Le chef djihadiste Abou Zeid a été abattu par les troupes tchadiennes (Idriss Déby)

LIBREVILLE – Les troupes tchadiennes ont abattu Abdelhamid Abou Zeid, l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) lors d’affrontements dans le massif des Ifoghas, a annoncé le président tchadien Idriss Déby Itno vendredi soir.Abou Zeid

Le 22 février nous avons perdu nos soldats dans le massif des Ifoghas après avoir détruit la base des jihadistes. C’est pour la première fois qu’il y a eu un face à face avec les jihadistes. Nos soldats ont abattu deux chefs jihadistes dont Abou Zeid et ils ont libéré Tessalit (extrême-nord est du Mali), a déclaré le président Déby aux corps constitués venus lui présenter leurs condoléances après l’hommage solennel rendu vendredi aux 26 soldats tchadiens morts dans le nord Mali.

Auparavant, Washington avait jugé très crédibles des informations faisant état de la mort au Mali de l’Algérien Abou Zeid, annoncée par des médias algériens alors que Paris s’est refusé à toute confirmation.

Des informations circulent, je n’ai pas à les confirmer parce que nous devons aller jusqu’au bout de l’opération, avait déclaré plus tôt dans la journée le président François Hollande qui évoquait dans un discours l’opération militaire au Mali, entrée sans doute dans sa dernière phase, sûrement la plus délicate.

Citant des sources sécuritaires, la chaîne de télévision privée algérienne Ennahar TV, avait annoncé jeudi soir qu’Abou Zeid était mort avec 40 islamistes dans le nord du Mali, après de violents combats près de Tigharghar, dans le sanctuaire d’Aqmi et des islamistes les plus radicaux de l’Adrar des Ifoghas, dans l’extrême nord-est malien, près de la frontière algérienne.

(©AFP / 01 mars 2013 20h11)

SourceAFP

Traque des islamistes à Kadji à Gao

Une opération militaire a été menée jeudi 28 février dans le village de Kadji, soupçonné d’être un repère d’islamistes infiltrés dans la région de Gao. Une opération menée en toute discrétion, confirmée cependant par un militaire malien sous couvert d’anonymat, et à propos de laquelle l’armée française ne souhaite pas s’exprimer.gao armee militaire francais

Il n’y a eu aucun coup de feu. Aucun affrontement n’a marqué l’opération menée par les forces françaises et maliennes à Kadji. Une opération montée en collaboration avec un chef traditionnel du village, qui a commencé aux alentours de 15 heures, jeudi 28 février, pour se terminer en début de soirée, ont rapporté plusieurs habitants.

Dix-huit islamistes présumés ont été arrêtés au cours de cette opération, a affirmé un élu local. Des arrestations qui viennent s’ajouter aux quinze personnes déjà appréhendées en début de semaine, dont plusieurs auraient été libérées depuis.

Des militaires restent sur place

Les habitants de Kadji sont réputés pour leur pratique d’un islam rigoureux. La population de Gao les accuse également d’avoir activement collaboré avec le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, au cours des dix mois de l’occupation islamiste. Les habitants de Kadji sont aussi soupçonnés de continuer, encore aujourd’hui, d’aider les jihadistes à se cacher.

L’opération visait justement à vérifier la validité de ces soupçons, a indiqué un élu local, qui a précisé que les militaires n’avaient trouvé aucun combattant du Mujao dans la ville. Cependant, certaines personnes ont fui la ville avant l’arrivée des soldats, ce qui les rend a priori suspectes.

Une partie des militaires qui ont participé à l’opération sont restés sur place, à Kadji.

Un des chefs d’Aqmi aurait peut-être été tué. Ennahar TV, la télévision algérienne et le quotidien français Le Monde ont annoncé que les forces françaises auraient tué, il y a quelques jours, Abdelhamid Abou Zeïd, l’un des chefs d’al-Qaïda au Maghreb islamique. Mais l’armée française et l’armée malienne n’ont pas confirmé cette information.

Par RFI

Dans les roches de l’Adrar de Tigharghâr, une bataille cruciale est engagée

Ceux qui ont eu l’occasion de s’y rendre s’accordent sur un point : l’Adrar de Tigharghâr semble avoir été spécialement créé par le dieu des rébellions pourabriter des combattants en guerre contre des forces conventionnelles. Dans le massif rocheux, il coule une eau abondante, qui fait pousser une végétation épaisse, des avantages déjà précieux dans cette région de soif et d’aridité où boireet se cacher sont une affaire de vie ou de mort.explosion attentat kidal

De plus, des rochers y ont judicieusement été creusés par la nature pour fournirde nombreux abris. Historiquement, l’Adrar de Tigharghâr a été un lieu de refuge pour les rébellions touareg combattant l’armée malienne ou la puissance coloniale, la France. Aujourd’hui, c’est dans ce massif que se livre une phase cruciale de l’opération militaire française en cours contre les rebelles islamistes alliés d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

RÉORGANISATION PARTIELLE DES REBELLES

La première partie de l’intervention française au Mali avait été un défi de logistique et de vitesse, une opération de mouvement de plusieurs semaines pour bousculer les alliés d’AQMI à travers le pays, jusqu’au fleuve Niger et aux villes principales qui se trouvent sur ses berges, de Tombouctou à Gao. Les combats dans cette période ont été marginaux. Les rebelles évitaient l’affrontement, abandonnant les villes après avoir subi des frappes aériennes. Une partie des hommes du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), d’Ansar Eddine (mouvement qui a éclaté depuis) et de certains de leurs alliés d’AQMI se sont donc dispersés dans plusieurs zones du nord Mali, passant pour certains dans les pays voisins, tout en s’efforçant d’échapper à la surveillance aérienne.

Ils sont parvenus à se réorganiser partiellement, parvenant à monter des attaques à Gao et des attentats-suicides dans plusieurs villes, à partir de poches à l’intérieur du pays, où ils jouent des difficultés et de l’étendue du terrain pour serendre insaisissables.

ÉCHAPPER AUX DÉTECTIONS THERMIQUES

Comment combattre efficacement des groupuscules en mouvement presque permanent, camouflés dans le paysage, évitant de communiquer autrement que par messagers, de se regrouper pour servir de cible ou de faire chauffer trop de moteurs à la fois pour échapper aux détections thermiques ? Ces tactiques pesaient jusqu’à présent sur le futur de l’opération française Serval, menacée de dilution à l’échelle d’un territoire plus vaste que l’Hexagone. Mais l’Adrar de Tigharghâr a peut-être servi de capitale informelle à cette armée des ombres islamistes. C’est là que se joue la seconde phase, cruciale, de la guerre au Mali, menée par des troupes françaises et tchadiennes, avec l’aide de certains Touareg.

Pour Bilal ag Cherif, le chef de la rébellion touareg du MNLA, (Mouvement national de libération de l’Azawad), associée discrètement à l’alliance franco-tchadienne qui mène les combats dans le massif : « Il y a de nombreuses zones où se trouve AQMI, jusqu’à l’ouest de Tombouctou, mais Tigharghâr, c’est leur point d’ancrage. C’est là que se trouve le gros de leurs forces, humaines comme matérielles. Le combat en cours y est d’une importance capitale. »

PLATEFORME POUR DES OPÉRATIONS KAMIKAZES

Des combattants semblent avoir trouvé refuge dans le massif, où avaient été constitués des stocks de munitions, de vivres et de carburant en prévision d’une longue période de guerre de harcèlement. La zone, considérée comme inexpugnable, aurait pu constituer une parfaite plateforme de lancement pour des opérations kamikazes ou des attaques éclairs dans le nord du pays. Les forces françaises y sont désormais en opération avec des moyens terrestres et aériens au sujet desquels il n’existe pratiquement aucune information. Pour faire nombre et bloquer les issues du massif, les alliés tchadiens sont là en renfort. Aucun soldat malien n’a été associé à l’opération.

Un notable d’Aguelhok, de passage à Kidal, témoigne de l’importance des opérations en cours : « Il y a les troupes françaises et tchadiennes au sol, mais aussi beaucoup de frappes de Tigre « . Il explique que les forces tchadiennes sont entrées par deux axes différents dans le massif, pour prendre en tenaille les groupes rebelles. La taille de la zone où ces derniers opèrent aurait ainsi été diminuée par deux au cours des deux dernières semaines. « Les opérations, maintenant, c’est à peu près dans une zone de trente kilomètres sur trente », assure un responsable au sein des organes de sécurité du MNLA, très impliqué dans ce dossier. Selon le notable d’Aguelhoc, deux camps d’entraînement du Mujao ont été touchés par des frappes aériennes récemment. Plusieurs dizaines de recrues des environs de Gao y ont été tuées.

Dans les combats des derniers jours, les forces tchadiennes ont été au premier rang. Eux qui aiment tant les charges héroïques pied au plancher en milieu découvert, qu’ils appellent « la guerre au Sahara », menée à bord de leurs pick-up chargés jusqu’à la gueule de guerriers, de fûts d’essence et de munitions, tirant au RPG à bout portant sur l’ennemi, les voici dans un milieu qui s’est transformé en piège le 22 février. Sidi Mohammed ag Saghid, dit « Trois Trois », chef de la sécurité du MNLA, explique : « Les Tchadiens avançaient avec une grosse colonne de 200 véhicules environ. Ils sont tombés dans une embuscade et la colonne a été coupée en deux. Mais ensuite, ils ont lancé leur propre attaque et ils ont durement frappé les islamistes ».

