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Avec une victoire de Macron, les journaux du monde titreraient “France is back”

Quand Mélenchon casse la porte de la France, quand Fillon la ferme, quand Madame Le Pen la mûre, Emmanuel l’ouvre.

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hronique d’une victoire annoncée d’Emmanuel Macron – Episode 8

Une semaine. Quelques jours seulement et les Français seront appelés à exprimer leur vote pour le premier tour de la Présidentielle 2017. Pourtant, je n’ai de cesse de chasser les indécis que les derniers sondages évaluent à un tiers de citoyens inscrits sur les listes électorales.

Dans ce bal de prétendants, l’électeur est troublé. Chez les soutiens “naturels” de Fillon un peu moins. Les hommes politiques comme le sympathique Jean-Louis Debré, ou l’ancien ministre chiraquien Thierry Breton ont ainsi rallié Macron, et pourraient indiquer le chemin aux indécis de droite.

Pour les indécis à tropisme Mélenchon, l’affaire est moins évidente. Ils sont d’autant plus troublés qu’il a bien joué, lors du débat à 11 notamment, le rôle de l’acteur qui a de la bouteille. On ne peut pas lui reprocher de faire le spectacle. On est quand même un pays dans lequel le beau langage compte. Mais peut-on vraiment s’en contenter quand on sait qu’il n’aspire pas à être Président?

Quoiqu’il en soit, il faudra sans doute féliciter Clémentine Autain qui, en avouant sa méconnaissance du point n°62 du programme du candidat, a finalement mis en lumière une mesure qui devrait faire réfléchir l’électeur sur un avenir mélenchoniste. Car il propose “d’instaurer une politique de codéveloppement avec l’Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l’Alba (Alliance bolivarienne pour les Amériques)”. Alliance qui compte parmi ses membres Cuba ou le Venezuela, et parmi ses pays observateurs l’Iran ou la Syrie. Je ne suis pas sûr que l’idée de s’allier à des pays traversés par des événements de guerre civile soit un signal rassurant aux yeux du peuple.

Quant aux indécis tendance Hamon, je fais le pari qu’ils n’iront finalement pas vers lui et que le candidat du PS obtiendra un score inférieur à 5%. Ce qui démontrerait et acterait la faillite du parti.

S’ils regardent du côté de Madame Le Pen, les hésitants ne l’ont pas vu dans sa meilleure forme ces deux dernières semaines. Elle donne pour la première fois le sentiment d’être dans la répétition. Surtout, sa tentative de rattrapage sur l’absence de responsabilité de l’Etat français dans la rafle du Vel d’Hiv, consistant à rappeler que De Gaulle et l’Etat donc étaient à Londres depuis le 18 juin 1940, n’a trompé personne. Elle se retrouve au contraire diabolisée, à nouveau, involontairement presque !

Enfin, les autres candidats obtiendront certainement quelques voix ça et là. Les deux Trotskistes notamment, et Poutou en particulier dont la formule, “il n’y a pas d’immunité ouvrière”, restera comme la formule de la campagne. Dupont-Aignan, lui, n’aura pas la force de mordre suffisamment les mollets de Fillon. Asselineau, personnage extrêmement sérieux, compétent et apparemment grand juriste, devrait ramasser un petit quelque chose. Cheminade laissera peu de traces de son passage. Et Lassalle, enfin, n’a aucune chance de faire la différence, même si pour ce personnage à l’authenticité bougonne, ce berger poète, j’aurais un plaisir fou à voter lors d’une élection locale.

L’homme qui ouvre la porte

Dans ce bal tour à tour troublant, comique ou courtisan, j’engage les indécis à regarder plus loin. Jamais le médiatique ne nous le permet. La télé nous fascine mais nous assoit, nous immobilise. C’est un instrument qui interdit presque le rêve. Or la seule façon pour l’indécis de faire son choix est de se projeter.

Il faut se projeter dans l’après. Il faut imaginer l’investiture. Il faut imaginer l’entrée à l’Elysée. Il faut imaginer la poignée de main avec Hollande. Il faut imaginer ce que provoquera l’élection à l’échelle nationale comme internationale. Il faudra imaginer la France dans cinq ou dix ans.

Or avec Macron, on peut imaginer un grand moment de fête qui verra peu à peu la parole se libérer. On fêtera la victoire au Champs de Mars. Lieu où se déroula la fête de la Fédération, le plus grand événement fondateur de la République, en 1790. Terrain où s’organisa aussi le Banquet des maires, celui des 36 000 communes, en 1900. Et terre d’accueil de la Tour Eiffel. J’imagine alors les gros titres des journaux le lendemain: France is back !

Cette fête rassembleuse sera aussi l’occasion de lancer la campagne des législatives. Une élection pour laquelle Emmanuel Macron a déjà présenté les premiers candidats d’En Marche. Ils étaient 14 sur le plateau de France 2 le 6 avril, 14 individus comme vous et moi, ayant un métier et incarnant les missions essentielles de service public: l’hôpital, la justice, l’école ou la police. Imaginons alors un Parlement ouvert, réellement représentatif.

Pensez ensuite à la posture présidentielle de Macron, à sa manière d’incarner la fonction. Si j’avais un doute sur l’autorité de Macron (j’en parlais dès la première chronique), je n’en ai plus du tout. Cette assurance n’est même pas liée à ce qu’on découvre de son tempérament. Je vous invite plutôt à apprécier le déroulé logique de ses interventions politiques, les choix de l’heure, qui de façon structurelle presque, fabriquent de l’autorité. Il a une conception du Président qui préside, du Gouvernement qui gouverne, d’un Parlement qui passerait au moins autant de temps à évaluer qu’à légiférer. Et je comprends mieux cette phrase très calme qu’il avait prononcée en réponse à une question sur ses capacités à faire face à Trump et à Poutine : « j’aurais la légitimité du peuple français » avait-il dit. Il avait tout dit. Se comporter comme un coq ne sert à rien. Par sa rareté et sa précision, il donne à sa parole une efficacité incontestable.

De Gaulle disait de la politique que c’était l’art des circonstances. Emmanuel avec En Marche sont advenus dans un vide. Puis ils ont tout construit à l’intérieur de ce vide.

Pour se projeter, évaluez sa détermination à ouvrir des fenêtres de possibles. Quand Mélenchon casse la porte de la France, quand Fillon la ferme, quand Madame Le Pen la mûre, Emmanuel l’ouvre. Il ne s’appuie ni sur le ressentiment, ni sur la faiblesse, ni sur la peur. Il cherche à produire pour chaque citoyen les conditions protectrices de son épanouissement.

Il faut ainsi imaginer dans dix ans une France qui désire, bâtie sur une adaptation aux conditions de la mondialisation du programme de la Résistance. Programme qui structurait l’accès aux soins, au travail et à l’école pour tous. Il faut imaginer la mutation du pays. Mutation qui aboutira à une société beaucoup plus libre et moins corporatiste, un nouveau régime qui permettra de sortir de toutes les scories de l’ancien régime. Une France qui sourira.

Source: huffingtonpost

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