Bénin: les autorités affirment avoir déjoué un coup d’Etat

COTONOU – Plusieurs personnes ont été interpellées à Cotonou pour une tentative d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat béninois, a annoncé dimanche le Procureur de la République dans un communiqué à la presse.yayi boni benin

Selon les premières informations que j’ai reçues, l’idée de ce coup de force était d’empêcher le chef de l’Etat de rejoindre Cotonou après un voyage en Guinée Equatoriale et instituer un régime militaire qui contraindrait le président Boni Yayi à l’exil, affirme le Procureur, Justin Gbenameto.

Le procureur précise qu’il a été informé de ces interpellations le vendredi 22 février. Aussitôt saisi, j’ai créé une commission d’enquête comprenant des officiers de police judiciaire de la gendarmerie afin de faire la lumière sur cette tentative de coup d’Etat, poursuit-il, avant d’ajouter : le juge d’instruction est saisi et l’enquête suit son cours.

Selon lui, le coup avait été monté par un colonel, Pamphile Zomahoun et un homme d’affaires Johannes Dagnon, tous deux actuellement détenus.

Un ancien proche du président Boni Yayi tombé en disgrâce, Patrice Talon, avait été désigné en octobre 2012 par les autorités judiciaires béninoises comme l’instigateur d’un complot de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat.

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(©AFP / 03 mars 2013 19h00)

SourceAFP

Communiqué de Koulouba suite à la mort du parachutiste français Cédric CHARENTON

C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris, hier, la mort du caporal Cédric Charenton du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes de Pamiers, lors de violents combats contre des terroristes dans les massifs de l’Adrar des Ifoghas, au Nord-Est de notre pays.

Je m’incline très respectueusement devant la dépouille mortelle de cet intrépide soldat fauché dans la fleur de l’âge, et présente mes condoléances les plus émues au Président de la République française, SEM François HOLLANDE, au Gouvernement et au peuple français ainsi qu’à la famille du disparu.

Je salue le courage et la détermination de l’ensemble des forces engagées dans les combats contre les terroristes et leur réitère ma confiance et mon admiration.

Je ne doute pas un seul instant que l’ennemi, qui se bat avec l’énergie du désespoir, sera vaincu.

 

Koulouba, le 03 mars 2013 

 

Le Pr. Dioncounda TRAORE

 

Président de la République par intérim

Palais-de-Koulouba

Français et Tchadiens harcèlent les jihadistes dans les montagnes du nord-est

Les soldats français et tchadiens tentaient dimanche de venir à bout des combattants islamistes retranchés dans les massifs montagneux du nord-est du Mali, auxquels ils infligent désormais de lourdes pertes lors de violents combats à « très courte distance ».soldat tchadien

Soutenus par des avions et des hélicoptères de combat qui préparent l’intervention des forces terrestres, les militaires français et tchadiens traquent les jihadistes dans des grottes et des cavernes dans des vallées difficiles d’accès.

C’est dans cette zone, dans la vallée d’Ametettai, qui semble être l’épicentre des combats, qu’un parachutiste français de 26 ans a été tué samedi, alors qu’il « montait à l’assaut d’une position ennemie avec sa section », a indiqué le porte-parole de l’état-major, le colonel Thierry Burkhard.

Dans cette même vallée d’Ametettai, située à une cinquantaine de km au sud de Tessalit, dans l’adrar des Ifoghas, les forces tchadiennes ont affirmé avoir tué samedi le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar, un ex-dirigeant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et plusieurs jihadistes. Une information non confirmée par Paris, où l’on gardait la plus grande réserve à ce sujet.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a appelé à la « prudence », dans une interview à paraître lundi dans le journal La Dépêche du Midi.

« J’en appelle à la prudence et à l’esprit de responsabilité à l’égard d’indications que nous ne sommes pas en mesure de confirmer matériellement à ce stade », a déclaré M. Le Drian qui ajoute: « La priorité, c’est de saper les bases des terroristes, leur organisation, leurs moyens ».

Un périmètre d’environ 25 km2

L’armée tchadienne a annoncé samedi avoir tué Mokhtar Belmokhtar dans le nord du Mali, après avoir affirmé vendredi avoir tué l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelhamid Abou Zeid, autre information non confirmée par la France.

Les opérations en cours depuis la mi-février dans la région « ne s’intensifient pas, elles se poursuivent », a souligné le colonel Burkhard au cours d’un point de presse, dimanche. Et elles font désormais d’importants dégâts dans les rangs des islamistes.

« Nous avons face à nous un adversaire fanatisé qui défend fermement des positions sur lesquelles nous sommes obligés de donner l’assaut pour les fouiller et les réduire », explique-t-il : « Il faut fouiller méthodiquement la zone ».

L’un des objectifs est d’empêcher les jihadistes de s’exfiltrer d’un périmètre d’environ 25 km2 au sud-est de Tessalit, qui « certes se réduit » peu à peu, « mais représente quand même une superficie relativement importante ».

Les soldats français et tchadiens explorent des cavités et des galeries pour « localiser et détruire » les jihadistes. Et trois « importantes caches de munitions » et plusieurs armes lourdes ont été découvertes samedi par les Français.

Selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 3e militaire français tué au Mali depuis le 11 janvier est tombé lors de « l’un des combats les plus violents » dans lesquels les Français ont été engagés.

Au moins « une quinzaine de terroristes » ont, selon l’état-major français, été tués le même jour dans l’adrar des Ifoghas. Une quarantaine d’autres avaient déjà péri les jours précédents lors d’accrochages dans la même zone.

Les 1.200 Français sur le terrain – Forces spéciales, unités parachutistes, légionnaires -, coordonnent leur action avec quelque 800 Tchadiens.

« Les combattants tchadiens connaissent bien ce type de relief et ont une mobilité, une rusticité tout à fait adaptées. Ils se battent avec des méthodes assez comparables à celles employées par les para-militaires des groupes jihadistes », note Pascal Le Pautremat, spécialiste des questions de défense.