Dans l’Adrar de Tighargâr, le renseignement joue un rôle clef. Les frappes aériennes françaises visent des dépôts, des abris ou des camps grâce à des informations précises recueillies au sol. Il y a quelques jours, un jeune garçon d’Aguelhok, la ville la plus proche, qui posait des dispositifs de pointage pour les frappes aériennes françaises, a été surpris par les rebelles islamistes et exécuté, selon le responsable de l’administration locale qui dit sa crainte en entendant les détonations sourdes dans le massif voisin, tout en reconnaissant que les tirs« s’éloignent ». Tigharghâr est-il en train de constituer une nasse rocheuse, finalement, où serait enfermé le plus gros des forces rebelles islamistes ? Aucun témoin extérieur n’a pu approcher de la zone pour s’en rendre compte. Cette bataille cruciale se livre loin des regards.

EXFLITRATION

On ne peut donc qu’ébaucher l’hypothèse qu’un tri est en train de s’effectuer entre les mieux organisés des combattants, capables de se faufiler vers l’extérieur, et les recrues moins affûtées. Une source locale bien informée, qui vient de passerquelques jours en brousse dans les abords de l’Adrar, témoigne : « La nuit, on entend des petits groupes de trois à cinq pick-up qui avancent, tous feux éteints, pour sortir des rochers et prendre la direction de l’Algérie ou de Taoudenni ».

Il existe des zones rebelles près de Gao, près d’Ansongo. Mais pour les forces qui quittent Tighargâr, c’est vers les zones arides du nord, où la chaleur qui monte de jour en jour rendra bientôt la vie et les opérations militaires particulièrement difficiles, qu’il est possible à des combattants isolés de s’exfiltrer. Cela revient pour eux à gagner des zones encore plus lointaines pour survivre. Cela ne règle pas le cas d’autres poches rebelles au Mali, mais cela pourrait casser une partie de l’architecture de la guérilla au nord Mali.

Jean-Philippe Rémy – Kidal (Mali) Envoyé spécial

LE MONDE | 28.02.2013 à 12h18

Kidal est devenu incontrôlable

Deux jours après un nouvel attentat suicide à Kidal, le MNLA tente de trouver des solutions pour sécuriser une ville étalée et très difficile à sécuriser. Une sécurisation compliquée, de plus, par des conflits avec les ex-combattants d’Ansar Dine désormais au Mouvement islamique de l’Azawad.mnla-mandat-arret touareg kidal

Excédées, les femmes de Kidal ont décidé de faire la police. Jeudi matin, un petit groupe s’est rendu au poste de contrôle à l’Est, au niveau de la piste qui part vers Tinessako, un check-point géré par des combattants du MIA, ex-membres d’Ansar Dine. Des combattants jugés trop laxistes. « Ils ne contrôlaient rien, raconte une participante. Ils laissaient passer tout le monde. On veut du sérieux ».

John Ging

Directeur des opérations humanitaires de l’ONU qui s’est rendu au Mali au chevet des déplacés

Le nombre de personnes violées ou mutilées est effrayant. Toute une population dans le nord du Mali a été traumatisée…

Au même moment et pour la première fois, des patrouilles du MNLA entamaient des fouilles dans des bâtiments.

Visés, des lieux abandonnés, des garages et des maisons, notamment celles de cadres du MIA. « Les fouilles n’ont rien donné, affirmait hier soir un chef de la sécurité du MNLA, mais nous comptons ratisser toute la ville ».

Le MNLA cherche visiblement à isoler le MIA. Le refus de toute alliance politique et les vives critiques sont quotidiennes. « Ils disent que l’on porte l’odeur d’Aqmi », affirme l’un des leaders du MIA, qui ajoute que « l’exécutif du MNLA estime qu’une alliance avec nous serait défavorable dans le futur ».

Une jeune commerçante de Kidal s’énerve de ces tensions. « En attendant, explique-t-elle, Kidal est loin d’être sécurisée. Les terroristes ont visé des postes de contrôles. Mais que se passera-t-il s’ils commettent des attentats à l’école ou au marché ? ».

 

Par RFI

Dioncouna reste à son poste jusqu’aux élections générales

Le président de la République, dont le mandat intérimaire devait s’achever le 26 avril prochain, le gouvernement, l’Assemblée nationale resteront en place  jusqu’à l’installation des institutions issues des élections générales annoncées avant la fin du 31 juillet 2013. Telle est l’une des principales décisions prises par le 42ème sommet de la CEDEAO qui vient de se tenir les 27 et 28 février  à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire. Au surplus, une mise en garde sévère est adressée  à tous fauteurs de troubles, civils et militaires qui, par leurs agissements, tenteraient de compromettre le retour à la normalité politique. Autres recommandations fortes formulées par le sommet : l’armée malienne doit être déployée sur l’ensemble du territoire national et le MNLA ne peut accéder à un processus de dialogue que s’il est désarmé et renonce à la violence et à son projet sécessionniste.dioncounda traore alassane dramane ouattara ado cedeao 

Nous l’avions annoncée dans notre édition du mardi 25 février, parue la veille de l’ouverture du 42ème sommet de la CEDEAO qui a pris fin hier jeudi 28 février à Yamoussoukro:  l’un des faits marquants de ces assises devait être la deuxième prorogation de l’intérim du Pr Dioncounda Traoré, la première de douze mois qui lui avait été accordée par l’organisation sous-régionale arrivant à expiration le 26 avril prochain. Alors que  les élections pour désigner un nouveau président de la République et mettre en place une nouvelle Assemblée nationale ne seront pas effectives avant le 31 juillet, dans l’hypothèse la plus optimiste.

Cette information a été confirmée hier : les 13 des 15 chefs d’Etat présents dans la capitale politique de Côte d’Ivoire (le Bénin s’était fait représenter à un niveau ministériel et le Cap Vert par un ambassadeur) ont « décidé de proroger le mandat des organes de transition jusqu’à la fin de la transition et ce, conformément à l’avis de la Cour Constitutionnelle. A cette fin, ils exhortent les autorités maliennes à envisager le processus constitutionnel nécessaire « .

Cette décision est loin d’être superfétatoire. On se rappelle que les 9 et 10 janvier dernier, la COPAM avait fait sortir dans les rues de Bamako et Kati des groupuscules d’excités pour tenter de « chasser du pouvoir » Dioncounda Traoré alors même que les jihadistes attaquaient Konnan, avec l’intention évidente de s’emparer du verrou stratégique  qu’est la base militaire de Sévaré. Sa prise eût signifié la fin de l’Etat malien dans la forme que nous lui connaissons actuellement.  Les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont conscience que la menace plane toujours sur les organes de la transition (président de la République intérimaire, gouvernement, Assemblée nationale). Aussi, ont-ils tenu non seulement à faire savoir que lesdits organes gardent leur totale confiance et agissent avec leur «  mandat  » mais aussi qu’ils ne toléreront qu’aucune entrave soit faite à leur action dans la mission à eux assignée.

Le point 23 du communiqué final qui a sanctionné les travaux est explicite à cet égard : « La conférence réitère son soutien ferme à la transition en cours et aux autorités de la transition dirigée par le président Dioncounda Traoré et exprime sa détermination à défendre la transition contre tous fauteurs de troubles, civils ou militaires « .

Voila qui est clair et devrait encourager les organes de la transition à conduire leurs taches avec plus de sérénité. D’où la satisfaction exprimée par des membres de la délégation malienne : « La CEDEAO se devait d’affirmer d’une voix forte et sans ambages que la transition continue tant que des autorités légalement élues ne sont pas en place. Elle devait lever toute ambigüité et lancer une mise en garde aux irréductibles de la subversion. Ils doivent cesser leurs agitations, permettre au pays de retrouver la paix, de renouer avec la démocratie par des élections transparentes et apaisées et de se réconcilier avec le monde « .

Autre sujet sur lequel la prise de position de la CEDEAO a apporté un grand soulagement à la partie malienne : la Conférence a rappelé son attachement à l’unité et à l’intégrité du Mali qui  » exige en particulier le déploiement de l’armée malienne sur l’ensemble du pays « . En outre, elle a réclamé « le  désarmement de tous les groupes armés, notamment le MNLA « . Elle a précisé que  » la renonciation du MNLA à la violence et à son projet sécessionniste est une condition minimale à remplir avant son acceptation dans tout processus de dialogue « .

De leur côté, les autorités de la transition sont  » exhortées à créer les conditions nécessaires pour la tenue d’un forum de dialogue sur les questions de gouvernance entre les populations des régions du nord en impliquant notamment les représentants des différentes communautés, les élus et les organisations de la société civile « . Dans ce contexte elles sont appelées à accélérer  la mise en place de la Commission Nationale de Réconciliation et de Dialogue annoncée par Dioncounda Traoré dans le message qu’il a délivré à la nation, le 29 juillet 2012, au retour de son long exil médical parisien. Laquelle Commission a vocation à promouvoir, «à travers la plus grande représentation possible, la réconciliation nationale et la restauration d’une paix durable».

Concernant la situation sécuritaire au Nord Mali, le sommet de Yamoussoukro a condamné les attentats suicides et les actes de guérilla auxquels se livrent les jihadistes en désarroi. Il a demandé aux forces alliées d’y mettre un terme, par une contre offensive appropriée, et d’engager «  des poursuites  » contre leurs auteurs.

Les gouvernements français et tchadien ont eu droit à « la profonde gratitude » de la CEDEAO pour leur action salvatrice au nord du Mali et les sacrifices consentis (le Tchad a perdu à ce jour 27 soldats et 50 autres ont été blessés).

