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Au Mali, pas de statut juridique et politique pour l’Azawad

Au Mali, la conférence d’entente nationale s’est achevée le 2 avril à Bamako, après une semaine de débats intenses, sur un échec pour la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

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Dans le rapport final présenté aux participants, il est indiqué que ce vaste territoire du nord du pays, riche en ressources minières et énergétiques, dont plusieurs groupes réclament l’indépendance, ne peut faire l’objet d’aucune revendication.

Vaste de plus de 800 000 km2, le territoire de l’Azawad couvre les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, au nord du Mali, dans la partie sahélo-saharienne du pays. Son autonomie est actuellement revendiquée par le Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA) et une faction du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), les trois groupes qui forment la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

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La conférence d’entente nationale, qui s’est tenue jusqu’au 2 avril à Bamako, avait pour but d’asseoir autour de la table des discussions les différentes composantes de la société malienne, en vue de résoudre la question de l’unité nationale mise en mal par les rébellions armées de 2012.
Après des débuts difficiles, elle s’est finalement achevée en présence de toutes les parties. La Coordination des Mouvements de l’Azawad et l’opposition politique avaient en effet d’abord refusé de prendre part au débat avant de revenir sur leur décision.

Achoppement

Si la conférence d’entente nationale a reconnu l’existence du mot « Azawad » qui renvoie à « des réalités culturelles, historiques et géographiques », le rapport final indique cependant que le territoire « ne peut faire l’objet d’aucune revendication. »

Un échec pour la Coordination des Mouvements de l’Azawad. L’organisation souhaite une reconnaissance juridique et politique du Nord. « Nous avons signé un accord à Alger en 2015 [qui garantit l’intégrité territoriale du Mali]. Nous aurions souhaité qu’à l’issue de la conférence, il y ait un consensus. Que l’on donne une définition à l’Azawad. Mais nous avons constaté que la stratégie du gouvernement a consisté à noyer cette question cruciale avec les autres points », déplore Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA.

« Dialogue inclusif »

Le gouvernement malien, soutenu par la Plateforme, un autre mouvement armé du nord proche de Bamako, est opposé à toute reconnaissance d’un statut de l’Azawad.

« L’Azawad est le projet politique d’une minorité et on ne peut pas accéder à cette requête », selon Fahad Ag Almahamoud, un des leaders de la Plateforme. Pour lui, « même s’il n’y a pas eu d’entente, le plus important, c’est que les gens se sont parlé. Le président a pris l’engagement de mettre en place un comité d’experts en vue de poursuivre la réflexion. »

Du côté de l’opposition politique, Ali Nouhoun Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale, a estimé que les Maliens ne trouveront une solution que dans le franc-parler.

Rodrigue Arnaud Tagnan
Source: la-croix
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