Dans les montagnes du nord-est, les forces françaises tentent de s’appuyer sur les populations locales, généralement hostiles aux jihadistes, et des soldats maliens, essentiellement d’origine touareg, leur servent de guides.

La violence des combats dans la région fait peser la menace de représailles contre les otages français au Sahel, dont au moins quatre pourraient être détenus dans la zone du nord-est théâtre des combats. Leur sécurité est selon l’état-major « une préoccupation permanente » dans la conduite les opérations.

Un soldat français et des dizaines d’islamistes tués dans de violents combats

Des dizaines de combattants islamistes et un soldat français ont été tués au cours de violents combats dans le nord-est du Mali, dans les régions de Gao et du massif des Ifoghas, où seraient détenus des otages français, suscitant de nouvelles inquiétudes sur leur sort.caporal Cédric Charenton

Un parachutiste français a été tué samedi soir, alors qu’il “montait à l’assaut d’une position ennemie” dans le massif des Ifoghas, région montagneuse proche de la frontière algérienne où se sont retranchés les groupes jihadistes, a annoncé dimanche le porte-parole de l’armée, le colonel Thierry Burkhard.

Il s’agit du troisième militaire français tué depuis le début de l’intervention au Mali, le 11 janvier, le second dans cette région.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a souligné qu’il s’agissait de l'”un des combats les plus violents” depuis le déclenchement des opérations.

Selon l’état-major, qui évoque des combats “à très courte distance, parfois inférieure à 50 mètres”, “au moins une quinzaine” de combattants islamistes ont été “neutralisés”, c’est à dire tués ou blessés, samedi au cours de ces affrontements.

“Nous avons face à nous un adversaire fanatisé qui défend fermement des positions sur lesquelles nous sommes obligés successivement de donner l’assaut pour les fouiller et les réduire”, a indiqué le colonel Burkhard.

Par ailleurs, au moins 50 islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ont été tués depuis vendredi dans d’autres combats avec des soldats maliens et français près de Gao, un ancien bastion islamiste dans le nord-est du pays, a-t-on appris de source militaire malienne.

L’annonce de ces affrontements meurtriers survient alors qu’on est toujours dans l’attente d’une confirmation de la mort dans des combats, dans le massif des Ifoghas, de deux des principaux chefs jihadistes, les Algériens Abdelhamid Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, annoncée par le Tchad.

Vendredi soir, le président tchadien Idriss Déby Itno a déclaré qu’Abou Zeid, un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait été “abattu” par les soldats tchadiens. Et samedi, l’armée tchadienne a indiqué dans un communiqué que Mokhtar Belmokhtar dit +le borgne+”, ancien haut responsable d’Aqmi récemment entré en dissidence, avait été tué au cours d’un nouvel affrontement dans la zone.

Dimanche, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a appelé à la “prudence” après les annonces par N’Djamena de la mort des chefs jihadistes.

“J’en appelle à la prudence et à l’esprit de responsabilité à l’égard d’indications que nous ne sommes pas en mesure de confirmer matériellement à ce stade”, a déclaré le ministre dans une interview.

“La priorité, c’est de saper les bases des terroristes, leur organisation, leurs moyens”, a ajouté le ministre.

“la guerre n’est pas finie”

“On veut que ça puisse être vérifié, c’est une question de temps. On n’est pas en mesure de confirmer”, expliquait dimanche une source au ministère français des Affaires étrangères.

Le ministre de la communication tchadien Hassan Sylla a affirmé dimanche que le Tchad “ne parle pas dans le vide”. “Nous allons présenter prochainement des prisonniers, des lieutenants qui étaient avec eux (chefs islamistes), des armes”, a-t-il déclaré à l’AFP.

“La France ne veut pas être en première ligne sur ce type d’annonce, d’abord car la guerre n’est pas finie, ensuite en raison des otages. La non confirmation par Paris maintient un certain flou qui minimise l’événement. Ca permet de ne pas alimenter les velléités de représailles”, estime Anne Giudicelli, spécialiste du terrorisme.

Quinze otages français sont retenus en Afrique, dont au moins six au Sahel par Aqmi et certains d’entre eux se trouveraient dans la région du nord-est du Mali où se déroulent les combats.

“Pour nos soldats sur le terrain, bien évidemment la sécurité des otages est une priorité et une préoccupation permanente”, a souligné le colonel Thierry Burkhard.

Plusieurs proches des otages français enlevés au Mali, interrogés par l’AFP, ont refusé dimanche de commenter les informations sur la mort présumées de deux chefs islamistes, en raison du caractère non confirmé des informations.

Les informations sont aussi confuses: selon une version, Abou Zeid aurait été tué dans un bombardement de l’armée française, selon un autre lors d’un accrochage avec des militaires tchadiens.

Nord Mali : Quand l’Algérie nourrit ses bourreaux

New York : Le quotidien américain à large diffusion, New York Times, est revenu sur les troubles relations qu’entretient le pouvoir algérien, avec des factions islamistes au nord Mali, notamment le groupe Ansare Dine, allié d’AQMI.iyad ag ghaly 1

Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine,

Dans un article publié courant février, de ses auteurs Adam Nossiter et Neil MacFarquhar, le New York Times a mis en lumière, la politique opaque du pouvoir algérien, au Nord Mali, laquelle politique a eu pour conséquence, dit le journal, l’attaque du site gazier d’In Amenas, et qui explique également, la réaction de, violence du désespéré, qu’a eu le pouvoir, durant sa gestion de cette crise.

L’Algérie s’est tirée une balle dans le pied, en croyant maintenir loin d’elle, le danger terroriste, en négociant avec lui, ont considéré les auteurs de l’article.

