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Autorités intérimaires : Tombouctou et Taoudéni pris en otage par le CJA

On pensait les obstacles définitivement levés, mais les autoritaires intérimaires continuent de faire des vagues et de se heurter à la résistance de la population et des groupes armés dans la région de Tombouctou, ainsi qu’aux divergences communautaires dans celle de Taoudéni.

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Au moment où nous mettions sous presse, des tirs nourris retentissaient violemment dans la Cité mystérieuse où des manifestants avaient occupé les locaux de l’Assemblée Régionale toute la journée, avant de concéder à libérer les lieux. Les coups de feu, expliquent des témoins, provenaient du centre-ville dans les environs du marché ainsi que de la route liant Tombouctou à Goundam. C’est cette localité voisine, en effet, qui fournit l’essentiel des combattants et animateurs politiques du mouvement CJA, une dissidence de la CMA engagée depuis fin Octobre dans un combat pour la prise en compte des intérêts de ses composantes, dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Il faut comprendre par –là une part acceptable du gâteau dans la répartition des responsabilités des autorités intérimaires, une question à l’origine de profonds mécontentements et d’un lever de bouclier spectaculaire à Tombouctou et Taoudéni. En cause, la désignation de Boubacar Ould Hammadi à la tête du Conseil intérimaire de la 6è région, puis de Hammoudi Sidi Ahmed AGAGA pour celui de Taoudéni. Le premier est contesté à Tombouctou pour être le natif de Taoudéni qu’on veut imposer au détriment d’un autochtone et non moins président sortant du Conseil régional, tandis que le second n’arrive pas à se faire accepter par le duo DINA-TAHAR, respectivement originaires de Ber et Salam, deux circonscriptions du ressort de la nouvelle région de Taoudéni.
Aux dernières nouvelles, les coups de feu se sont finalement estompés dans la ville mystérieuse où le domicile du gouverneur de Taoudéni se trouve sous bonne garde des forces de sécurité. Les détonations n’ont pas forcément laissé la place au dialogue car on a apprend au même moment que la quasi totalité des check-point tout autour de la ville ont été récupérés par les mouvements armés au détriment des Famas
Engagées en milieu de semaine pendant que Tombouctou était quadrillée par la branche armée du Congrès pour la Justice dans l’Azawad (CJA), les négociations de dénouement se poursuivent néanmoins dans cette atmosphère électrique avec le dessein d’en finir avec l’installation des autorités intérimaires de Taoudéni et Tombouctou aujourd’hui même.
Leur avènement dans une ambiance de contestations populaires ne présage d’aucun lendemain pour les objectifs de réconciliation et de reconstruction préconisés, a prévenu un notable politique de la vile, tandis que le CJA, de son côté, a juré de n’accepter aucun schéma qui ne tienne compte des équilibres communautaires. L’ambiance de surchauffe, de bonne source, a même incité la Minusma à la prudence. Sauf les agents assistants de sécurité, il a été demandé à tout le staff local de rester à domicile.
Tout était pourtant bien parti, la semaine dernière, avec le déclic de Kidal où les intransigeances les moins surmontables étaient pressenties. Mais les  mouvements séparatistes de l’Adrar, après une ultime rencontre avec le chef de l’Etat à Koulouba, ont fini par s’accommoder d’un arrangement de cohabitation entre le nouveau gouverneur Imghad et le président du Conseil régional Ifoghas, Hassan Fagaga. Le colonel déserteur a été ainsi installé dans ses nouvelles fonctions, mardi, quoique dans une ambiance où les symboles de la République le disputent à ceux de l’Azawad. Après la levée des barrières rocailleuses de l’Adrar, les autorités ont enchainé par Ménaka en respectant le calendrier sans encombre, à la différence de Gao où le processus aura longtemps été l’otage d’une occupation du siège de l’Assemblée régionale avant de se conclure sur un aboutissement au forceps et  l’installation de Djibril Samaké  à la tête de l’équipe.
Un exploit, était-on tenté de dire, sauf qu’à Gao comme à Kidal, ses saveurs cachent mal les arrière-goûts de rejet intercommunautaires et d’affirmation identitaire pour une étape d’application de l’Accord qui n’est certainement pas une fin en soi. Et pour  cause, faute d’ouvrir la voie à d’autres épisodes tout aussi cruciaux que sont l’effectivité des démobilisations et du désarmement des combattants, un dosage des réintégrations qui ne déclenchent pas de frustrations et de contestations dans les rangs de communautés sédentaires profondément hostiles à l’avènement de toute autorité intérimaire. Il aura donc suffi de peu pour que la résistance de Tombouctou  et Taoudéni fasse tâche par effet d’entraînement.
La Rédaction

Source: Le Témoin

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