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Basculement du Trafic routier Dakar-Bamako: le pont de Kayes interdit aux plus de 40 tonnes

Le pont de Kayes est, depuis hier dimanche, interdit aux camions de plus de 40 tonnes. Il en a été décidé ainsi par le département et le message a été porté par une mission d’information et de sensibilisation du ministère de l’Équipement, des transports et du désenclavement, dans la région, du 27 au 30 avril 2016, des acteurs et usagers sur le basculement du trafic du corridor Nord (Dakar-Diboli- Kayes-Bamako) sur le corridor Sud (Dakar-Mahina-Mine-Kénièba-Kita-Bamako), en partenariat avec d’autres structures, concernées par les questions d’économie et de sécurité. La mission s’effectuait dans le cadre de la facilitation du trafic routier, consécutive à l’état de plus en plus défectueux de ce pont.

pont kayes camions transporteurs

Il s’agissait pour la délégation, au cours de cette mission, d’expliquer aux agents de sécurité et de contrôle routiers (policiers, gendarmes, Eaux et forêts, de péage pesage), aux différents postes de contrôle, de sécurité et de péage/pesage, le pourquoi du basculement (l’état très critique du pont de Kayes qui peut céder à tout moment) et des dispositions à prendre pour la réussite de cette mesure qui est provisoire.

Le filtrage
Conduite par le chargé de mission, Zhao Ahmed Amadou BAMABA, la forte délégation comprenait le directeur national des Transports terrestres, maritimes et fluviaux, Malick KASSE, la délégation était composée, entre autres, du chef de la Division organisation du trafic à la direction nationale des Transports, Abdoul Karim MOUSSA ; le chef de Division Banque des données routières aux services des données routières, Sékou SIGUIPILY ; le chef de Section à la Direction générale des douanes, Seydou N’DAOU ; le chef Peloton motos à la direction générale de la gendarmerie, le Commandant Adama BAGAYOKO ; le chef de Section à la Direction générale de la police, Garand DIAKITE ; le représentant de l’ANASER, le Commissaire principal de police MONKORO ; le chargé de péage à l’Autorité routière, Sala BOCOUM ; le représentant du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Modibo DOUMBIA.
A Kayes, le directeur régional des routes, Djibril BARRY, et les responsables du CMC et du CMTR, respectivement Boubacar NIANG et Amadou MAIGA dit Beydi, ont accompagné la délégation à Diboli, Mahina-Mine et Kénièba.
Le jeudi, la délégation a rencontré, au gouvernorat, le gouverneur de Kayes, Baba Hamane MAIGA, et les acteurs routiers de la région.
Après le mot introductif du chef de mission, le directeur national des Transports, M. KASSE a fait part de la fermeture du pont de Kayes, à partir d’hier dimanche, à tous les camions de plus de 40 tonnes devant passer par ce pont. Ainsi, pour des raisons de sécurité et de protection de l’ouvrage, il a été décidé que tous ces gros porteurs basculent, depuis le Sénégal sur le Corridor sud, a-t-il indiqué.
Pour ce faire, M KASSE a rappelé les mesures alternatives envisagées pour que l’impact de la fermeture du pont soit le moins perçu possible par les usagers, sachant bien que 65 % du trafic routier du Mali passe par ce pont ; et assurer l’approvisionnement régulier du pays à l’approche du mois de Ramadan et de l’hivernage.
Comme, mesures alternatives entre autres, a révélé M.KASSE, il y a le renforcement du pont de Kayes, dont le dossier d’appel d’offres est au niveau des Marchés publics ; la construction du 2e pont moderne de Kayes, dont le financement est cherché par notre gouvernement, à travers un emprunt obligataire ; l’arrivée d’un 2e bac devant venir incessamment de Bafoubé.
Comme il fallait s’y attendre, les réactions des transporteurs, des chargeurs et même de l’administration n’ont pas tardé.

Les argumentaires des acteurs routiers
Pour les acteurs routiers (transporteurs, chargeurs et transitaires), le Corridor sud n’est pas praticable, en raison de nombre élevé de côtes et de ralentisseurs (« gendarme couché ») à surmonter.
Aussi, ont-ils fait cas de nombreuses tracasseries et des perceptions sur le réseau routier.
« Entre Dakar-Kayes, il faut remettre 150 000 FCFA au chauffeur qui doit payer 1 000 FCFA par poste. Et s’il doit venir jusqu’à Bamako, c’est 200 000 FCFA. Si tu ne payes pas, tu ne passes pas », a déclaré publiquement le président du CMTR de Kayes, Amadou MAIGA dit Beydi. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, les transporteurs sont obligés de prendre beaucoup de marchandise à la fois pour s’en sortir. En guise de solution, il a préconisé la diminution des postes de contrôle.
Quant à Boubacar NIANG, il a expliqué la difficulté du basculement au corridor sud par la vétusté de leurs camions qui ne sont pas aptes à surmonter les grandes côtes.
Selon M.NIANG, le corridor nord a une seule grande pente (côte) à surmonter, alors que le Corridor sud en a 3 voire 4 grandes.
Le gouverneur de Kayes, lui, estime que le curseur est du côté des autorités sénégalaises. Il se demande si le Sénégal est prêt pour le basculement.
Toutefois, en sa qualité de représentant de l’État, son rôle est d’appliquer toute décision nationale, même s’il a des conseils à donner. En tout cas, il a rassuré de l’application de la mesure à compter de ce dimanche, 1er mai 2016.
Le directeur régional des Douanes de Kayes, Amadou KONATE, pour sa part, a souligné la nécessité de l’aménagement de l’aire de stationnement des gros porteurs à Kayes ; l’installation d’un scanneur (outil de sûreté) au poste de Mahina-Mine ; le renforcement en personnel et l’équipement d’un groupe électrogène. Pour M KONATE, l’engagement des douanes pour le basculement ne fera pas défaut. Car le Mali fait partie d’une organisation, dont il est tenu de respecter les engagements.