De recommandations ont été faites pour une meilleure coordination des activités de la MISMA, la prise en charge sans délai de ses besoins, notamment pour ce qui est du déploiement des troupes et de la fourniture  de logistiques additionnelles.

Le respect scrupuleux des droits humains et du droit international humanitaire par les forces alliées dans le cadre de leurs opérations a été vivement demandé. A cet égard, le sommet s’est réjoui des initiatives engagées par la CEDEAO, l’UA et d’autres partenaires de déployer rapidement des observateurs des droits de l’homme dans la zone de conflit et de former le personnel de la MISMA aux valeurs relatives au droit humanitaire.

Enfin, les chefs d’Etat «ont instruit la Commission de la CEDEAO d’adresser une requête aux Nations Unies pour soutenir la demande formelle du Mali de transformer la MISMA en opération de paix onusienne avec un mandat approprié, dès que les conditions le permettront». C’est-à-dire, dans l’esprit des autorités maliennes, une fois que les repaires des jihadistes auront été nettoyés et les groupes de rebelles et de narcotrafiquants neutralisés ou anéantis. Nous y reviendrons dans notre édition de lundi.

Notre envoyé spécial à Yamoussoukro, Saouti Haïdara

Tchad: un jour de deuil national pour les militaires tombés au front malien

La journée du 1er mars 2013 est déclarée jour de deuil national sur tout l’étendue du territoire tchadien. C’est une décision du Président Idriss Déby Itno qui a signé un décret instituant cette journée fériée, chômée et payée. Le texte précise cependant que, les drapeaux seront mis en berne à partir de 10 heures, le 1er mars 2013 jusqu’à 24heures.Le Commandant Abdel Aziz Hassane Adam armee tchadienne

On peut également lire sur cette note que toutes les activités à caractère festif sont interdites. Mais, les musiques militaires, religieuses et les prières sont autorisées dans les médias et les lieux de culte.

Il revient au Premier Ministre de signer un arrêté qui fixera les modalités d’organisation des obsèques des 25 militaires dont les corps arrivent ce 27 février à N’Djamena en présence d’Idriss Deby Itno Président de la République et chef des armée du Tchad.

Un Idriss Deby Itno qui a assisté le 27 février dernier au sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Yamoussoukro. Il a été très énergique dans ses propos lors de cette rencontre. L’heure n’est plus aux discours (…) mais plutôt à l’action, l’ennemi n’attend pas, a-t-il déclaré.

Nous appelons l’état-major de la Cédéao à plus de célérité en accélérant l’envoi des troupes dans la zone libérée, a-t-il ajouté. S’adressant aux soldats tchadiens, il leurs a signifié que leur place était au front. Ce qu’il demande également aux soldats maliens et ouest africains.

Par Henrie Lucie Nombi – 28/02/2013

Sourcejournaldutchad

Nord du Mali: «Il y a tous les ingrédients pour une confrontation intercommunautaire»

Au nord du Mali, les équilibres ethniques sont fragiles, comme en témoignent les violents affrontements entre les communautés arabe et touarègue le week-end dernier dans l’extrême nord du pays. L’armée française risque-t-elle de tomber dans le piège ethnique ? L’ancien ambassadeur Mohamed Mahmoud El-Oumrany est le président de la communauté arabe du Mali.

 

RFI : Est-ce qu’il y a des exactions contre les populations civiles du nord du Mali de la part de l’armée malienne ?

Mohamed Mahmoud El-Oumrany : A la libération de Tombouctou, il y a eu des exactions, contre la communauté arabe en particulier. Il y a eu des pillages de magasins et de domiciles, et il y a eu des pertes humaines. Nous avons poussé des grands cris. Et le Mali est en train de réagir. Des sous-officiers, des soldats, qui sont responsables de certaines de ces exactions sont en route pour Bamako.

Lundi 25 février en effet, un porte-parole de l’armée malienne a annoncé à la télévision que des militaires fautifs étaient rappelés à Bamako. Avez-vous des nouvelles des quatre commerçants qui ont été enlevés à Tombouctou, à leur domicile, le 14 février dernier ?

Non, nous n’avons aucune indication, et c’est la raison pour laquelle ces militaires sont acheminés actuellement vers Bamako.

Ce qui veut dire que vous êtes très inquiet ?

Bien sûr, nous sommes très inquiets ! Nous, nous considérons qu’ils n’existent plus, qu’ils ont été liquidés. Les militaires en question viennent pour répondre de ces exactions. La justice est en marche, l’autorité de l’Etat est en marche. Nous considérons que ces exactions ne se renouvelleront plus.

Samedi 23 février, à al-Khalil, dans l’extrême-nord, il y a eu des combats meurtriers qui ont fait 22 morts, entre des Touaregs du MNLA et des Arabes du MAA (Mouvement arabe de l’Azawad). Y a-t-il un risque de graves affrontements intercommunautaires ?

Je vais vous dire une chose : il y a tous les ingrédients pour une confrontation intercommunautaire. C’est la faute du MNLA. Le MNLA a attaqué des commerçants paisibles à al-Khalil, il a attaqué également des véhicules isolés sur l’ancienne route Nord-Niger, qui relie l’Algérie à Gao et à Tombouctou. Il a pillé des véhicules à al-Khalil, il a pris toutes les marchandises, les maisons, les boutiques. Tout est pillé. Et il y a actuellement entre 16 et 20 personnes entre ses mains. Toute la communauté arabe qui résidait à al-Khalil a été obligée d’évacuer la ville.

C’est la première fois qu’il y a un nettoyage ethnique par une communauté vis-à-vis d’une autre. La cause, c’est que la région de Kidal est considérée aujourd’hui comme un sanctuaire pour le MNLA. Il n’y a pas l’armée malienne pour rétablir l’équilibre, pour rétablir la loi. Il n’y a que le MNLA dans la région. Il vous pille, et si vous protestez, il court vers l’armée française pour dire : « Voilà les islamistes. Voilà les terroristes ». C’est une situation qui n’est pas acceptable et elle va conduire à un affrontement certain, entre les communautés arabes et les communautés touarègues.

Voulez-vous dire que les Touaregs du MNLA profitent de leur alliance tactique avec l’armée française, dans la région de Kidal ?

Exactement ! Et elle ne repose sur aucune utilité pour l’armée française. Le MNLA ne peut rendre aucun service concernant les intérêts français, à savoir les otages, la lutte contre les islamistes. Il ne peut pas protéger non plus les intérêts français au Niger.

Alors vous pointez du doigt les Touaregs du MNLA, mais derrière les Arabes du MAA, on parle d’Oumar Ould Hamaha, l’ex-porte-parole d’Aqmi. Est-ce que ce mouvement ne risque pas d’être infiltré par les jihadistes ?

Au moment de ces événements, Oumar Ould Hamaha n’était pas dans la région. Les services français peuvent vérifier. Quand un homme se noie dans un fleuve, il s’accroche à un serpent de passage.

Voulez-vous dire que des combattants MAA sont en train de s’agripper à des jihadistes ?

Jusqu’à présent ils ne se sont pas accrochés aux jihadistes. Mais si l’armée française ne bride pas l’action du MNLA, cela se produira, parce que les jihadistes viendront. Le prétexte sera la protection de la communauté arabe, alors que nous, nous plaçons la protection de la communauté arabe sous la loi du Mali. Mais si les exactions continuent contre la communauté arabe, on ouvre la porte à toutes les aventures.

Est-ce que le MAA n’est pas une entreprise de blanchiment pour d’anciens combattants d’Aqmi ou du Mujao ?

Absolument. Mais le MAA n’a jamais fait de coup de feu contre l’armée. Il n’a jamais fait un coup de feu contre une autre communauté. Mais aujourd’hui, alors que les Arabes sont attaqués, le MAA va sortir. C’est pourquoi je voudrais attirer l’attention de l’armée française et du Mali : cette poursuite de pression va conduire la communauté arabe dans un conflit avec les Touaregs.

Quand vous dites cela à l’ambassadeur de France à Bamako, qu’est-ce qu’il vous répond ?

Il comprend. Il pense que c’est une mauvaise situation. C’est une incompréhension qu’il faut lever rapidement, et c’est pourquoi je suis encouragé à dire à l’armée française que ce qui peut servir à la libération des otages, le maintien de la sécurité de la région, c’est d’abord les Ifoghas. C’est la famille Intalla (dirigeante du MIA, ndlr). C’est la mémoire, la confiance des communautés de l’Adrar.

Donc vous faites confiance au nouveau mouvement touareg MIA, dissident d’Ansar Dine ?

Oui, je crois que la famille Intalla doit être au-dessus de tout ça. Elle n’a pas besoin d’organisation militaire ou politique. Avec nous, avec cette famille, nous pouvons libérer les otages français.

 

SourceRFI

Faits divers : Les 2 septuagénaires n’en croyaient par leurs yeux

Pourtant le jeune Namakan qui venait juste d’arriver d’Espagne n’avait pas hésité un seul instant à calmer les ardeurs des deux septuagénaires qui se battent depuis une trentaine de minutes. 
Nous sommes dans le village de Kandjana non loin de Narena, c’est une affaire de chèvre volée qui était au cœur de la dispute. Et qui avait vu finalement Siriman et Nancouma se battre. Ils étaient sur la grande place du village, la même où ils ont l’habitude de causer toute la journée. Il était presque 18 heures quand la tension était montée d’un coup entre les deux septuagénaires qui en étaient arrivés aux mains. Alors dans un premier temps, les premiers rounds s’étaient soldés par une sorte de match nul.
Pourtant, toutes les tentatives pour calmer les deux protagonistes sont restées vaines tellement ils voulaient en découdre.
Pour la énième fois, ils étaient sur le point de recommencer avec de nombreux jeunes qui s’interposaient, tenant par leurs bras les deux septuagénaires.
Arrivé sur la grande place, Namakan qui venait de Bamako en provenance d’Espagne avait vu la petite foule, il avait demandé au conducteur de se garer. Celui-ci immobilisa l’engin aussitôt et Namakan descend de la moto et pose la question : « qu’est-ce qui se passe ici ? » Très vite il avait compris qu’un geste de sa part serait plus efficace que toute autre solution. Namakan connaissait bien les deux protagonistes, alors il s’approche en premier lieu de Siriman et glisse un billet de 10.000 F CFA dans la main de celui-ci ; idem pour Nancouma. D’un seul coup, les deux bagarreurs étaient en plein dans les bénédictions : « Que Dieu te protège, qu’il te sauve, qu’il te bénisse et bénisse tes siens,… ». Et Siriman d’enchainer :  » Hé toi Namakan, ça fait longtemps, on ne s’attendait pas à toi aujourd’hui… »
En effet, tous les villageois avaient remarqué la présence soudaine de Namakan qui n’était même pas arrivé à domicile. La tension était retombée d’un seul coup et personne n’avait compris ce que Namakan avait fait pour endiguer la tension.
Namakan qui était parti depuis sept ans revenait pour la première fois, alors il avait un  peu d’argent et n’a pas hésité un seul instant à régler le problème selon ses convictions. En effet, qui mieux que lui pouvait comprendre les difficultés de cette société qui se résument à la misère. C’est pourquoi, il ne s’est pas mis dans les discussions inutiles, il est plutôt allé à l’essentiel. Comme pour dire que très souvent dans nos sociétés, les tensions et les frustrations sont souvent dues à l’état de pauvreté ambiante qui y règne.
 
Youba KONATE

Bulles : L’ancien premier ministre Sidibe est-il parachutiste?

Quand on tient compte de son grade de général de la police malienne, il est fort probable que notre ancien premier ministre, Modibo Sidibé, ai pris une formation de parachutiste. Après avoir servi le Mali pendant plus de 20 ans dans la haute sphère de l’administration malienne, notre discret policier national a couronné son expérience administrative par le poste de premier ministre que l’ancien général président ATT lui a offert comme bonne récompense de sa loyauté.modibo_Sidibe_premier ministre

C’est à partir de son fauteuil de patron des ministres que Modibo Sidibé a eu l’ambition d’occuper celui de Président de la République du Mali. Ainsi, l’année dernière, Modibo aurait tenté de se faire une place deux des grandes cours politiques : l’Adema et le Pdes. Ces deux partis politiques avaient de potentiels candidats musclés qui lui ont empêchés d’entrer dans leurs champs politiques. En cette année 2013 aussi, ayant eu les mêmes difficultés à s’infiltrer par voies terrestre dans la cour de l’Adema, Modibo a été bien inspiré. Il a abandonné les routes et ruelles d’accès pour faire un parachutage dans le parti de l’actuel président par intérim, professeur Dioncounda Traoré. C’est le village de Tiouléma dans le cercle de Yanfolila qui a été son lieu de chute pour se doter des documents du parti lui permettant de se présenter au poste de candidat du parti lors de la présidentielle de juillet prochain. Ce lieu qu’il n’a pu fréquenter par la route lui a été accessible par les airs en devenant un parachutiste par improvisation. Bonne chance mon général parachutiste pour le reste du combat.

Des anciennes exciseuses bien récompensées.
Pour avoir définitivement abandonnées leurs couteaux qui leur permettaient de couper les clitoris entièrement ou partiellement, des dizaines de femmes ont été convaincues de recevoir d’importantes récompenses pour cette prise de décision. La somme de 800.000 frcs cfa a été offorte à chacune de ces femmes par la CSTM(Confédération Syndicales des Travailleurs du Mali). En plus, elles bénéficieront d’une réinsertion professionnelle dans des GIE ( Groupement d’Intérets Économiques). Souhaitons vivement que ces femmes ne se cacheront plus pour exercer leur profession d’exciseuses.
Quand Hawoye Touré de l’ORTM confond…
Hawoye, la journaliste présentatrice de journal de l’ORTM a l’expérience du métier. Même si elle avait momentanément arrêté la présentation du journal pour aller travailler dans le même domaine de la communication à l’Ambassade du Mali au États-Unis, elle continue à impressionner de nombreux téléspectateurs.
Ce 21 février, vers la fin de la présentation du journal télévisé de 20 heures, la charmante Hawoye a montré au public la première parution du magazine féminin « Saramaya». Sans être traductrice, Hawoye a donné le sens du mot «saramaya« en ces termes : « Pour ceux qui ne le savent pas, Saramaya, est l’art d’être beau ou belle». Elle a fait une erreur traduction par la confusion entre le sens du charme et de la beauté en Bambara. Pour la petite précision, c’est « Tiènya» qui peut être considéré comme l’art d’être beau ou belle contrairement à «Saramaya» signifiant le charme au masculin comme au féminin. Cette correction est faite pour ceux qui ne comprennent la langue Bambara.

La Rédaction, Option

Spéculation foncière dans le District de Bamako : La mairie va-t-elle enfin rétablir la SOMATRA dans ses droits ?

Le tout puissant maire du district de Bamako vient d’être échaudé dans une affaire de spéculation foncière. En effet, il vient de passer quatre jours dans les locaux de la Brigade d’Investigations Judiciaires (BIJ) à la suite d’une plainte déposée contre lui dans une affaire de spéculation par une pauvre veuve. L’édile a échappé de peu au mandat de dépôt grâce à la pugnacité de ses avocats défenseurs. Un cas plutôt rarissime dans les annales judiciaires du Mali. 
Le cas de la pauvre dame n’est pas un cas isolé. Au nombre des victimes de la mairie du District qui demandent à être rétablies dans leurs droits, figure, en bonne place, la SOMATRA SA, un groupe dont le promoteur, Mahamadou Simaga, a assigné en justice  la mairie du district de Bamako représentée par le maire Adama Sangaré.
De quoi s’agit-il ? Suivant assignation, le 20 décembre 2012, la SOMATRA, via son conseil, saisissait le tribunal civil de céans d’une action de démolition contre la mairie du district de Bamako. A l’appui de son assignation, la SOMATRA, toujours par le truchement de son avocat, expose qu’elle est propriétaire d’un bloc d’immeubles à caractère commercial construits sur les titres  fonciers 295 du district de Bamako, sis au marché Dibida, en plein centre commercial et occupés par des opérateurs économiques. La mairie du District s’est permis de construire juste en face de ces immeubles des kiosques – précisément au nombre de 37 – qu’elle a loués à des commerçants, l’empêchant ainsi de jouir pleinement de sa propriété. Malgré l’ordonnance n°108 du 1er  août 2011 du tribunal, confirmée par l’arrêt n° 430 du 4 novembre 2011 de la Cour d’Appel de Bamako prescrivant l’arrêt des travaux, la mairie du district de Bamako poursuivait la construction incriminée. Les kiosques concernés, déplore la SOMATRA,  entravent la visibilité de ses magasins, diminuant ainsi  la valeur de son fond. Que, dès lors, elle conclut à la protection de son droit par la démolition aux frais de la mairie du District des réalisations faites par celle-ci. Naturellement, la mairie de Bamako, représentée par Adama Sangaré à travers le contentieux de l’Etat, réfute cette accusation en soutenant que, dans le cadre de l’exécution du volet social du projet Anneau SOMATRA, elle construisait, suivant Décret N° 009-256/PRM du 2 juin 2009 pour cause d’utilité publique, des kiosques sur le collecteur relevant du domaine public situé au marché Dibida destiné à assurer le recasement des commerçants touchés par les travaux d’utilité publique.
Il est évident qu’à travers un tel argumentaire, la mairie espère jouer sur la corde sentimentale, sociale notamment. Mais à y voir de près, on est en face d’une argumentation spécieuse car tout se passe comme si, en agissant de la sorte, la mairie du District veut combler un trou en creusant un autre. Autrement dit, créer une injustice  en voulant corriger une autre. Toujours est-il que, malgré les décisions de justice condamnant la mairie à démolir à ses frais les kiosques incriminés sous peine d’une  astreinte de 20 millions de F CFA par jour de retard, la mairie du district de Bamako ne s’est jamais exécutée. Mais avec les derniers développements inattendus, le maire du District finira-t-il par comprendre qu’il est un sujet de droit comme n’importe quel autre citoyen malien et par démolir les kiosques en question pour que la SOMATRA soit enfin rétablie dans ses droits ? Il faut vivement l’espérer.
Yaya SIDIBE

Sadou Diallo: «Si vous ne dénoncez pas, je vais démissionner»

Le maire de Gao, Sadou DIALLO, s’adressant aux élus locaux de cette ville, a levé le voile :  » Si vous ne dénoncez pas, je vais démissionner « . L’annonce n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Elle témoigne du refus de collaboration de certaines populations avec l’armée, sans laquelle collaboration la paix sera longtemps compromise à Gao. Mais qu’est-ce qui pousse les populations à une telle approche nocive à leur égard ?

Maire- gao Sadou-Diallo

Contrairement à Tombouctou qui fête la liberté retrouvée, la ville de Gao peine à retrouver son lustre d’antan. A ce propos, deux raisons nous ont été relatées. Primo, la ville de Gao est constituée majoritairement de Wahhabites, donc de fanatiques alors très proches idéologiquement des  Jihadistes. Secundo, lorsque le MNLA a occupé Gao, en complicité avec les terroristes d’Ançar Dine et d’Aqmi, il s’en est suivi des exactions qui les ont opposés surtout à la jeunesse de Gao. Le MUJAO en a profité pour venir aux secours de ces jeunes contre le MNLA chassé de Gao des suites de combats sanglants.

Toutes choses qui ont facilité l’adhésion massive des jeunes et des chefs religieux aux actions du MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Surtout que déjà des relations de mariage se sont tissées entre les différents acteurs, le MUJAO ayant recruté des bras valides au sein de la population pour les combats et pour la sécurité de la ville abandonnée par l’armée et l’administration, ainsi que des chefs religieux pour la diffusion des messages. Et plusieurs imams constituaient les points focaux pour recevoir de l’argent et servir la cause des Jihadistes. Comment donc dénoncer des personnalités jusqu’ici respectées, surtout que presque chaque famille contient son  » Jihadiste  » ?
C’est dans cette situation de confusion que le maire de Gao a rassemblé les élus et les leaders d’opinion pour les interpeller face à la nécessité de dénoncer les complices de la terreur qui s’abat sur la ville. Le maire précise que des caches d’armes existent dans la ville jusque dans les familles et milite pour la destruction de ces caches d’armes. Dans le cas échéant, affirme-t-il, il démissionnera de son poste.
Comme pour confirmer la thèse du maire, quinze personnes soupçonnées d’avoir collaboré avec les islamistes du Mujao durant l’occupation, et de continuer de leur venir en aide, ont été arrêtées, mais dans les alentours de Gao, a annoncé hier l’AFP.
» Ces quinze personnes ont été arrêtées mardi 26 février et sont, depuis, maintenues en garde-à-vue à Gao « .
Assis dans la cour du bâtiment qui fait office de gendarmerie, les quinze gardés à vue attendent d’être interrogés. Ils ont été arrêtés dans le village de Kadji, de confession wahhabite, que les habitants de Gao désignent comme un réservoir d’islamistes, précise l’AFP.
» Ce sont des gens qui depuis 1973 ont adhéré à un fondamentalisme religieux, explique explique Sadou Dali Touré, premier conseiller d’une commune à laquelle appartient le village de Kadji. Leur religion est donc très différente de la religion des gens de Gao. Quand les groupes islamistes sont venus, ces gens, puisqu’ils ont presque la même religion, ont déjà adhéré à la cause des groupes islamistes. Ils ont collaboré, ils ont coopéré, ils ont la même intention, et ils font les mêmes choses ensemble. Le gens qui ont été arrêtés sont connus par tous. Donc, ils ont été signalés par le jeunes du village ».
Pour le moment, les quinze hommes sont officiellement en garde à vue et donc présumés innocents.  » Nous sommes en train de faire leur audition, rapporte le lieutenant-colonel Saliou Maïga, responsable de la gendarmerie de Gao. Nous faisons des rapprochements, et c’est en fonction de ça, maintenant, qu’on peut retenir leur responsabilité ou pas « .
A l’issue des interrogatoires, les quinze prisonniers pourront être ou relâchés ou inculpés, a conclu l’AFP.
Mamadou DABO

Pas de Mandé pour les malinkés, pas d’Azawad pour les touaregs

Incultes, séparatistes et vacanciers libyens, des fossoyeurs rassemblés dans un mouvement dit de libération de l’Azawad ont cru bon d’imposer à notre pays une guerre d’invasion et de destruction massive. A ces parias de la démocratie, disons que nul n’a le droit au Mali de revendiquer ni le Mandé, ni le Wassoulou, ni le Macina, ni le Kharta, ni le Songhoï à fortiori l’Azawad. Et pour causes ?

azawad kidal

Vous dites l’Azawad ? Eh ! bien ce territoire n’est qu’une vue de l’esprit après la délimitation coloniale et l’indépendance de la République du Mali. Cette vérité est d’autant plus immuable que nous sommes à l’heure de la globalisation et non de la balkanisation. Aussi, la décentralisation offre une réponse à toute idée de développement local ou régional. Enfin, au détriment des autres régions et des autres ethnies, le village de Kidal est aujourd’hui cette ville reluisante et les Touaregs sont  » placés  » au gouvernement, dans les directions administratives et intégrés à l’armée comme cela leur a valu d’être indexés comme les enfants gâtés de la Nation. Enfants à qui reviennent les nombreux fonds alloués au Nord et gérés par des touaregs. C’est pourquoi d’ailleurs nous rétorquons au MNLA de voir auprès des siens pour les accusations mensongères de détournements de fonds.

Mais revenons à l’idée d’Azawad empruntée d’ailleurs à une terminologie arabe pour désigner un territoire habité pourtant par des arabes, des Touaregs, des Songhaïs, des Peulhs, des Dogons, des Bambaras… et des Soninkés qui pourraient revendiquer Tin Essako.
La symbolique est très forte car Tin Essako signifie tout simplement la bourgade des Sako : en bambara  » Sakobougou « . Sako est un nom d’appartenance Soninké et cela suffit à prouver que la bourgade de Tin Essako, en territoire azawadien, a été fondée par un Soninké et non par un Touareg. Mieux, Askia Mohamed, qui a trôné sur l’empire Songhaï englobant aujourd’hui l’Azawad, est un Soninké. Aucun Touareg ne peut se prévaloir de telles prérogatives. Il n’y a jamais eu de roi ou d’empereur Touareg au Mali. D’où revient donc cet abominable dessein à vouloir nous imposer le rêve des frères égarés ?
En effet, les Touaregs du Mali n’ont jamais eu de problème de cohabitation avec les autres ethnies. En outre, arabe, touaregs, songhaïs, peulhs et autres sont logés dans la même enseigne, avec les mêmes difficultés et les mêmes droits et devoirs devant les lois de la République. Parlant de ces difficultés, elles sont de l’ordre des calamités naturelles qui s’imposent à toute la cité. Or il n’ya pas que le Nord du Mali qui soit sujet aux calamités. Le Mali renferme d’autres zones arides notamment à Kayes où le monde entier est témoin des investissements colossaux de la part de ses ressortissants de l’extérieur. Contrairement à ceux qui nous reviennent avec des armes de destruction massive pour anéantir ce que nous avons investi dans leur région avec toutes les peines du monde. Car if faut au moins quadrupler la mise à Kidal pour réussir à y faire par exemple le même investissement routier que dans une autre localité du Sud du pays. Selon le Premier ministre Diango Cissoko,  » en ce qui concerne l’état de développement des régions du nord du Mali, de 1961 à maintenant, on y a investi plus que dans le reste du pays. Le sentiment de marginalisation des populations tient au fait que les conditions de réalisation des projets y sont beaucoup plus difficiles. Il faut y investir quatre à cinq fois plus qu’au Sud pour obtenir le même résultat. Pour un pays non producteur de pétrole, qui dépend tant de l’aide internationale, est-il possible de consacrer autant de moyens pour le Nord ? La question vaut d’être posée, mais le Nord n’a pas été délaissé. Seulement, la modicité des ressources du pays nous oblige à faire des choix « .
Aussi, si le Mali comptait six régions à l’indépendance, il en a huit aujourd’hui avec la création de deux régions au Nord : Tombouctou et Kidal. Au Sud, la région de Bamako n’a fait que léguer son territoire à celle de Koulikoro pour ériger la ville en district. Cette nouvelle délimitation, qui doit se poursuivre, a permis des investissements colossaux en faveur du Nord, autant sur le plan administrative qu’économique. La décentralisation a été la cerise sur le gâteau pour Kidal et les touaregs. C’est pourquoi ceux qui se sont engagés pour cette approche du développement local sont satisfaits et fiers de leur appartenance au Mali des touaregs, des songhaïs, des dogons, des arabes, des senoufos, des miniankas, des bambaras, des sarakolés, des maures, des bobos, des peulhs, des khassonkés, des malinkés, des dogons, des mossis, des dafings, des diawandos, des bozos, des somonos, des ganas, etc.
Et comme le Senoufo et le malinké ne revendiquent pas le Kénédougou, le peulh ne revendique pas le Macina ou le Wassoulou, le Malinké ne revendique pas le Mandé, le Khassonké ne revendique pas le Kasso, le Bambara ne revendique le Do, le Soninké ne revendique pas le Kharta, le Touareg ne saurait revendiquer l’Azawad dans un Mali un et indivisible. Dans lequel les brassages sont séculaires à tel point que les minorités qui se sont mis à l’écart ne parviendront jamais à inverser l’ordre des choses. Au Mali d’aujourd’hui Mamadou Dabo du Sud a partagé beaucoup de choses avec l’honorable Assarid Ag Imbarcaouane du Nord, notamment des plats de riz et des tasses de thé durant une douzaine de jours à Gao, Ansongo, Bourem, Bamba, Menaka, alors qu’il n’en a jamais été le cas avec un autre député ou responsable politique.
En définitive, il n’y a pas d’Azawad au Mali et il n’y en aura jamais pour les beaux yeux de séparatistes aux intérêts sordides. Nous saurons répondre à leur campagne médiatique et l’armée malienne saura repousser leurs attaques. La classe politique et la société civile veillent au grain. Nous n’aurons de dialogue qu’avec les Maliens dignes de confiance. Ce dialogue sera inclusif, au Nord comme au Sud, avec toutes les sensibiltés du pays, loin des armes, entre frères de la même Nation, sur des questions de paix et de développement, pour le bonheur commun.
Qui vivra verra !
Intervention de l’honorable Assarid Ag Imbarcaouane, digne touareg, fier d’être Malien, face au Parlement européen en mai 2012:
«Comment pouvez-vous parler de discrimination envers les Touaregs? Hama a été ministre de Moussa Traoré, il a occupé plusieurs hautes fonctions. Zakiatou a été ministre d’Alpha Oumar Konaré, et, moi-même qui vous parle, je suis député depuis 20 ans et vice-président de l’Assemblée nationale. Au Mali, il n’existe pas de problème touareg. Comment peut-on demander  l’indépendance d’un territoire composé en majorité de sédentaires, sans demander leur avis ? Le Mali est un pays démocratique, qui ne connaît pas de discrimination, ni ethnique, ni religieuse, ni régionale, ni communautaire. Mais il y a des gens qui ne travaillent pas et qui veulent tout obtenir avec des armes. Cela n’est pas possible ! Des efforts réels ont été déployés au Nord par les différents gouvernements pour réduire les disparités tant au niveau des infrastructures éducatives que sanitaires. Il reste beaucoup à faire. C’est pourquoi nous demandons toujours le soutien et l’accompagnement des parlementaires européens…»
Mamadou DABO

Election présidentielle 2013 : La politique a horreur du vide !

