, Basile Atangana Kouna, ancien ministre de l’Eau et de l’Energie, a été longuement interrogé avant d’être placé en détention provisoire.

L’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie était principalement interrogé sur la gestion de la privatisation de l’ancienne Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC), du temps où il en était le directeur général. Ainsi s’est refermé une semaine folle en rebondissements, après sa spectaculaire cavale pendant des jours et son arrestation au Nigeria.

En prison, il a rejoint d’autres dignitaires du régime, dont le professeur Bruno Bekolo Ebe, ancien recteur de l’université de Douala, entre 2003 et 2012. Sa gestion aurait fait perdre à l’université sur la période 2007-2010 plus de deux milliards de francs CFA, selon les conclusions d’un rapport de contrôle budgétaire rendu public en 2014. C’est à la suite de ce rapport qu’il avait été limogé de son poste de recteur.

Il a été incarcéré mercredi dernier, tout comme, Jean William Sollo, ancien directeur général d’une société, la Camwater, en charge des ouvrages de la production d’eau dans l’ensemble du pays. C’est un rapport de l’Agence nationale d’investigations financières (ANIF) qui a révélé un déficit de 50 milliards de francs CFA dans sa gestion.

Des sources policières annoncent que des dizaines d’autres personnalités frappées d’interdiction de sortie du territoire devraient être inquiétées dans les prochains jours.

Un lien avec les élections à venir ?

Fred Eboko est politiste et directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement. Selon lui, les prochaines élections législatives et présidentielle sont sans doute l’une des raisons de ce grand ménage. « On peut décemment penser qu’il y a un lien qui s’inscrit dans une dynamique électorale, pour montrer aux partenaires internationaux, au peuple camerounais que M. Propre continue d’oeuvrer. Je vous rappelle que le jeune président Biya, quand il a pris le pouvoir en 1982, l’assainissement des pratiques était aussi au coeur de son pouvoir gouvernemental. On se demande comment quelqu’un qui était, sans aucune pression internationale, extrêmement sensible à la rigueur et à la moralisation, finit par être à la tête d’un système dont on dit qu’il est l’un des plus corrompus d’Afrique voire du monde. Je pense que ce qui s’est passé, c’est que les mécanismes qui ont été mis en place pour que le président Biya conserve son pouvoir et que la marge de manoeuvre que ces personnes avaient pour mettre en place les politiques publiques pour lesquelles ils ont été nommés, étaient un peu la récompense de leur soutien au chef de l’Etat. »

 

Source: RFI

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