Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne

Bourse de Paris : Au Sahel, la France entre engagement militaire et pression politique

ibk ibrahim boubacar keita idriss deby tchad chef etats afrique emmanuel macron president francais rencontre conference sommet g5 sahel

Parly achève au Mali une tournée-éclair au Sahel

* Un message politique pour les autorités maliennes

* La force G5 Sahel, un relais espéré pour Barkhane (Actualisé avec entretien de Florence Parly avec le président malien)

par Sophie Louet

La France plaide pour une relance du processus de paix au Mali, où les violences djihadistes s’intensifient, avec la volonté de relâcher la pression pesant sur l’opération militaire Barkhane.

Déterminée à rompre avec sa surexposition militaire au Sahel, Paris s’active sur deux fronts avec l’objectif d’un désengagement à long terme des 4.000 hommes de Barkhane : le front sécuritaire avec la mise sur les rails de la force du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger, Tchad) et le versant politique avec l’application des accords de paix et de réconciliation d’Alger de 2015 au Mali.

Au dernier jour d’une tournée-éclair dans la bande sahélo-saharienne, la ministre française des Armées s’est rendue mardi sur la base de Barkhane à Gao, dans le nord du Mali, pour réaffirmer que la lutte anti-terroriste serait encore “longue et difficile” mais que Barkhane pourrait compter sur l’appui opérationnel de la force du G5 Sahel, notamment dans les zones transfrontalières où opèrent les groupes armés terroristes.

“Dès le moment où la force conjointe sera rentrée dans la danse, les groupes armés ne pourront plus compter sur ces zones de friction”, souligne un responsable militaire français.

Les accrochages entre groupes armés, pour certains signataires des accords de 2015, se multiplient dans le Nord malien et gagnent l’ouest du Niger et le nord du Burkina Faso.

Comme lundi à Niamey auprès des autorités nigériennes, Florence Parly et la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, ont voulu s’assurer mardi auprès des Maliens de la bonne mise en œuvre du projet officiellement lancé le 2 juillet à Bamako par Emmanuel Macron aux côtés des dirigeants du G5.

“LA SOLUTION N’EST PAS SÉCURITAIRE”

Les deux ministres se sont entretenues à Bamako avec leur homologue malien Tiéna Coulibaly et séparément avec le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

Florence Parly a également rencontré le commandant de la force G5, le général malien Didier Dacko.

“Nous avons pu vérifier que les discours ont été bien suivis par les faits et les actes”, a déclaré Florence Parly à l’issue de son entretien avec le président malien.

La force du G5 Sahel, dont le coût est évalué à 423 millions d’euros, comptera à terme 5.000 hommes.

Les premières opérations devraient être lancées en octobre, a déclaré à Reuters le général Dakho.

La coalition armée, dont les pays participants pourront exercer un droit de suite de 50 kilomètres au-delà de leurs frontières, sera pleinement opérationnelle en mars-avril 2018, précise un haut responsable militaire français.

“C’était encore inconcevable il y a peu, les Européens sont loin d’un tel accomplissement ! Il faut susciter le plus possible de contributions, si le soufflé retombe en octobre, l’élan sera brisé”, estime-t-il.

“L’accompagnement financier est en retrait par rapport au calendrier opérationnel”, relève le général Dakho.

Une conférence des donateurs – l’Allemagne préfère parler de conférence de coordination des moyens – sera organisée en septembre à Berlin, a annoncé lundi Florence Parly.

“Ce mécanisme d’intervention militaire ne pourra être un succès si le processus politique ne suit pas au Mali”, souligne-t-on de source diplomatique française. “On a le sentiment que le président malien n’est pas prioritairement mobilisé sur ces sujets”, ajoute-t-on.

“La solution n’est pas sécuritaire. Sans règlement politique, Barkhane n’aura servi à rien”, met en garde un responsable militaire français.

Florence Parly a fait état d’un échange “extrêmement constructif” avec Ibrahim Boubacar Keïta, qui s’efforce de relancer le processus de révision de la Constitution de 1992 afin d’honorer certains des engagements de l’accord de paix de 2015 entre le gouvernement et l’ex-rébellion touarègue du Nord.

Une partie de la presse malienne accuse la France d’entraver le processus de paix par partialité envers la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans le conflit l’opposant au Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), dans la région de Kidal notamment.

Florence Parly a dénoncé mardi à Bamako des “accusations extrêmement malvenues” et des “assertions malveillantes”.

(Edité par Yves Clarisse)

 

Source: zonebourse

Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct