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Absence de T-shirts et pagnes lors des campagnes: un succès de la loi électorale

Si quelque chose de nouvelle et de palpable a été enregistrée pendant cette élection présidentielle, c’est bien l’absence absolue des T-shirts, des pagnes, ustensiles de cuisine pour les groupements et association de femmes et autres dons en nature aux électeurs potentiels. Cet état de fait, selon de nombreux observateurs a rendu la campagne électorale de juillet 2018 apaisée et civilisée.

Habituellement, lors des campagnes électorales au Mali, c’est des millions de T-shirts et de pagnes qui sont confectionnés à l’effigie des candidats et distribués aux électeurs potentiels. Souvent, c’est des scènes de confrontation entre les partisans de différents candidats. Pire, ces gadgets constituaient de véritables appâts pour corrompre les électeurs. Le remède salutaire s’appelle la nouvelle loi électorale.
« C’est pour éviter toute achat de conscience et des tensions entre des électeurs que cette loi est prise. Et elle est salutaire », a dit M. Amadou BA, président de la CENI, sur les antennes de l’ORTM.
En effet, la loi n°2016-048 du 17 octobre 2016 portant loi électorale modifiée par la loi n°2018-014 du 23 avril 2018 contient une disposition qui impose des obligations aux candidats en période électorale.
On retrouve cette obligation à l’alinéa 1er de l’article 72 de la loi électorale ainsi libellée : « Les pratiques publicitaires à caractère politique et commercial (offre de tissu, de tee-shirts, d’ustensiles de cuisine, de stylos, de porte-clefs, de calendrier), ainsi que leur port et leur usage, les dons et libéralités en argent ou en nature à des fins de propagande pour influencer ou tenter d’influencer le vote durant la campagne électorale sont interdits dès la convocation du collège électoral ».
Comme on peut le lire, les interdictions en question ont été effectives à compter de la convocation du collège électoral intervenue le 27 avril 2018. Ainsi, par exemple, dans aucun rassemblement politique lié à la présidentielle de 2018, personne n’a porté de tee-shirt à l’effigie d’un parti politique ou d’un candidat.
La nouvelle loi électorale expose les militants et responsables insoumis à des peines souvent sévères.
Ainsi, l’article 128 de la loi électorale dispose : «Quiconque, par des pratiques publicitaires à caractère politiques et commerciales (offre de tissus, de tee-shirts, ustensiles de cuisine, de stylos, de porte-clefs, de calendrier) ainsi que leur port et leur usage, dons ou libéralités en argent ou en nature… aura influencé ou tenté d’influencer le vote d’un ou plusieurs électeurs… sera puni d’un an à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 100.000 à 1.000.000 franc».
Au regard de différents constats sur le terrain, cette loi a été respectée par l’ensemble des candidats, même si tout n’était pas parfait sur le terrain.
« Cette année, les compagnes sont sereines parce que nous ne nous sommes pas battus à cause de T-shirt et d’autres cadeaux qui étaient distribués au su et au vu de tout le monde. Pire, avant les élections, les électeurs jurent de ne pas les prendre. Malgré tout, beaucoup d’électeur ne crachent guère sur ces cadeaux qui influencent d’une manière ou d’une autre sur le processus. Chacun les prends et devient du coup esclave du donneur », a dit M. Ibrahim MARIKO, enseignant, qui a salué cette initiative de l’ensemble des acteurs politiques de notre pays.
Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, l’interdiction des gadgets de campagne ont joué sur le chiffre d’affaires des calligraphes qui avaient déjà frotté les mains par le passé. Des commerçants de pagnes et autres gadgets comme des porte-clés, gobelets se considèrent comme les victimes de cette loi électorale.
Massa COULIBALY, calligraphe à Hamdallaye ACI, nous rencontre sa déception : « En 2013, j’ai fait un chiffre d’affaires de 4 millions pour la confection des T-shirts et des gobelets à l’effigie d’un candidat. Je ne suis pas content de cette loi. Pendant la période électorale, j’emploie temporairement quelques jeunes. Mais, cette année, eux, ils n’auront rien dans la poche, car pas de travail, pas d’argent », a-t-il dit.
En tout état de cause, cette nouvelle loi a permis de mettre de l’ordre dans le processus électoral au Mali. Car, elle est une des principales causes de la tenue d’un scrutin paisible les observateurs ont salué, dans l’ensemble.

PAR CHRISTELLE KONE

Info-matin

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