LE POUVOIR ALGÉRIEN A PEUR DU MNLA

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Moussa Ag Assarid, porte-parole du MNLA

Malgré ses propagandes, racontant que l’Algérie ne négocie jamais avec les islamistes, le régime en instrumentalisera plus d’un, au Nord Mali.

Pour cause une hantise : Le pouvoir algérien a peur du MNLA.

Il s’est fait ennemi du mouvement séparatiste touareg, craignant que la contagion séparatiste ne l’atteigne dans son sud et son ouest, il lui fallait alors, un pivot dans la région, une marionnette qui puisse avorter, l’entreprise indépendantiste touareg.

Pour cela, le pouvoir algérien trouve, sa perle rare, Iyad Ag Ghali, un aristocrate touareg charismatique, qui pendant des années, avait été agent de liaison pour les gouvernements européens, cherchant à payer des rançons, aux groupes terroristes algériens, pour libérer leurs otages.

Pragmatique, louvoyant et n’est islamiste que quand il le veut, Ag Ghali avait même été commis de l’Etat malien en servant, consul général du Mali à Djeddah, en Arabie Saoudite, de 2007 à 2009.

IYAD AG GHALI : L’HOMME PROVIDENCE

L’homme est décrit comme opportuniste et fort ambitieux, les algériens trouveront en lui leur meilleur agent, capable de faire taire les indépendantistes touaregs, tous laïques, donc passables à l’occident, et menaçant de répéter le modèle kurde au sahel et dans le sud algérien.

Après la déclaration par le MNLA, de l’Azawad libre, les services algériens font naître aussitôt le groupe Ansare Dine.

Le régime lui facilitait ses ravitaillements en Algérie, carburant, véhicules et pièces détachées, étaient à disposition, les hommes d’Ansare Dine entraient sans difficulté en Algérie.

Fait  révélateur, cette dernière n’était point dérangée de l’étroite liaison qui se créa entre les Ansare Dine et ceux qui étaient supposés être les ennemis jurés de l’Algérie, à savoir le groupe terroriste algérien AQMI.

Les Ansare Dine, alliés du pouvoir algérien, se partageaient alors le nord Mali avec AQMI et le MUJAO, au même moment où un représentant d’Iyad Ag Ghali, était en luxueuse résidence à Alger, en permanant contact avec le pouvoir et ses services, souligne le New York Times.

Les officiels du régime ne tarissaient pas d’éloges à l’égard du seigneur de la guerre touareg : «Ag Ghali est un homme de parole, un homme de confiance», déclarait au New York Times, un ancien haut diplomate algérien, alors qu’un haut gradé de l’ANP disait de lui, qu’il est «calme, poli, et sait ce qu’il veut».

Sauf que la lune de miel se rompit, à cause de François Hollande. 

Il s’est rendu en visite d’Etat à Alger, une visite dont le pouvoir avait tant besoin pour se légitimer auprès du peuple algérien et se faire du crédit à l’international, ses raison de politique interne, Hollande en profitera, en faisant chanter le président Bouteflika.

En effet, ce dernier en quête d’un quatrième mandat présidentiel, avait besoin pour, de la bénédiction française, en échange, il autorisera la France, à utiliser le ciel algérien, en cas d’éclatement d’opérations armées au nord Mali.

L’autorisation du pouvoir algérien à la France eut amers échos, auprès du peuple algérien, relève le New York Times, cela eut le même effet sur les islamistes algériens sévissant au nord Mali et au Sahel.

Du coup, la position de l’homme du pouvoir algérien, Iyad Ag Ghali, devenait intenable, face à ses alliés islamistes AQMI et MUJAO, il prit alors une autre orientation pour sauver son groupe.

Ag Ghali et ses alliés islamistes, attaqueront en janvier la ville de Kona et marcheront vers Bamako, précipitant ainsi par leur acte, l’intervention militaire française au nord Mali.

Iyad Ag Ghali, souligne le New York Times, a commis par son offensive vers le sud malien, l’acte qui justifiera à la France son attaque à travers le ciel algérien, et aux groupes terroristes, notamment les signataires par le sang, leur sanglante prise d’otages d’In Amenas, qui fit voler en éclat, la fausse impression de puissance régionale, que le pouvoir algérien, a chèrement crée et payé, à coups de contrats d’armement.

L’Algérie, conclut le New York Times, a été mordue par ses obligés, qu’elle a nourrit, soutenu et armé, au nord Mali.

De longtemps, les États-Unis et les autorités françaises flattaient l’Algérie, sur son supposé savoir faire en lutte contre le terrorisme et sa prétendue puissance militaires, mais le fiasco d’In Amenas, provoqué indirectement par Iyad Ag Gahli, l’homme du pouvoir algérien, a sonné le glas, d’une légende appelée, Algérie, puissance régionale.

Un membre du Polisario, aide du chef tué d’AQMI Abou Zeid, arrêté par l’armée française

Tigharghar – Nord Mali : La mort d’un des chefs les plus cruels d’AQMI, l’algérien Abdelhamid Abou Zeid, dans un raid français, a confirmé l’implication du Polisario dans les combats au coté d’AQMI au Nord Mali.

Polisario islamistes mujao abou zeidLes forces armées françaises ont réussis à mettre la main sur des combattants d’AQMI, rescapés du bombardement aérien, qui a tué, selon nombreux témoignages médiatiques et oculaires, le chef AQMIste Abdelhamid Abou Zeid.

Il s’agit de membres de son groupe, des combattants formant sa garde rapprochée, composé d’une 40aine d’individus.

Les prisonniers arrêtés par l’armée française, sont au nombre de 7 combattants.

Figurait parmi eux un membre du Polisario, en plus de quatre jeunes combattants originaires de la région, un algérien et un mauritanien.

Le polisarien fait prisonnier par les français, confirme ainsi, les nombreux rapports officiels et officieux, qui alertaient depuis l’éclatement de la crise nord-malienne, de la forte trouble implication du Polisario, dans les combats et les renforcements des groupes terroristes  algériens et sahéliens sévissant dans la région.