Ils sont nombreux à avoir disparu du paysage politique depuis les événements malheureux du 22 mars 2012. Les leaders politiques comme Hamed Diané Séméga du PDES, Soumaïla Cissé de l’URD, Cheick Boucadry Traoré de la CARE Afriki Lakuraya se sont plus ou moins éloignés de leurs concitoyens restés dans un bateau en plein milieu de la tempête. Cet éloignement n’impactera-t-il pas sur leur cote de popularité lors des prochaines joutes électorales?hamed diane semega pdes
Le contrat social dont Jean-Jacques Rousseau parlait entre le peuple et ses potentiels gouvernants est aussi concrétisé par le  » vivre-ensemble  » (l’expression est plus que d’actualité) entre les leaders politiques et les citoyens. Lorsque ce contact symbolisé par la présence physique des responsables politiques aux côtés des populations vient à  faire défaut, le peuple perd  confiance en ces potentiels dirigeants. C’est ce à quoi on assistera surtout pour le PDES d’Hamed Diané Séméga en exil à Dakar depuis le 22 mars 2012. Si le retour de Soumaïla Cissé (dont le parti a au moins occupé le terrain à travers son émergence à l’Assemblée nationale et des dons) et de Cheick Boucadry Traoré sont annoncés pour bientôt, ce n’est pas le cas du président du PDES.
En effet, l’ancien ministre de l’Equipement et des Transports sous le président ATT et président du Parti pour le développement économique et la solidarité (Pdes), Hamed Diané Séméga a été une personnalité en vue pendant ces dix dernières années. Il vit en exil au Sénégal depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012. Même si en étant loin de Bamako, il partage la douleur du peuple malien, le leader du PDES aura du mal à convaincre l’électorat  pour ce long abandon. Lorsqu’il annonçait dans une récente interview que son parti sera présent dans tous les scrutins à venir, on se rend compte que ce sera un lourd pari pour les  » ATT boys ».
A la question de savoir les raisons de cet éloignement du pays, Hamed Diané Séméga expliquait que, depuis le coup de force de l’année dernière et depuis son exil forcé, il s’était délibérément fixé une ligne de conduite qui est la retenue.
» En particulier, je me suis astreint à une obligation, celle de ne rien dire ou faire qui puisse gêner la résistance engagée par mes camarades et mes compatriotes restés au pays contre le putsch. Et surtout ne rien dire ou faire qui soit susceptible d’affaiblir le combat acharné mené par les forces politiques et sociales de notre pays pour imposer le retour à l’ordre constitutionnel démocratique voulu par les Maliens, à l’issue du référendum du 25 février 1992 « , avait-il expliqué.
Invité à donner sa lecture de la situation du Mali de l’après-putsch et sur les convulsions qu’il continue de vivre en cette période de transition, m Séméga dira que la période de transition politique que notre pays connaît aujourd’hui a été fortement émaillée de tentatives de remise en cause émanant de ceux qui se sont donné comme mission de récupérer à des fins politiciennes l’action menée par les mutins du 22 mars.
» Mais à l’instar de mes amis du Pdes et du Fdr, je garde espoir et confiance en l’avenir de notre pays. J’ai également confiance aux autorités de la transition qui ont la lourde et historique mission de gérer cette période difficile. Vous savez, le Mali est une grande nation qui a su triompher, tout au long de sa riche histoire, des adversités de tous ordres en préservant l’essentiel: le vouloir vivre en commun de ses fils, qu’ils soient civils ou militaires, du Nord ou du Sud. Notre pays traverse précisément l’un de ces moments critiques où une nation s’interroge sur son avenir, mais grâce à Dieu, à nos amis et grâce au génie propre de notre peuple, nous gagnerons la bataille de l’unité nationale et de la restauration de l’intégrité du territoire national. Aidés par leurs frères d’arme venus d’Afrique et de France, les soldats maliens se battent vaillamment et tombent sur le champ de l’honneur pour cette cause sacrée. J’adresse mes sincères condoléances aux familles durement éprouvées des victimes civiles et militaires de cette guerre injuste imposée à notre peuple » a-t-il déclaré.
Le leader du PDES a insisté sur la réconciliation nationale, au sein de la classe politique comme au sein de l’armée, et la reconstruction nationale, après les destructions causées par les terroristes.Mais, à l’analyse, on se demande comment cette réconciliation peut être amorcée avec les acteurs de la gouvernance passée en exil. En particulier, pour le PDES, le président Séméga est à l’extérieur du pays, le vice-président N’Diaye Bah est dans les mains de la justice, d’autres cadres comme les anciens ministres Mohamed El Moctar, Ahmadou Abdoulaye Diallo, Hamane Niang rasent les murs laissant les militants du parti dans l’incertitude.
Pour une formation politique qui a fortement participé à la gestion des affaires publiques, il est difficile que cette désertion du terrain ne joue défavorablement sur les résultats électoraux à venir. Dès lors, on ne peut que lancer un appel aux responsables politiques qui ont quitté le pays de signer rapidement leur retour au bercail, car la politique a simplement horreur du vide.
 
BRUNO DJITO SEGBEDJI

Les jihadistes ne cèdent rien et continuent la guérilla

Les soldats français et tchadiens affrontent désormais dans le nord-est du Mali des jihadistes déterminés, qui refusent de céder du terrain dans cette zone montagneuse où se sont réfugiés les éléments les plus radicaux, selon le gouvernement et l’état-major des armées.armee francaise gao tombouctou kidal

Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait prévenu mercredi que les opérations se poursuivraient pendant plusieurs semaines, le temps nécessaire pour neutraliser ces groupes. Elles se déroulent principalement dans le Timétrine et la zone montagneuse de l’Adrar des Ifoghas, où se sont repliés des combattants d’Aqmi et d’Ansar Dine, et dans la région de Gao, où subsistent notamment des éléments du Mujao.

Sur le terrain, 1 200 soldats français épaulés par 800 Tchadiens poursuivent la traque des jihadistes et de leurs chefs dans la région de Tessalit, l’ultime localité reprise le 8 février aux islamistes, dans l’extrême nord-est du Mali. Les soldats maliens à leur côté leur servent essentiellement de guides.

La principale zone d’opération se situe, selon l’état-major, au sud-est de Tessalit, dans le massif des Ifoghas. Une zone vaste, de 25 km sur 25, que les combattants islamistes tentent de tenir à tout prix. Un relief de gorges et de vallées encaissées, où l’ennemi peut se dissimuler.

« Nous sommes confrontés à des terroristes extrêmement déterminés qui s’appuient sur une zone qu’ils connaissent très bien, où ils ont établi des positions défensives », selon le porte-parole de l’état-major, le colonel Thierry Burkhard. La tactique des islamistes est très coûteuse en vies humaines : les pertes, côté jihadistes, commencent à grimper. Une quarantaine d’islamistes ont été « neutralisés » dans la région par les soldats français dans la semaine écoulée (lire ci-contre). Le 22 février, 25 soldats tchadiens étaient tués lors d’un accrochage qui a fait, selon le bilan officiel, 93 morts dans le camp islamistes.

