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Armureries : Un business licite face au trafic

Le business licite des armes nourrit son homme au Mali, à condition de ne pas être trop gourmand, selon l’un des deux seuls armuriers habilités dans notre pays, d’autant qu’il est  actuellement confronté à de nombreuses restrictions.

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Avec un prix moyen de 250 000 francs CFA pour les fusils de chasse, qui restent les armes les plus demandées parmi celles autorisées à la vente au Mali, « nos produits ne s’achètent pas comme des petits pains », reconnaît Bakary Diawara, l’un des deux armuriers autorisés. Les prix, qui varient en fonction du calibre et de la marque, sont aussi tributaires du coût du dollar. Et actuellement le dollar est au plus haut, ce qui justifie des prix un peu élevés, selon notre interlocuteur.

Au Mali, seul un nombre limité de personnes se procurent des armes en raison de leur activité, selon l’armurier. Il s’agit soit de chasseurs, soit de propriétaires fonciers, pour protéger leurs biens, ou de certains particuliers. C’est pourquoi les armes les plus vendues sont plutôt des armes de chasse, comme les fusils ou les carabines. Les armes de poing, comme les revolvers ou les pistolets, viennent en seconde position. Bakary Diawara, surnommé Yankee en raison de son activité, affirme être dans ce métier depuis son adolescence, lorsqu’il travaillait pour un patron européen dans ce domaine, bien avant l’indépendance du Mali en 1960.

La crise sécuritaire que traverse le Mali depuis plusieurs années a justifié une augmentation du budget national alloué à la Défense. Ainsi, pour l’année 2016, on est passé à 211,45 milliards de francs CFA, soit une augmentation de 16% par rapport à 2015, selon le rapport annuel 2016 du SIPRI (Centre international suédois pour la recherche sur la paix). Ce budget  comprend les armements mais aussi les autres secteurs de la défense et de la sécurité.

Mais la crise et l’insécurité actuelle ont aussi influencé de façon négative la vente d’armes, selon M. Diawara, car il existe maintenant beaucoup de restrictions sur l’importation des armes et des munitions, surtout à partir de l’Europe, précise-t-il. « Il fut un moment où on vendait beaucoup plus que maintenant », confie-t-il. Pourtant les saisies d’armes et les violences perpétrées à l’aide d’armes à feu prouvent que le trafic illicite florissant dans le domaine est aussi une réalité au Mali. Un phénomène qui inquiète autorités et populations depuis plusieurs années et pour lequel des acteurs comme Oxfam et Amnesty International ont plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme depuis 2015.

 

 

Source: journaldumali

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