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Abus et injustices subis par les démunis: le cri de coeur de l’association Jigiya so

L’Association pour la protection, la défense et l’assistance juridique aux indigents (APRODAJI-JIGIYA SO) a organisé, le samedi 29 avril, un grand meeting, au Palais de la culture, pour interpeller les autorités politiques, administratives et juridiques sur les abus et injustices de toutes sortes subis par les démunis.

Ce meeting se voulait un exercice démocratique et populaire d’interpellation des autorités dont le rôle est de veiller au respect des droits constitutionnels liés à la personne humaine ainsi qu’à l’égal accès de tous les citoyens aux services publics.
Les principaux animateurs étaient Diossé dit Sidy TRAORE, journaliste-animateur à la radio Nièta et cofondateur de l’Association JIGIYA SO ; Adama SOGODOGO, juriste et directeur exécutif de JIGIYA SO et l’honorable Oumar MARIKO, invité d’honneur.
Le meeting a mobilisé la présence des membres de l’Association JIGIYA SO, venus de Bamako et de l’intérieur du pays; des militants et sympathisants des associations partenaires ainsi que plusieurs victimes d’abus et d’injustice se reconnaissant dans cette lutte.
Les autorités compétentes auxquelles les interpellations devraient être adressées ont brillé par leur absence après avoir été officiellement invitées par les organisateurs du meeting. Une situation qui a beaucoup déçu les organisateurs et les participants après les promesses fermes faites par ces autorités lors du meeting de l’année dernière.
L’invité d’honneur, l’honorable Oumar Mariko, a appelé à une mobilisation de tous ceux qui sont concernés par ce combat.
«Je me suis toujours battu contre l’injustice par conviction pour un Mali de démocratie réelle. Un pays dans lequel la répartition des revenus pour tous les citoyens est une réalité », a-t-il affirmé.
Aussi, a-t-il dénoncé la grande préoccupation dont les pauvres sont surtout victimes, à savoir : la question foncière.
«Pour nous, la terre appartient aux paysans et l’Etat doit avoir comme rôle une bonne distribution de ces terres aux paysans et les aider pour une exploitation correcte. L’Etat doit faire en sorte que le cadastre soit respecté », a soutenu Oumar MARIKO. Avant de déclarer: «cette histoire de Titre foncier, qui n’est qu’une nébuleuse, doit s’arrêter».
Par ailleurs, l’honorable MARIKO a interpellé l’Etat à prendre conscience que la démocratie ne peut pas se faire sur le dos des citoyens. Ainsi, il a invité les responsables de l’Association JIGIYA SO à multiplier ces genres d’activités pour mettre fin au système des prédateurs, constitués de députés, ministres, chefs de partis politiques, opérateurs économiques…
Pour lui, les autorités sont responsables de cette situation et sont conscientes de tout ce qui se passe. C’est pourquoi, soutient-il, il appartient au peuple de comprendre et de chercher les voies et les moyens pour que les abus de pouvoir s’arrêtent.
« Les ministres et les autorités invités ne sont pas venus parce qu’ils savent la vérité. Ils veulent chaque fois passer la pommade sur le cœur des gens. Pour que la population accepte, on se perd dans les paperasseries entre le tribunal, la justice et des coups de fils par-ci par-là pour donner l’impression qu’on bouge alors que c’est tout à fait le contraire », a critiqué Oumar MARIKO.
Selon le directeur exécutif de l’Association JIGIYA SO, Adama SOGODOGO, l’objectif du meeting est d’interpeller les autorités sur les différents abus dont sont victimes les membres de l’association.
Une occasion de lancer un cri de cœur et de désespoir à l’endroit des dirigeants pour qu’ils sachent que désormais les indigents n’ont pas l’intention de se laisser faire.
Pour lui, après le meeting de l’année passée, JIGIYA SO prévoyait de faire, lors de ce présent meeting, un bilan des promesses faites par les autorités compétentes.
Face à l’absence de celles-ci, il a déploré qu’aucune avancée n’ait été enregistrée dans les promesses faites, surtout en ce qui concerne la propriété coutumière foncière.
«Les abus continuent et nous réitérons les interpellations. Nous déplorons le fait que les indigents ont automatiquement tort devant la justice, même s’ils ont raison », s’est indigné le juriste de JIGIYA SO.
Les interpellations ont principalement porté sur les spoliations foncières ; les casses intempestives et injustifiées ; les délogements et expulsions illégitimes et illégales ; la justice sélective, partiale, inéquitable et inique ; les arrestations et détentions arbitraires et commandées ; les licenciements abusifs et illégaux ; le bradage des espaces collectifs ; les inégalités de traitement et d’accès aux services publics ; la non mise en œuvre des textes légaux et règlementaires et la protection des droits coutumiers ; le déni des droits coutumiers et valeurs sociales ancestrales…
Dans leurs interventions, les représentants des associations partenaires, ont largement interpellé les autorités sur les abus dont ils sont victimes tout en faisant des témoignages sur des cas concrets.
Les intervenants ont exprimé la nécessité d’une unité d’action de toutes les victimes. Ils ont également interpellés les autorités à réélire certains décrets de la loi sur le droit coutumier foncier et le Code domanial.
Quant aux paysans, venus des régions et des périphéries de Bamako, ils ont interpelé nos autorités sur l’expropriation de leurs champs par les agences immobilières.

PAR MODIBO KONE

 

Source: info-matin

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