Le ciel du nord Mali noirci de drones américains

Samedi 23 février, les drones étatsuniens « Predator » sont entrées en action dans le nord du Mali. Ces drones, stationnés depuis plusieurs semaines sur une base américaine à Niamey (qui risque fort de devenir permanente au nom de la « lutte antiterroriste dans le Sahel »), ont été utilisés pour frapper des combattants djihadistes, à l’appui de l’action des armées française et tchadienne dans le massif des Ifoghars (entre Kidal et la frontière algérienne).
Ce coin désertique et montagneux reste depuis plusieurs semaines interdit à l’armée malienne elle-même. Dans cette zone, le combat contre les groupes djihadistes est pour le moment réservé aux troupes françaises, tchadiennes ainsi qu’aux membres armés du MNLA (« Mouvement national de libération de l’Azawad »).drones avions
Ce mouvement indépendantiste touareg avait été initialement soutenu par la France qui cherchait à l’utiliser comme une force supplétive pour « sécuriser » ses intérêts économiques et stratégiques au nord du Sahel. Or, le MNLA avait noué une alliance stratégique, pendant le premier semestre 2012, avec des groupes djihadistes pour élargir son champ d’action militaire. Sa direction en a payé un prix lourd, puisque les djihadistes ont rompu l’alliance et contraint les dirigeants MNLA à se réfugier au Burkina Faso fin juin 2012.
Depuis, elle cherche à tout prix à revenir dans le jeu, proposant son aide militaire à la France pour combattre au Nord-Mali. Dans le nord-est du pays, ses soldats combattent désormais avec les troupes françaises… alors que l’armée de Bamako reste exclue du terrain. Ce qui nourrit dans l’esprit de beaucoup de Maliens une vive crainte pour l’après-guerre, puisqu’ils soupçonnent la France de vouloir ensuite entretenir les divisions du pays.
La dictature tchadienne renforcée
Les troupes tchadiennes, 2 000 hommes sur le sol malien, jouent actuellement un rôle non négligeable. Le week-end dernier, l’armée tchadienne a ainsi annoncé avoir tué 65 djihadistes, mais aussi compté 13 morts dans ses rangs. Deux morts français depuis le début de l’intervention et, pour les djihadistes, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a évoqué « des centaines » de tués. Le nombre de civilEs, tuéEs ou blesséEs au titre de « dommages collatéraux », reste inconnu et la presse (y compris française) n’a aucun accès libre au terrain…
Vu l’investissement de l’armée tchadienne, dont le contingent est le plus fort sur le terrain à côté des 4 000 Français, force est de constater que la dictature d’Idriss Déby aura racheté les faveurs de la France. Ainsi, l’un des pires régimes de la région, qui est entre autres un grand utilisateur d’enfants-soldats, risque fort de sortir stabilisé de la guerre actuelle au Mali.
Bertold du Ryon

La chasse aux islamistes bat son plein à Gao

«Nous ne sommes pas du Mujao…» Interdiction de parler aux prisonniers, mais l’un d’eux parvient quand même à souffler ces quelques mots. Le regard fuyant, apeuré, l’homme d’une quarantaine d’années ne veut pas qu’on le prenne pour un combattant du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, ce groupe islamiste armé qui a occupé Gao pendant près de dix mois, jusqu’à la libération de la ville, le 26 janvier dernier. Lui et quatorze autres hommes ont été arrêtés mardi, et sont depuis maintenus en garde à vue.MALI-FRANCE-CONFLICT

Assis dans la cour de la polyclinique qui fait office de gendarmerie, depuis la destruction par le Mujao de tous les bâtiments officiels, les quinze gardés à vue attendent d’être interrogés. Ils ont été arrêtés dans le village de Kadji, à proximité de Gao, dans le nord du Mali. Une localité coupée en deux, dont une moitié forme une petite île sur le fleuve qui longe le reste de la ville, et une autre est nichée au pied d’une colline, sur la rive opposée à Gao. Ce petit village, de confession wahhabite, est aujourd’hui l’objet de toutes les rumeurs. Pour les habitants de Gao, il s’agit d’un réservoir d’islamistes. Sadou Dali Touré est le premier conseiller de la commune de Gounzoureye, à laquelle appartient le village de Kadji. «Les habitants de ce village ont adhéré à une pratique très radicale de l’islam, explique-t-il, et cela bien avant l’arrivée du Mujao, dès les années 1970. Leur pratique est très différente de celle des habitants de Gao.»

Lorsque l’on demande aux habitants de Gao s’ils craignent une infiltration des islamistes, si certains pourraient encore se cacher dans la ville, la plupart affirment ne pas y croire. Pourtant, les armées française et malienne continuent de demander aux habitants de dénoncer toute personne suspecte. L’attaque menée par des combattants islamistes la semaine dernière, en plein centre-ville, et qui a coûté la vie à deux civils, prouve que les djihadistes ne sont pas loin. «Ils sont en brousse (hors de la ville, NDLR), ils sont à Kadji», lancent vite et facilement les gens de Gao, qui entendent ainsi défendre la réputation de leur ville tout en expliquant la présence tenace de poches de combattants dans la région. «Les habitants de Kadji avaient déjà les mêmes pratiques que les islamistes, poursuit Sadou Dali Touré, alors quand le Mujao est arrivé, ils ont coopéré, collaboré. Ils avaient les mêmes intentions et faisaient les mêmes choses.»

Règlements de comptes

Aussi, c’est sur la base de dénonciations populaires que les quinze hommes aujourd’hui entendus par les autorités ont été arrêtés. «Ils sont connus de tous», confirme Sadou Dali Touré. Accusés d’avoir servi les djihadistes pendant l’occupation, soupçonnés de continuer de les aider à se cacher, les quinze hommes sont gardés à vue. Et donc présumés innocents. «Nous sommes en train de faire leur audition, précise le lieutenant-colonel Saliou Maïga, responsable de la gendarmerie de Gao. Nous faisons des rapprochements, et c’est en fonction de cela que nous pourrons établir leur éventuelle responsabilité.» Depuis la libération de la ville et l’arrivée des militaires, les dénonciations ont été nombreuses. Le lieutenant-colonel Maïga parle de «tohu-bohu», ne veut pas donner de chiffre mais confirme de la tête un ordre d’idées de 150 à 200 personnes. Le maire de la ville, Sadou Diallo, n’est pas plus précis et affirme vaguement que plus de la moitié des personnes appréhendées ont finalement été libérées. C’est que les dénonciations sont le seul moyen pour les autorités d’appréhender les islamistes encore en liberté. Vite abusives, elles sont aussi l’occasion de règlements de comptes et de vengeances personnelles…

Pour le lieutenant-colonel Maïga, il s’agit aussi de dire que tout le monde est concerné et que les habitants de Kadji ne sont pas des boucs émissaires. «Ce ne sont pas les seuls habitants de Kadji que nous interrogeons, insiste-t-il, nous vérifions tout le monde.» À l’issue des interrogatoires, les quinze habitants de Kadji seront soit relâchés, soit inculpés. Auquel cas ils connaîtront le même sort que la quarantaine de personnes déjà transférées de Gao à Bamako, en attente d’un jugement.

Il n’ y a aucune base militaire du MNLA ou du MIA à Kidal

A à Kidal à l’extrême nord-est du Mali vers la frontière algérienne, il n’y a pas une base militaire du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), groupe rebelle touareg indépendantiste) ou du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), dissident du groupe terroriste islamiste Ançar Dine d’Iya Ag Ghaly, qui vient d’être mis sur la liste officielle des terroristes par le département d’Etat des Etats-Unis, a indiqué mercredi un officier africain.rebelle-mnla

Je peux vous assurer qu’au niveau de Kidal, il n’y a pas un sanctuaire, il n’y a pas une base militaire du MNLA, ni du MIA“, a affirmé le colonel ivoirien Yao Adjoumani, porte-parole de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma).

Selon les médias lcoaux qui citent les propos des chefs du MNLA et du MIA, les deux groupe rebelles se regardent en “chiens de faïence” dans la ville de Kidal, en tout cas à en juger les propos tenus par leurs responsables via les médias.

Depuis le début de l’Opération Serval engagée par la France, le Mali mène une guerre contre les groupes armés islamistes et terroristes afin de reconquérir ses territoires dans sa partie septentrionale. A la différence des villes de Gao et Tombouctou, les militaires maliens ne sont pas encore arrivés à Kidal, suite aux “mises en garde” du MNLA.

Selon le colonel Adjoumani, “plus 6.000 combattants de la Misma sont déployés à travers le pays”.

A Kidal, ce sont les troupes française et tchadienne qui y sont présentes. Le Bloc d’intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali (Biprem), regroupement apolitique malien, a reproché à la France d’empêcher les militaires et les journalistes maliens d’aller à Kidal, bien qu’il salue les efforts de la France dans la libération des régions de Gao et Tombouctou.

L’armée française prolonge son départ du Mali jusqu’au juillet 2013

Les forces françaises resteront au Mali au moins jusqu’en juillet, malgré les promesses officielles de retrait d’ici quelques semaines, ont déclaré aujourd’hui des responsables, sous couvert de l’anonymat, à l’agence AP.blindes-armee-france

Le gouvernement français avait  annoncé que la France pourrait commencer à retirer ses 4000 soldats du Mali en mars. Mais les combats dans les régions désertiques et montagneuses du Nord  sont plus difficiles que prévu.