Le point de discorde
Le jeudi, à Diboli (frontière Mali-Sénégal par le corridor nord), la délégation a été accueillie par le chef de bureau des Douanes, Oumar KASSAMBARA dit Barou et tout son personnel. Après les salutations d’usage et les propos liminaires de la délégation, M KASSAMBARA a posé une question relative au poids autorisé, c’est-à-dire les 40 tonnes.
Pour les missionnaires, les 40 tonnes comprennent et le poids du véhicule et celui des marchandises. La réplique des opérateurs économiques ne s’est fait pas attendre, car pour eux, il s’agit uniquement de 40 tonnes de marchandises. Ainsi, si le poids du véhicule est inclus dans les 40 tonnes, ils ne pourront que transporter que 20 à 25 tonnes ; ce qui n’arrange personne du tout et pourra engendrer une hausse des charges, donc des marchandises aux populations, car le poids vide de certains camions peut aller de 10 à 15 tonnes. Au regard de sa pertinence, la mission a promis d’examiner la question pour toutes fins fins utiles.
Toujours, à Diboli, le secrétaire général des transitaires, Adama COULIBALY, s’inquiète du sort des 110 bureaux de transit comptant en moyenne 6 agents.
En réponse, le représentant du CMTR national, Modibo DOUMBIA, soutient qu’il ne s’agit plus de dire que nous sommes « Pour ou Contre », mais c’est une décision inévitable à laquelle il faut trouver ensemble des solutions le plus rapidement possible. Il revient aux principaux acteurs concernés de trouver progressivement ensemble les solutions aux difficultés rencontrées.

Le corridor Sud, la seule alternative
Après le corridor Nord, la délégation a mis, le vendredi dernier, le cap sur le corridor Sud, qui s’apprête à recevoir les plus de 40 tonnes en destination de Bamako et ailleurs.
La répétition étant pédagogique, au bureau de Douanes de Mahina-Mine, dirigé par Mamadou K TRAORE, il a été également question des raisons fondamentales du basculement.
Le directeur régional des Routes, Djibril BARRY, a expliqué techniquement que la levée topographique faite tout récemment a révélé que la 1re travée (en allant vers Kayes Ndi) occasionne de très fortes vibrations sur le pont.
« La structure métallique ne prévient pas. Lorsqu’elle a atteint un seuil de fatigue, elle peut céder à tout moment », a prévenu M BARRY.
Ensuite, la délégation a rencontré le préfet de Kénièba, à qui elle a expliqué les raisons de la mesure avant de solliciter son implication pour la réussite de l’opération.
Sur le chemin de retour, le samedi, par le corridor Sud (Kénièba-Kita-Kati), la délégation a échangé et sensibilisé les agents de contrôle et de sécurité au niveau des postes, principaux acteurs de la facilitation du trafic routier ; ainsi que certains chefs de village qui érigent des ralentisseurs hors normes aux entrées et sorties de leurs villages.
Lors de cette mission, la délégation a visité le site du nouveau poste de contrôle de Kati, sis à Sonityégni, à 40 km de l’actuel poste.
Elle a également visité le chantier du poste juxtaposé à la frontière Mali-Sénégal, situé à Moussala, entièrement sur le territoire sénégalais.
Enfin, il convient de souligner que les tracasseries routières, les perceptions illicites, ainsi que la lenteur dans les procédures de traitement des documents de transports et de marchandises continuent sur les deux corridors. Ce sont des pratiques à bannir à jamais, car elles ternissent non seulement l’image de notre pays, mais elles contribuent également à rallonger le délai d’acheminement des produits ; ce qui a pour conséquences : nuire à la compétitivité des entreprises industrielles et commerciales et augmenter les prix des divers produits.
Ainsi, depuis hier dimanche, la fermeture du pont de Kayes et le basculement du corridor Nord sur le corridor Sud sont effectifs.
Même si le corridor Sud fait gagner environ 200 km aux transporteurs, pour la réussite des deux opérations, le directeur national des Transports, M KASSE, envisage la mise en place d’une commission de suivi de ces mesures. Cette commission aura à veiller sur l’application des mesures et trouver progressivement des solutions pratiques aux problèmes rencontrés.

Par Sékou CAMARA, envoyé spécial

Source: info-matin

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