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APRES LE REPORT DU REFERENDUM CONSTITUTIONNEL : A l’heure des faux-fuyants!

Les tensions liées au projet de reforme constitutionnelle nous ont encore prouvé que le changement de méthodes tant espéré n’est pas prêt de se réaliser, les premiers responsables de la nation montant un nombre d’habiles subterfuges.

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Les conséquences de la crise multidimensionnelle que notre pays a connue en 2012 continuent toujours de frapper la nation de plein fouet. Chaque jour nous réserve son lot de désolation face à une situation qui devient de plus en plus insupportable. Peu inspirées dans la gestion des dossiers majeurs du Mali, les autorités actuelles pédalent inlassablement dans la semoule. Non seulement ne parviennent-elles pas à trouver les mots justes pour rassurer nos compatriotes, mais aussi elles ne posent pas suffisamment d’actes concrets visant à donner un sens à l’action gouvernementale. Presque tout ce que le gouvernement a fait depuis l’arrivée d’IBK au pouvoir est sujet à caution. La conséquence: la naissance de plusieurs fronts de contestation dans un pays plus que jamais dans l’impasse. D’un côté, il y a des dirigeants qui croient à la pertinence de leurs choix même quand les résultats ne suivent pas alors que dans le camp d’en face, des citoyens, désemparés, pensent pouvoir pousser les gouvernants à changer d’approches. Cependant, les tensions liées au projet de reforme constitutionnelle nous ont encore prouvé que le changement de méthodes tant espéré n’est pas près de se réaliser, les premiers responsables de la nation montant un nombre d’habiles subterfuges.

L’impasse dans laquelle se trouve le Mali est en partie due au manque de clairvoyance des autorités. Le projet de reforme constitutionnelle continue d’alimenter les débats en dépit du report du referendum. Ayant visiblement pris un ascendant psychologique sur les partisans du changement constitutionnel, les opposants à la reforme de la Constitution entendent bien maintenir la pression sur les gouvernants. En guise de réplique, le président de la République, profitant de la présentation des vœux des officiels à  l’occasion de la fête de Ramadan, a remis en cause le patriotisme de ses compatriotes opposés à son projet de reforme. « Si l’on est patriote, il y a des considérations qui n’ont pas lieu d’être », a lancé un Ibrahim Boubacar Keita apparemment remonté. Une attitude incompréhensible en ce sens que s’opposer aux caprices d’un régime ne saurait être synonyme de manque de patriotisme. Au demeurant, les opposants au projet de reforme disent ne pas seulement vouloir être responsables de possibles dérives autoritaires qui suivraient l’adoption d’une nouvelle constitution, à un moment inopportun. Une prise de position courageuse des adversaires politiques d’IBK qui tranche avec la servilité de certains élus de la nation. Beaucoup de députés de la majorité présidentielle à qui IBK a tressé des lauriers pour avoir «voté cette loi de révision constitutionnelle en toute responsabilité », ne maîtrisent pas les tenants et les aboutissants de la trouvaille du chef de l’Etat. Assurément, ils soutiennent l’initiative présidentielle plus par conformisme politique que par conviction. Ce qui devrait rappeler au président IBK, qui aime tant la « vérité », qu’avant lui feu le régime ATT avait bénéficié du soutien aveugle de l’hémicycle, avec le résultat que l’on connaît tous.

Pour IBK, la reforme constitutionnelle est surtout motivée par l’application correcte de l’accord pour la paix et la réconciliation. Or, aujourd’hui, ce deal entre les protagonistes de la crise du septentrion malien apparaît comme une voie sans issue.

Deux ans après la signature du document, la situation socio-sécuritaire s’est fortement dégradée dans cette partie du pays. Ce qu’ont indirectement reconnu, la semaine dernière, les participants à une journée d’évaluation de l’Accord de paix. C’est pourquoi, ceux-ci ont appelé à l’adoption d’«chronogramme réaliste consensuel» d’application de l’Accord de paix. Cette proposition est pertinente étant donné que les séparatistes ont bien réussi à semer le désordre en roulant lamentablement le gouvernement dans la farine. L’Etat n’est plus maître du jeu et semble condamné à « quémander » la paix aux sécessionnistes. Il paraît clair que si le referendum constitutionnel devait avoir lieu dans ces conditions caractérisées par l’absence de l’Etat dans plusieurs localités du pays, le gouvernement baliserait le chemin vers la partition du Mali. Ni le soutien hypothétique de la Plateforme pro-Bamako, ni celui de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) au projet de loi sur la révision constitutionnelle ne saurait pousser le gouvernement à reprogrammer le referendum dans un futur proche. L’Etat a des priorités dont il doit s’occuper avant d’instaurer un dialogue franc avec tous les fils de la nation.

Ogopémo Ouologuem

(correspondant aux USA)

 

Source: lesechos

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