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Affaire FEMAFOOT: happy end

Reculade peu glorieuse d’un ministre exténué par d’interminables empoignades autour de la Fédération malienne de football ou véritable succès story réalisé de main de maître par un trio gouvernemental au Pays des Aigles ? En tout cas, la « Commission Empé » mandatée par le Premier ministre, chef du gouvernement sauve in extremis notre pays d’une sanction logiquement brandie par la FIFA et réussit la prouesse d’accorder les violons des frères ennemis de notre sport roi qui se regardaient en chiens de faïence, depuis trois ans.

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Suite à la décision ministérielle diversement commentée du 8 mars dernier, le vin était tiré ; il restait simplement de s’accorder sur la manière de l’ingurgiter. Les conséquences, nul n’en ignorait. Un long ermitage de nos équipes nationales et un retard subséquent au plan continental et mondial.
A la veille de la Coupe d’Afrique des moins de 17 ans qui s’ouvre le 14 mai prochain où nos cadets ne vont pas comme des agneaux sacrificiels sans parler des éliminatoires de la CAN 2019 en juin prochain et la suite des qualifications pour le Mondial 2018, la pilule d’une suspension de la FIFA était amère à avaler.
Pour le premier des Maliens, le président IBK, grand amoureux du ballon rond et supporteur passionné des Aigles, l’option était inenvisageable et inacceptable. La marche pacifique organisée par les supporters des Aigles, le jeudi 2 avril dernier, renforce l’exécutif dans sa détermination à intervenir pour éviter une suspension qui serait très préjudiciable au football de notre pays et par remettre les protagonistes de la crise dite de la FEMAFOOT au même diapason.

5 jours chrono
Le nouveau Premier ministre au four et au moulin sur tous les fronts chaux, depuis sa nomination, met en mission un trio de choc autour du ministre Porte-parole du gouvernement, Abdel Karim Konaté dit Empé et composé du ministre de la tutelle, celui de la Jeunesse assisté de M. Yaya Traoré pour le compte de la Primature. Le mandat de cette commission était de débloquer la crise en une semaine.
Ainsi, il ne s’agissait pas pour Empé et sa Commission de s’impliquer, mais réussir là où d’autres bonnes volontés et non des moindres avaient échoué depuis deux ans.
Il s’agissait, comme le dit un membre de l’équipe de médiation, non d’une question d’orgueil personnelle, mais d’intérêt national. Le football, chacun le sait, est une question éminente de fierté nationale.
Pour le porte-parole du gouvernement et son équipe, les minutes étaient précieuses ; comme chaque mot avait son pesant d’or ou de poudre.