Habib Ould Issouf , un nigérien responsable du MUJAO à Gao, avait, lui-même, vanté dans une déclaration à l’AFP, le ‘précieux soutien de ses frères polisariens’, : «Ils veulent la guerre? On va faire la guerre. C’est pourquoi nos frères viennent de partout. Ils viennent des camps de Tindouf en Algérie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de partout».

Il parlait ainsi en octobre dernier, avant même l’éclatement des hostilités avec l’armée française.

Des déclarations d’officiels maliens, dont l’ex premier ministre Cheikh Modibo Diarra, ou l’actuel ministre des affaires étrangères Tièman Coulibaly, sont allé dans le même sens, ainsi que des rapports d’experts américains et européens qui tous, pointaient et encore du doigt, le Polisario comme allié des groupes ‘terroristes’ algériens et sahéliens au nord Mali.

Sahara question

Mort de chefs d’Aqmi au Mali : Paris craint le décès d’otages français

Les autorités françaises, politiques et militaires confondues, persistent dans leur attitude d’extrême discrétion autour des opérations en cours.Abou-Zeid_Mokhtar-Belmokhtar aqmi signataires par le sang

Les autorités françaises ne confirment ni la mort d’Abou Zeid, ni celle de Mokhtar Belmokhtar, deux chefs d’Aqmi que le Tchad affirme avoir tués, et persistent dans leur attitude d’extrême discrétion autour des opérations en cours au Mali. Aucun journaliste n’accompagne les troupes engagées dans l’Adrar des Ifoghas, ce massif montagneux aride situé au nord-est du Mali, à la frontière avec l’Algérie. Pourquoi ?

Comment s’explique la silencieuse prudence de Paris ?

Concernant les décès des djihadistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, de même que les conditions précises dans lesquelles se sont déroulés la semaine dernière les combats conduits par les Tchadiens, les Français font preuve d’une exemplaire discrétion. L’armée nationale tchadienne (ANT) est constituée pour l’essentiel de membres de l’ethnie Zaghawa – à laquelle appartient Idriss Déby, le président du Tchad -, et ses soldats passent pour être des combattants courageux et efficaces, mais ne s’embarrassant pas des détails. La vraie crainte à Paris, c’est que des otages français aient été victimes des combats. L’hypothèse n’est pas exclue qu’ils aient été tués par des feux « amis », plutôt que par leurs geôliers, pour lesquels ils constituent une précieuse monnaie d’échange. On semble exclure à Paris, à ce stade, qu’ils aient pu être victimes de frappes aériennes françaises. Mais s’agissant des forces tchadiennes, on répète, comme sur l’ensemble de leurs actions, « ne rien savoir ». Une source affirme : « Les combats se poursuivent dans la zone, on n’est pas capables pour le moment de tirer des bilans. » Selon nos informations, les autorités françaises seraient sur le point de demander des éléments d’ADN aux proches des otages français. Une source généralement bien informée nous a confié : « C’est vrai, mais nous le faisons au cas où. » La mesure, à tout le moins, n’augure rien de bon…

Dans quelles conditions la mort d’Abou Zeid se serait-elle produite ?

Les Tchadiens affirment avoir tué les deux principaux chefs terroristes présents au Mali. Selon le président tchadien, Idriss Déby, qui a fait cette déclaration le 1er mars, Abou Zeid aurait été « abattu » par ses troupes, sans doute le 22 ou le 23 février. Mais il n’apporte pas la moindre preuve permettant d’étayer ses déclarations. D’autres sources évoquent la mort d’Abou Zeid dans une frappe aérienne française, les deux n’étant pas incompatibles. De source autorisée française, on ne confirme toutefois pas que des frappes aériennes se seraient produites aux dates indiquées sur une concentration djihadiste dont aurait pu faire partie Abou Zeid. En revanche, Paris ne dément pas des frappes « stratégiques », le 24 février, contre une base du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), non loin de la localité d’Infara, à 30 kilomètres de la frontière algérienne. Ce groupe était alors engagé contre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui soutient désormais les forces françaises après avoir été à l’origine de la sécession du Nord-Mali. Concernant l’éventuel décès d’Abou Zeid, on peut relever que les dates indiquées sont compatibles avec celles des combats qui ont fait 26 morts et 66 blessés tchadiens, actuellement soignés à l’hôpital de Niamey et à Paris, ainsi que 93 tués parmi les djihadistes. Curieusement, les forces tchadiennes ne font état ni de blessés, ni de prisonniers parmi les djihadistes. Ce bilan invérifiable est celui que donnent les Tchadiens. Les militaires français, qui disposent d’un détachement de liaison auprès des FATIM (Forces armées tchadiennes d’intervention au Mali, NDLR), de même que le ministère de la Défense, que nous avons interrogés le 2 mars en fin de soirée, affirmaient alors qu’ils ne possédaient « pas d’éléments » et qu’ils n’avaient pas eu accès à la zone des combats dans lesquels Abou Zeid aurait été tué.

Que sait-on de la mort éventuelle de Mokhtar Belmokhtar ?

De source tchadienne, Mokhtar Belmokhtar « le borgne » aurait pour sa part été tué le 2 mars vers midi, un communiqué de N’Djamena précisant : « Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des djihadistes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d’Ametetai. » À ce stade, la mort de Mokhtar Belmokhtar n’est pas encore confirmée par une autre capitale concernée par cette guerre. Ni Paris, ni Alger, ni Bamako, ni Washington ne font la moindre déclaration. Les forces engagées ne sont accompagnées par aucun journaliste qui aurait pu apporter une confirmation directe, et personne n’a rendu publiques les conditions précises de ces décès. De surcroît, les djihadistes ne communiquent pratiquement plus par téléphone ou par radio, et les écoutes ne permettent pas de tirer de conclusion. Ils n’ont pas non plus confirmé ces morts.

