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Après plus de deux ans d’existence, où en est l’opération Barkhane ?

Le chef de l’Etat sera auprès des soldats de l’opération Barkhane ce vendredi, à Gao au Mali. Les organisations humanitaires appellent le président Macron à réorienter la stratégie de l’intervention française dans le pays.

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Emmanuel Macron rend visite ce vendredi aux soldats de l’opération Barkhane, sur la base de Gao au Mali. 4 000 hommes sont déployés dans le cadre de cette opération, lancée en août 2014 à la suite de Serval et étendue à 5 pays d’Afrique (Mali, Burkina-Faso, Mauritanie, Niger et Tchad). C’est le plus gros déploiement de troupes françaises à l’étranger et des dizaines d’opérations ont été menées. Il est appuyé par les forces de la MINUSMA, une mission de maintien de la paix des Nations unies composée de 12 000 hommes. Mais selon une ONG, l’insécurité est toujours très forte au Mali.

250 «terroristes neutralisés» selon la Défense

Sur les 4 000 hommes déployés dans le cadre de l’opération Barkhane, 1 600 sont installés sur la base de Gao. Ils partagent leurs opérations avec l’armée malienne. En juin 2015, un accord de paix visait à instaurer une paix durable dans le nord du pays, tombé entre les mains des djihadistes en mars 2012.

Mais les velléités ne sont pas complètement retombées dans la région. Selon le ministère de la Défense, 270 opérations ont été menées depuis le lancement de Barkhane, 250 terroristes ont été arrêtés ou tués et 17 tonnes d’armes ont été saisies ou détruites. Depuis janvier 2013, et le lancement de l’opération Serval, 19 militaires ont par ailleurs été tués au Mali. Le dernier a trouvé la mort en avril après un «accrochage avec des terroristes»

«Un niveau d’insécurité sans précédent»

Cet accord de paix n’a pas réglé la question de l’insécurité, dénonçait en avril la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme). «La recrudescence de l’insécurité y entraîne un désengagement de l’Etat, des violences intercommunautaires et des exactions de l’armée malienne et des groupes armés, fournissant le terreau idéal à l’extension des groupes terroristes», écrivait l’organisation.

Selon la FIDH, «le niveau d’insécurité est sans précédent» avec notamment une «multiplication d’actes terroristes de plus en plus sophistiqués et dévastateurs au nord et au centre du pays». En janvier dernier, 60 personnes sont mortes dans une attaque revendiquée par Aqmi (Al Qaeda au Maghreb islamique) à Gao.
117 personnes sont mortes en 2016 et 2017 dans des affrontements intercommunautaires, déplore la FIDH. La fédération comptabilise 385 attaques et 332 morts dont 207 civils, en 2016 dans le nord et le centre du Mali. «A cela, s’ajoutent les actes de torture, des enlèvements, des détentions arbitraires et des extorsions de tous types, soit au moins 621 cas répertoriés, dont 67 mineurs concernés», poursuit l’ONG.

Au premier trimestre 2017, 45 attaques terroristes ont été recensées. «151 personnes au minimum ont perdu la vie depuis ce début d’année dans des attaques terroristes, des assassinats ciblés ou encore des violences intercommunautaires», poursuit la FIDH.

Selon l’ONG, il faut renforcer «le soutien aux autorités nationales dans la protection des civils». Emmanuel Macron de son côté, entend poursuivre l’action militaire tout en engageant une stratégie d’aide au développement. Ce vendredi, il est accompagné par Rémy Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD).
leparisien.fr

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