Happy end
Entamée véritablement le lundi 24 avril, la médiation a porté ses fruits dans la nuit du jeudi à vendredi : un accord intervient entre les protagonistes de la crise de la FEMAFOOT. Cet accord dit « Accord Empé » acte notamment l’annulation des décisions ministérielles de dissolution du comité exécutif de la FEMAFOOT et de création du CONOR pour permettre la levée de la suspension de notre pays et gagner la participation des jeunes joueurs (champions d’Afrique) au tournoi du Gabon ; la levée de toutes les sanctions liées à la crise contre les « clubs et ligues majoritaires ».
Après avoir fumé le calumet de la paix avec ses ex-adversaires des « clubs et ligues majoritaires », le Général Boubacar Baba Diarra, président de la FEMAFOOT, en désormais patron commandant des troupes, seul interlocuteur de la FIFA informe immédiatement (dès la signature du protocole d’accord) l’instance internationale de l’accord intervenu ; et demande qu’il plaise à Zurich de lever la suspension qui planait sur le Football de notre pays.
La FIFA, qui avait imposé que les décisions ministérielles N° 2017-0011 et N° 2017-0012 soient annulées et que le comité exécutif de la FEMAFOOT présidé par Boubacar Baba Diarra soit réinstallé dans son mandat, accepte donc de lever dès vendredi la suspension qui frappait tacitement notre pays.
Dans sa correspondance adressée à Boubacar Baba DIARRA le vendredi dernier, la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura annonce la bonne nouvelle :
« Le Bureau du Conseil a été mis au courant de la nouvelle décision du ministre des Sports (n° 2017-0018/MS-SG datée du 28 avril 2107) qui annule les décisions n° 0011/MS-SG du 8 mars 2017 et n° 0012/MS-SG du 11 mars 2017. Celles-ci avaient dissout le Comité exécutif de la FEMAFOOT et mis en place un comité provisoire chargé de gérer les affaires courantes de la fédération et de faciliter l’élection d’un nouveau comité exécutif sous douze mois. Par conséquent, le Comité exécutif de la FEMAFOOT, présidé par vous-même, a été réinstallé.
Dans ces circonstances, le Bureau du Conseil a décidé de lever la suspension de la FEMAFOOT avec effet immédiat. Par conséquent, la FEMAFOOT bénéficie de nouveau de l’ensemble de ses droits de membre conformément à l’art. 13 des Statuts de la FIFA.
En conséquence, les équipes représentatives et les clubs de la Fédération peuvent à nouveau participer à des compétitions internationales, cela signifie également que la FEMAFOOT, ses membres et ses officiels peuvent de nouveau bénéficier des programmes de développement, cours et formations dispensés par la FIFA et la Confédération Africaine de Football (CAF). De plus, les associations membres de la FIFA peuvent à nouveau entretenir des relations sur le plan sportif avec la FEMAFOOT et/ou ses équipes. »
Tout est bien qui finit bien, comme on dit. Au grand soulagement des millions de supporters des Aigles et au grand bonheur du Football malien… mais aussi du Premier ministre et du Président IBK lui-même qui ont tenu à saluer toutes les parties pour les sacrifices consentis et à les féliciter pour le dépassement de soi au profit de l’intérêt supérieur de la Nation.
Par ailleurs, si les acteurs du football de notre pays sont à saluer pour leur ressaisissement et leur souci enfin partagé pour notre football qui a souffert trois ans durant de leur querelle d’ambition égoïste, il faut surtout féliciter le gouvernement notamment la « Commission Empé » à laquelle il doit ce succès. En effet, au regard de la fracture entre les deux camps, un succès éclair relevait a priori d’une gageure. Mais comme, on le dit : « à cœur vaillant rien d’impossible ». Très humble, le président de la Commission, Abdel Karim Konaté, ministre Porte-parole du gouvernement s’interdit toute jubilation : « Quand on a le Mali en objectif commun, on réussit tout entre frères. Nous sommes un pays de dialogue. Cet accord traduit la volonté de tous les acteurs de redorer le blason du football de notre pays. C’est une victoire de l’ensemble du public sportif, des dirigeants, des joueurs, de l’encadrement et des supporters. Le gouvernement a simplement joué son rôle de facilitateur ».

Rôle majeur
Toutefois, l’implication des plus hautes autorités et l’efficacité de la Commission auront été très déterminantes dans le « happy end ». En effet, il fallait réussir à mettre face à face deux clans qui ne se parlaient plus, depuis deux ans et réussir, à résoudre une crise à la suite de plusieurs médiations infructueuses (l’ancien président de la Transition Dioncounda Traoré, les religieux, les familles fondatrices de Bamako, l’Assemblée nationale).
Il s’agit donc d’un succès, certes partagé ; mais aussi la révélation d’un talent fort précieux pour le gouvernement. Celui confirmé d’un conciliateur et d’un négociateur hors pair que les Maliens découvrent en leur ministre porte-parole du gouvernement à la suite de cette crise de la FEMAFOOT. Cela explique aussi pourquoi, cet allié efficace et très loyal du président IBK, Abdel Karim Konaté dit Empé, gère le portefeuille aussi sensible du Commerce, disons des opérateurs économiques et des consommateurs, où les intérêts entrent souvent en conflit.
Véritable champion du dialogue, le ministre Empé dans son département parvient toujours à amener les acteurs à la table de négociations pour se parler, se dire les vérités y compris celles qui fâchent, lever les malentendus et trouver ensemble les solutions.
En tant que président de la Commission, le succès enregistré dans la crise du football comporte forcément sa signature. N’est-ce pas la raison pour laquelle certains confrères ont déjà appelé l’accord validé par la FIFA : « Accord Empé » ? Qui, modestement l’attribue à tous les acteurs sous la facilitation du gouvernement coaché en la circonstance par le Premier ministre lui-même, Abdoulaye Idrissa Maïga.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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