Le Point.fr – Publié le 03/03/2013 à 11:09

FESPACO 2013 : Le Sénégal succède au Maroc – Le Mali s’offre un nouveau

Les rideaux sont tombés sur la 23e édition du Festival Panafricain du film et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). C’était le samedi 2 mars au stade du 4 août au cours d’une cérémonie présidée par le président de la République du Burkina Faso, Blaise Compaoré.

Avec son fils à Tey (aujourd’hui) Alain Gomis offre le premier étalon d’or au Sénégal. Au même moment son compatriote, Moussa Touré s’offre l’Etalon de bronze avec son film : La pirogue. L’Etalon d’argent est revenu à l’algérienne Djamila SAHRAOUI avec son œuvre Yéma. En plus de son prix spécial Ousmane Sembene, Ibrahima Touré du Mali a enlevé son deuxième trophée. Il s’agit du Prix de l’Union Africaine d’une valeur de 8 millions de francs Cfa. Alain Gomis succès ainsi au Marocain Mohamed Mouftaki avec son film PEGASE. Vivement la prochaine édition prévue  du 28 février au 7 mars 2015.Soumaila GUINDO

LE PALMARES DU FESPACO 2013

  1. 1.     Etalon d’Or : A TEY aujourd’hui de Alain GOMIS (Sénégal) ;
  2. 2.     Etalon d’argent : YEMA de Djamila SAHRAOUI (Algérie) ;
  3. 3.     Etalon de bronze A La PIROGUE de Moussa TOURE (Sénégal) ;
  4. 4.     Poulain d’or du court métrage : LES SOULIERS DE L’AID de Anis LASOUED (Tunisie) ;
  5. 5.     Poulain d’argent du court métrage : LA PHOTOGRAPHIE de David RANDRIAMANANA (Madagascar) ;
  6. 6.     Poulain de bronze du court métrage : DIALEMI (Elle s’amuse) de Nadine OTSOBOGO (Gabon).
  7. 7.     Prix de l’Ambassade des Etats-Unis : LA PIROGUE de Moussa Touré .
  8. 8.     Prix de l’Union Africaine : TOILES D’ARAIGNEES de Ibrahima TOURE (Mali) ;
  9. 9.     Prix de l’Union Européenne : POR AQUI TUDO BEM de Pocas PASCOAL (Angola) Prix de la CEDEAO : LA PIROGUE de Moussa Touré ;
  10. 10.  Prix Paul Robeson (Meilleur film de la diaspora) : LE BONHEUR D’ELZA de Mariette MONPIERRE (Guadeloupe) ;
  11. 11.  Prix Oumarou Ganda (1ere oeuvre) : LES ENFANTS DE TROUMARON de Harrikrisna et Sharvan ANENDEN (Ile Maurice)
  12. 12.  Prix de la meilleure oeuvre de fiction TV/Vidéo : ZAMORA de Bhanji SHAMS (Tanzanie) ;
  13. 13.  Prix de la meilleure série télévisuelle : L’OEIL DE LA CITE de Samantha BIFFOT (Gabon) ;
  14. 14.  1er prix du documentaire : MEME PAS MAL de Nadia ELFANI (Tunisie) ;
  15. 15.  2e prix du documentaire : CALYPSO ROSE de Pascale OBOLO (Cameroun) ;
  16. 16.  3e prix du documentaire : PRESIDENT DIA de Ousmane William MBAYE (Sénégal) ;
  17. 17.  Prix de la meilleure interprétation féminine : Mariam Ouédraogo dans MOI ZAPHIRA Apolline TRAORE (Burkina) ;
  18. 18.  Prix de la meilleure interprétation masculine : William Sow dans TEY (Aujourd’hui) de Alain GOMIS (Sénégal) ;
  19. 19.  Mention spéciale du jury : Acteur de TOILES D’ARAIGNEES Ibrahima TOURE (Mali) ;
  20. 20.  Prix du meilleur scénario : LES CHEVAUX DE DIEU de Nabil AYOUCH (Maroc) ;
  21. 21.  Prix de la meilleure image : YEMA de Djamila SAHRAOUI (Algérie) ;
  22. 22.   Prix du meilleur son : LE COLLIER DU MAKOKO de Henri Joseph KOUMBA BIDIDI (Gabon) ;
  23. 23.  Prix de la meilleure musique : Zabana !de Saïd OULDKHELIFA (Algérie) ;
  24. 24.  Prix du meilleur décor : Zabana ! de Saïd OULDKHELIFA (Algérie) ;
  25. 25.  Prix du meilleur montage : HOW TO STEAL 2 MILLION de Charlie VUNDLA (Afrique du Sud) ;26. Prix de la meilleure affiche : LE COLLIER DU MAKOKOde Henri Joseph KOUMBA BIDIDI (Gabon) ;
  26. 27.  Prix de la meilleure affiche : LE COLLIER DU MAKOKO de Henri Joseph KOUMBA BIDIDI (Gabon) ;
  27. 28.  Prix spécial du jury des écoles (Canal+) :RENCONTRE VIRTUELLE…de Ayéman Aymar ESSE de l’ISMA (Bénin) ;
  28. 29.  Prix du meilleur documentaire des écoles (Canal+) : HAWAN- IDI de Amina MAMANI- ABDOULAYE de l’IFTIC (Niger) ;
  29. 30.  Prix du meilleur film-fiction des écoles (Canal+) : UNE PARTIE DE NOUS de Jean-Baptiste Ouédraogo de l’ISIS (Burkina).

Soumaïla GUINDO, depuis Ouaga

Abu Zeid dissimulait l’argent provenant des rançons dans un lieu connu de lui seul

Où serait caché le «trésor» de Abou Zeid ?

Où serait caché le «trésor» ramassé par Abdelhamid Abou Zeid à coups de rançons payées en contrepartie de la libération d’otages détenus par Aqmi ? L’entourage de «l’émir» de katibate Tarek Ibn Ziyad, appartenant à Aqmi, et qui s’est «spécialisée» dans les enlèvements contre rançons, indique que Abdelhamid Abou Zeid était le seul à connaître le lieu où il cachait le «butin» qui s’élèverait à des millions d’euros représentant une partie des rançons payées en contrepartie de la libération d’otages occidentaux.Abou-Zeid

Donné pour mort dans de violents affrontements dans le massif montagneux de l’Adrar des Ifoghas, Abdelhamid Abou Zeid ne serait pas le genre de personne qui partagerait le secret de la cache de l’argent provenant du paiement des rançons, à en croire des proches de ce chef terroriste cités par le site électronique mauritanien Sahara médias. Ce média présenté comme étant «proche des djihadistes sévissant au nord du Mali» et citant «des proches de cet «émir», a indiqué que «Abdelhamid Abou Zeid cachait des millions d’euros dans un lieu qu’il est le seul à connaître».

«Il tenait à se déplacer tout seul, dans le désert, pour cacher l’argent provenant des paiements des rançons dans un lieu qu’il est seul à connaître». «La dernière fois qu’Abdelhamid Abou Zeid a obtenu le paiement d’une rançon, c’était 16 millions d’euros versés par le biais d’un intermédiaire, éventuellement par Areva, en contrepartie de la libération de trois otages», écrit encore ce site électronique mauritanien.

«Il était le seul à dépenser l’argent provenant du paiement des rançons. Il a dépensé une partie de cet argent dans l’achat de véhicules tout-terrains, d’armes et de munitions et il gardait, avant son élimination, des millions d’euros cachés dans un lieu connu par lui seul», selon toujours ce média.

Abdelhamid Abou Zeid a été éliminé lors de violents accrochages entre des terroristes  d’Aqmi et des militaires français, tchadiens et maliens, dans le massif de l’Adrar les Ifoghas, à l’extrême nord-est du Mali, avait annoncé la chaîne de télévision algérienne Ennahar TV.

Le président tchadien a confirmé, hier, la mort de cet «émir». Selon le président du Tchad, «Abdelhamid Abou Zeid a été éliminé par les forces tchadiennes» lors de violents affrontements.

Des terroristes d’Aqmi avaient tendu une embuscade aux militaires tchadiens autour de grottes dans le massif de l’Adrar les Ifoghas, où ils se réfugiaient. Les militaires tchadiens auraient demandé l’aide des avions et hélicoptères militaires français pour venir à bout des terroristes et c’est dans ces affrontements que Abdelhamid Abou Zeid aurait été éliminé en compagnie de dizaines d’autres terroristes d’Aqmi.

Abdelhamid Abou Zeid, bras droit de Abdelmalek Droukdel, actuel «émir» national d’Aqmi, dirigeait katibate Tarek Ibn Ziyad, créée en 2003 par Amari Saïfi, alias Abderrezak El Para. Il a été récemment désigné adjoint de Yahia Abou El Hammam, «émir» de la région du Sahara pour Aqmi.

M. A.

Source: letempsdz.com

L’opération de sécurisation des alentours de Gao se poursuit

L’annonce de violents affrontements, vendredi 1er mars à Iminenas, à 60 kilomètres à l’est de Gao, a finalement mis au jour l’existence d’une nouvelle opération militaire. Une opération mixte, franco-malienne, dont le but est de débusquer les dernières poches de combattants islamistes présents dans la région. Dans le village de Kadji, une cinquantaine de personnes, soupçonnées d’avoir combattu ou au moins collaboré avec le Mujao pendant l’occupation ont été interpellées.KADJI_ISLAMISTES

L’opération a commencé jeudi matin, dans le plus grand secret. Dès vendredi, premiers affrontements : les armées malienne et française ont combattu entre 9h30 et 14 heures, et tué 52 jihadistes, selon le dernier bilan donné par le capitaine Diarra, porte-parole de l’armée malienne à Gao, qui assure que seules les troupes ennemies ont connu des pertes.

« C’est un habitant qui nous a signalé leur présence, explique l’officier malien. Nous avançons sur la base de renseignements donnés par les populations ». L’armée française refuse de s’exprimer sur les opérations en cours, mais l’armée malienne confirme la présence des troupes de l’opération Serval et notamment l’appui de plusieurs hélicoptères, pour faciliter la progression des troupes.

L’objectif de cette opération est de sécuriser les alentours de la ville de Gao dans un rayon de 100 kilomètres. « De nombreux islamistes ont fui après la libération de la ville, rappelle le capitaine Diarra. Ce sont eux qui ont attaqué Gao depuis. Ils ont aussi volé des commerçants en brousse », poursuit le capitaine Diarra, qui évoque l’attaque de quatre camions en début de semaine. L’opération se poursuit.

A Kadji, les interrogatoires des jihadistes présumés sont en cours

Le village de Kadji est divisée en deux parties : le quartier de Kadji Dar es-Salam forme une petite île dont les habitants sont wahabbites. Depuis une quarantaine d’années, ils pratiquent un islam particulièrement rigoureux. Et depuis vendredi, tous les hommes encore présents sur l’île, ont été placés en garde-à-vue, accusés d’avoir collaboré avec le Mujao.

Hafiz el-Mahadi est le conseiller du chef traditionnel de l’île. Il a été interpellé il y a quatre jours : « Même pendant l’occupation, aucun de nous, aucune des personnes qui sont retenues ici, n’a jamais pris les armes avec le Mujao », assure-t-il. Ce notable de l’île affirme, qu’au cours des fouilles, les militaires ont violenté les populations et commis des vols. Selon lui, c’est uniquement parce que les habitants de l’île sont des wahabbites qu’ils sont aujourd’hui la cible de toutes ces accusations.

Zoukaleni Konna est l’imam de Kadji Dar es-Salam, lui aussi en garde-à-vue : « C’est vrai que des jeunes sont partis se battre avec le Mujao, mais ils n’étaient pas nombreux. Et ni moi, ni le chef du village, ni personne n’a décidé de les envoyer là-bas, nous avons même essayé de les en dissuader, mais ils ne nous ont pas écoutés ».

Les militaires n’ont trouvé aucune arme sur l’île mais soupçonnent les habitants de s’en être débarrassés. A la gendarmerie de Gao, les interrogatoires continuent.

 

SourceRFI

Dioncounda plaide pour la venue de casques bleus au nord du Mali. Que prépare-t-il ?

L’annonce de la mort supposée de l’émir d’AQMI dans la Sahel, le sinistrement célèbre Abou Zeid, risque d’occulter quelques aspects majeurs de l’évolution politique de la guerre au nord du Mali. Un tournant décisif que veut assumer le président malien Dioncounda Traoré, visiblement trop reconnaissant vis-à-vis des pays qui ont apporté leur aide militaire pour émettre la moindre réserve sur tout ce qui peut être élaboré sur la scène internationale. Un Président malien par intérim qui pourrait aussi appréhender la question du Nord en fonction de calculs politiciens à Bamako…Dioncounda-Traoré

Pour preuve, le projet de se débarrasser de la MISMA, à peine installée, au profit de troupes de l’ONU. Une véritable rupture épistémologique entre un front de reconquête militaire d’une partie de territoire occupée par des terroristes, et l’assujetissement de cette même entité territoriale à la présence d’une force internationale. Avec tous les sous-entendus qui en découlent. En effet, nombre de Maliens, dans la classe politique ou dans les médias, voient d’un œil inquiet l’arrivée de casques bleus dans le Septentrion parce que cela signifierait pour eux une sorte de reconnaissance que la crise au nord du Mali demeure, malgré l’intervention armée de la coalition CEDEAO-France et le soutien international. Malgré «le succès militaire».

Casques de mauvais augure

Or, tout le monde l’aura compris, pour Bamako il n’est pas question que le dialogue inscrit dans la résolution des Nations unies 2085, juxtaposé à la réaction par les armes, rouvre la porte aux revendications touarègues et à la surenchère indépendantiste. Il n’est pas non plus question pour le pouvoir central de remettre sur la table des négociations la problématique de la violence de ces derniers mois comme un conflit entre le Nord et le Sud d’un même Etat. Pourtant, la venue des soldats de l’ONU modifie en soi la lecture de la crise, comme le souligne un confrère sur un site du web malien, Lacine Diawara d’Option, qui signe un éditorial plutôt pertinent : «Agissant très souvent en force d’interposition entre les parties en conflit, les casques bleus de l’ONU donnent implicitement aux belligérants les droits de gérer à leur guise les lieux qu’ils occupent.

Ainsi au fil du temps, ces parties en conflit se renforcent et se confortent dans leurs nouveaux environnements. Très récemment et sous les regards indifférents de ces casques bleus, le Soudan a été officiellement divisé en deux États distincts : le Soudan et le Soudan du Sud. Un élément d’analyse que le journaliste accompagne de son regret de voir un recours aux casques bleus quand la victoire sur les groupes terroristes semble sur le point d’être remportée. Triomphe prématuré ou non, les interrogations sur les répercussions de cette force d’interposition nouvelle dans le Sahel demeurent bien légitimes.

Pour la France et la  CEDEAO…

Alors, comment se fait-il que le Président malien Dioncounda Traoré accepte aussi facilement ce scénario, lui, le politique expérimenté et connu comme la plupart de ses pairs de la transition démocratique des années 1990 pour son souverainisme sans faille? Comment se fait-il qu’un président intérimaire à peine consensuel, à travers un Mali ébranlé dans ses fondements politiques par cette crise du Nord qui a mené à un coup d’Etat un mois avant les élections présidentielles, se permette de prendre le risque de soustraire à l’autorité du gouvernement malien une large partie de son sol qui passerait en stand by onusien ? Par delà le deal possible avec la France, le principal partenaire dans cette guerre «salvatrice» contre les jihadistes et qui affiche sa volonté de voir ses troupes quitter au plus vite le Mali avant que la situation militaro-politique  ne se complique, on peut détecter une explication de politique interne dans les faveurs de Dioncounda Traoré pour la mutation de la MISMA.

Dans son discours manifestement très préparé, qu’il a adressé aux membres de la CEDEAO, le chef de l’Etat malien déclare que «le concept stratégique, fondement de l’action de la MISMA, vient d’être révisé à Bamako.  Cette mission ne demeurera pertinente que porteuse du mandat le plus approprié pour protéger l’intégrité de notre pays, ramener et maintenir la paix et la sécurité dans les régions en cours de libération, dans l’espace CEDEAO, en Afrique et dans le monde.C’est pourquoi nous sommes fortement favorables à la transformation du mandat de la MISMA dès que les territoires occupés seront libérés, afin de faire de la MISMA une force de maintien de la Paix des Nations Unies.» Il répond ainsi à la demande de la CEDEAO qui cherche un moyen de faire financer par l’ONU cette présence militaire au nord du Mali qui doit durer, tandis que la MISMA attend des promesses de dons qui peuvent ne pas venir en ces temps de crise économique internationale.

…Et en finir avec Sanogo

On ne sait pas ce qu’en pense l’autre homme fort du pays qui a indirectement porté au pouvoir Dioncounda Traoré, le capitaine Sanogo, auteur du putsch qui a mis fin prématurément  au mandat d’Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012. Un coup d’Etat qui a peut-être aussi accéléré l’invasion du nord du Mali par les rebelles des différentes factions et obédiences. Il n’est cependant pas à exclure que c’est justement pour dépouiller définitivement  le capitaine putschiste de sa carte nord-malienne que le Président civil s’accomoderait d’un commandement onusien sur le front, en réduisant les capacités de chantage de Sanogo.

Comment réagiront les pensionnaires de Kati (ville garnison dans la périphérie de Bamako et QG des putschiste-NDLR)?  Il se pourrait que de nouvelles alliances se tissent entre les militaires maliens et les rivaux de Dioncounda Traoré.  Surtout qu’une grogne bruit dans les rangs des soldats maliens opérant sur la  ligne des combats, et implicitement interdits de rentrer à Kidal pour des raisons politiciennes inavouées… Les prochaines échéances présidentielles exigées par la communauté internationale dans le cadre d’un retour entier à l’ordre constitutionnel, ne manqueront pas de peser sur les décisions des uns et des autres face à l’évolution de la crise dans le Septentrion. A ce sujet, on peut se demander si la France cache une préférence pour un candidat potentiel qui saurait garantir une gratitude utile à son égard au Mali durant les années qui viennent…

Écrit par Nordine Mzalla

Sourcejeune-independant.net

Un soldat français tué samedi, le troisième depuis le début de l’opération Serval

PARIS – Un soldat français est mort au combat samedi dans le nord du Mali, a annoncé dimanche la présidence française, ce qui porte à trois le nombre de militaires français tués depuis le début de l’offensive déclenchée le 11 janvier contre les groupes islamistes armés.soldats militaires legionnaires francais gao

Le président de la République a appris avec une grande tristesse la mort au combat hier soir dans le nord du Mali d’un soldat d’un régiment parachutiste, a déclaré la présidence dans un communiqué. Le chef de l’Etat exprime son profond respect pour le sacrifice de ce jeune soldat.

Selon l’état-major des armées, au moins une quinzaine de combattants islamistes ont été neutralisés samedi au cours des opérations qui ont coûté la vie au soldat français.

Le président Hollande salue le courage et l’ardeur des forces françaises engagées dans le combat contre les groupes armés terroristes pour restaurer la pleine souveraineté du Mali, aux côtés des forces armées maliennes et des contingents africains.

Un premier soldat français, un pilote d’hélicoptère, avait été tué dans la région de Sévaré (nord) dès les premières heures de l’intervention française contre les groupes islamistes armés qui occupaient le nord du Mali et préparaient une offensive en direction du sud.

Un légionnaire parachutiste a ensuite été tué le 19 février lors d’un accrochage dans le nord du pays.

Selon l’état-major, le parachutiste a été tué samedi lors d’une opération des forces françaises contre les groupes terroristes dans le massif des Ifoghas, une région montagneuse proche de la frontière algérienne où se sont retranchés les groupes jihadistes.

Tout au long de la journée les parachutistes avaient engagé le combat à plusieurs reprises avec les éléments terroristes, a précisé à l’AFP le colonel Thierry Burkhard. Le soldat a été tué en fin d’après-midi en montant à l’assaut d’une position ennemie avec sa section, à une cinquantaine de km au sud de Tessalit.

(©AFP / 03 mars 2013 12h14)

SourceAFPUU

Belmokhtar donné pour mort par l’armée tchadienne au nord du Mali

Islamisme. Le Tchad a annoncé hier avoir tué un second chef d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), après Abou Zeid. Mokhtar Belmokhtar, dit « le borgne », avait pris ses distances en octobre avec Aqmi, et avait revendiqué la sanglante prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, en janvier, au sud de l’Algérie.mokhtar belmokhtar

Alors que la mort du cheikh d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Abou Zeid, n’était toujours pas confirmée hier soir, l’armée tchadienne annonçait que ses soldats « ont détruit totalement la principale base des djihadistes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas », et ont tué le chef Mokhtar Belmokhtar. Surnommé « le Borgne », celui-ci avait revendiqué l’attaque contre le complexe gazier d’In Amenas en Algérie, quelques jours après l’intervention française au Mali.

Les annonces de décès de chefs islamistes se succèdent en provenance du Tchad. Pour Abou Zeid, c’est le président tchadien Idriss Déby en personne qui a proclamé sa mort. Paris se refuse pour sa part à tout commentaire, ce qui laisse planer le doute quant à la situation réelle sur le terrain.

Le doute persiste sur la mort des deux hommes

Matthieu Guidère, professeur d’islamologie à l’université Toulouse 2, que nous avions déjà interrogé hier, se montre dubitatif. Il note qu’aucun réseau islamiste ne confirme le décès d’Abou Zeid. Or, souligne-t-il, « l’expérience montre que les djihadistes ne cachent jamais leurs morts et en font immédiatement un martyr ». L’universitaire pense que l’objectif de cette nouvelle, si elle se révélait fausse, pourrait être d’obliger Abou Zeid à communiquer pour dire qu’il est toujours vivant, ce qui permettrait de le localiser. Les Américains ont déjà repéré et abattu, par drones interposés, des chefs talibans en Afghanistan et au Pakistan grâce à une telle ruse. Le président russe Eltsine avait également fait tuer par un missile tiré d’un avion son homologue tchétchène Djokhar Doudaïev, en 1996. Le missile avait été guidé par les ondes du téléphone satellitaire de Doudaïev…

Quoi qu’il en soit, l’annonce de ces deux morts relance les inquiétudes sur les otages français au Sahel dont au moins six sont détenus par Aqmi. Matthieu Guidère souligne que « quand les djihadistes sont attaqués, les représailles sur les otages sont quasi systématiques ».

« L’action militaire met en danger les otages, clairement », renchérit René Robert, grand-père de Pierre Legrand, un des otages français.

« Nettoyer la zone»

Les Tchadiens qui annoncent avoir abattu les deux chefs islamistes, ont eux-mêmes subi de lourdes pertes ces derniers jours dans la région, où les combats font rage à l’abri de toute couverture par la presse. Selon Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), l’armée française, avec l’aide des Tchadiens, des Maliens et des Algériens, « est en train de nettoyer toute la zone, et les jihadistes mettront du temps à s’en relever… s’ils s’en relèvent ».

P. F.