La question Touareg et arabe est la question Sarakolé et Dogon

La question Touareg et arabe est la question Sarakolé et Dogon.
La crise actuelle du Mali est d’abord une crise de non respect de nos règles en matière de fonctionnement de la société.
Que ce soit la crise sécuritaire ou la crise institutionnelle c’est parce que le malien ne respecte pas les lois en vigueur dans son pays qu’il se retrouve dans la merde, avec toutes mes excuses pour les personnes âgées qui visitent ce site.
Une république avec la constitution du 25/02/1992 (j’invite tous ceux qui n’ont pas lu cette constitution de le lire au moins trois fois) si la conquête et l’exercice du pouvoir telles que décrites dans cette constitution, et les droits des citoyens tels que décrits dans cette constitution, les attributs des institutions de la république, tels que décrits dans cette constitution avaient été respectés par les maliens, on ne serait pas la aujourd’hui suspendus aux décisions de la Cedeao pour l’issue d’une transition incrédule, à voir les tchadiens mourrir à la place de l’armée malienne et l’Onu et les organisations de droits de l’homme spéculer sur “la question touareg et arabe”.
Et dire qu’il y’a 3 ans, les maliens avec un air bonasse, fêtaient dans l’allégresse le Cinquantenaire d’une indépendance qu’ils n’ont jamais eu!
En 2010, quand je les regardais remplir inconsciemment le lit du fleuve Niger pour un monument bidon de cinquantenaire de 8 milliards de FCFA, comme ci la Jacinthe d’eau qui tue à grand feu le fleuve Niger ne faisait pas assez, je me suis dit que l’insouciance dans ce pays le conduit inéluctablement à sa perte.
Voilà que la Cour constitutionnelle et la cour Suprême (dont évoque aujourd’hui la Cedeao dans ce merdier malien) n’ont jamais joué leur rôle pour obliger nos dirigeants à respecter la constitution afin de garantir les droits constitutionnels à chaque malien et cela de manière équitable.
Ces deux institutions n’ont jamais été à la hauteur d’une institution judiciaire digne de ce nom pour assurer un pouvoir judiciaire d’un régime démocratique et d’un d’état de droit.
C’est donc logiquement que le droit n’a jamais été dit pour régler les problèmes du Mali, c’est pour cela que beaucoup de touareg et arabes et ce sont égarés, perdus pour la république et le Mali, réclamant indéfiniment un Azawad qui n’existe pas et qui n’existera pas.
L’assemblée nationale dans le sillage des institutions judiciaires démissionnaires, a aussi démissionné de ses prérogatives d’un pouvoir législatif digne de ce nom pour un pays démocratique.
Le député malien ne sait pas pourquoi il est élu par le peuple malien, il ne sait pas pourquoi il vote les lois, il ne connait même pas les lois qu’il a voté.
Certains n’ont jamais compris le sens de la république.
Voilà pourquoi, quand Iyad Ag Ghali, Ag Mossa, Ag Bahanga et tous les autres Al Caponne du nord de notre pays, se rebellent contre la république, toutes les institutions de la république laissent Koulouba, occupé par un cancre appelé ATT, de régler le problème avec des accords d’Alger bidon, des valises de billets de banque volés à la république pour assouvir les desseins sanguinaires de ces Dalton du sable mouvant.
Le droit n’a jamais été dit dans cette affaire Touareg ou arabe au Mali.
Sinon venez voir le petit Sarakolé galérer dans le froid parisien pour mériter le Smic dont il envoie la moitié à ses femmes et enfants restés au pays pour qu’ils vivent et partent à l’école parce que l’état n’a jamais pu construire pour eux écoles et centres de santé à fortiori une route goudronnée.
Vous allez vous poser la question pourquoi Ag Bahanga et Ag Nijim qui ont pendant des décennies côtoyé Kadhafi et ses pétrodollars, et Iyad Ag Ghali et Ag Bibi, le Qatar et ses pétrodollars, Ag Chérif et Ag Assarid, la Suisse et ses paradis fiscaux, n’ont jamais pu rien faire pour Kidal qui vit dans une misère noire tout comme Badiangara et Yelimani.
En voyant nos frères dogon inonder les marchés maliens et sous régionaux avec de l’oignon cultivé dans les falaises impossibles de Bandiagara avec de l’eau transportée sur la tête d’hommes et de femmes à des centaines de mètres plus bas, vous allez tirer votre chapeau pour ces fins connaisseur de l’astronomie que sont ces Guindo, Dolo et autres Yalcouyé pour ne citer que ceux-ci et saluer leur courage face à la misère.
Pourtant Sarakolé et Dogon n’ont jamais pris des armes contre le Mali.
Pour vous dire que la question touareg et arabe est la question Sarakolé et Dogon car tous les maliens sont égaux en droit et en devoir dans la république.
Il est grand temps de mettre le droit et la justice au cœur du problème malien sinon ça ne se réglera jamais

Un Nigérien aurait été tué par le Mujao à Tamakouta

BAMAKO – Un vendeur de parfums nigérien aurait été tué jeudi à Tamakouta, localité située à 75 km de la ville d’Ansongo dans la région de Gao au nord-est du Mali, par des combattants du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), mouvement islamiste terroriste, a-t-on appris jeudi de sources locales.islamistes mujao gao

Ce Nigérien d’environ 45 ans “a été attaqué par des éléments du Mujao, au motif qu’il a refusé de répondre à leur interpellation”, a affirmé un commerçant d’Ansongo.

C’est à la suite des altercations qu’ils lui ont tiré une balle au pied, puis à la poitrine, avant de l’amener hors du marché de Tamakouta, pour le déchiqueter”, a-t-il déclaré, affirmant que les militaires maliens et nigériens en poste à Ansongo en ont été informés.

Selon ce commerçant ayant pris part à la foire hebdomadaire de Tamakouta, les combattants du Mujao “reprochent à ce Nigérien le fait que le Niger est le premier pays africain à intervenir contre eux dans le nord du Mali”.

L’agression du Nigérien en question a été confirmée par un des adjoints du maire de la ville d’Ansongo.

“Après l’avoir sérieusement frappé quand il a commencé à vendre ses parfums, les combattants du Mujao ont amené le même Nigérien, mais je ne sais pas s’il est mort”, a déclaré l’élu local.

Source: Xinhua

Elections 2013 – La France demande le respect du calendrier électoral

La France de François Hollande, qui a permis à la faveur de l’intervention militaire de chasser les occupants islamistes, n’est pas restée indifférente à la crise politique qui a également secoué le Mali depuis la rupture institutionnelle le 22 mars 2012. Souhaitant un règlement rapide de la crise politique par le retour à un régime élu, le gouvernement français insiste sur le respect du calendrier électoral fixé par les autorités maliennes, conformément à la feuille de route de la transition.elections votes

Au cours d’un débat à l’Assemblée nationale française, en présence du Premier ministre Jean Marc Ayrault sur l’intervention de l’armée française au Mali, le 27 février 2013, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius a insisté sur le respect des dates électorales annoncées au Mali, c’est à dire le mois de juillet 2013.

Ce débat intervient six semaines après le début  de l’intervention française au Mali. Le Premier ministre Jean Marc Ayrault et le ministre des affaires étrangères ont insisté pour que les maliens créent un cadre démocratique pour une paix durable. En respectant, notamment, la date des élections présidentielles et législatives prévues en juillet 2013.  Selon Laurent Fabius, l’organisation de ces élections dans le délai indiqué est  indispensable. «La date des élections doit être absolument respectée, selon nous » a-t-il dit. Tout en reconnaissant qu’il y a des difficultés, il affirme que ce sont des dates qui ont été proposées en juillet pour  des raisons climatiques. «Si on laisse passer la date, en ce moment, on est reporté à beaucoup plus loin », a-t-il dit.

L’inquiétude de la France serait que les choses ne s’empirent davantage dans le pays en raison de l’instabilité politique. «A ce moment, se posera beaucoup plus de problèmes qui se surajouteront aux problèmes actuels : problème de la légitimité du gouvernement, problème de savoir si le gouvernement actuel peut ou ne peut pas amener à bien le dialogue », s’inquiète le chef de la diplomatie française. «Il faut absolument, et nous insistons, que les élections dans leurs modalités techniques aient lieu à leur date en juillet», a lancé Fabius. L’organisation des élections dans ce délai apparait invraisemblable pour beaucoup d’observateurs au regard du contexte. C’est le cas du député Ump, Bernard Deflesselles, qui ne crois, absolument, pas à la possibilité de conduire de telles élections dès l’été prochain «Comment sérieusement envisager l’organisation de ces élections dans les zones qui seraient encore soumises au combat ? Comment sérieusement envisager l’organisation de ces élections lorsqu’on connait l’histoire du Mali ? Ses déchirements, ses affrontements ethniques, ses tourments vis-à-vis d’exactions toujours présentes dans les esprits?», autant de question que s’est posé le député de l’opposition à l’issue du débat. « Il faudra là encore du temps. Et une volonté farouche de réconciliation nationale entre les populations du sud et celles du nord. En particulier les touaregs, seul facteurs de stabilisation pour  le pays », a-t-il conclu.

Pourtant, le gouvernement français n’est pas le seul à croire en la possibilité d’organiser les échéances dans les délais prévus. Le Ministère malien de l’administration territoriale et de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, qui a en charge l’organisation de ces joutes électorales s’était engagé le 14 février 2013 à  les organiser dans les délais convenus. Pour le président de l’Adema, Ibrahima N’Diaye, qui était en visite en France le mois dernier, il est important de garder le cap sur cette date pour ne pas tomber dans les suspicions. Quoi qu’il arrive, il est évident que la France, principal allié du gouvernement de transition du Mali, dans la libération des régions nord ne pourra pas se désengager avant la stabilisation effective du pays.

Abdoulaye Ouattara

Source: Lerepublicainmali

Gao : LE GRAND MARCHE REPREND VIE

La partie de l’infrastructure qui a échappé au feu était très animée hier. Les magasins étaient ouverts et il y avait une forte affluence. marche gao

Aujourd’hui, les activités ont repris dans le grand marché de Gao dont une partie a été détruite lors des affrontements du jeudi 21 février dernier entre l’armée et les éléments du MUJAO qui s’étaient infiltrés dans la ville. Sous l’effet des bombardements à l’arme lourde, plusieurs magasins et hangars en tôle ont été pulvérisés. Les dégâts ont été plus importants dans le centre du marché où se trouve le grand hangar abritant les bouchers, les vendeurs de condiments et de légumes. Les boutiques qui sont également aux alentours du grand hangar ont été sérieusement endommagées par le feu.

Par miracle, la station d’essence Sonef qui fait juste face à la mairie où étaient retranchés la plupart des Moudjahidines a échappé au feu tandis que les hangars contigus ont été réduits en ruines. La station Sonef a reçu des balles dont les impacts sont encore visibles sur les murs. Hier, les pompistes ramassaient les débris de béton, de vitres et les douilles éparpillés par ci, par là. « Dieu merci les dégâts n’ont pas été d’une grande ampleur dans la station. A part les impacts de balles dans les murs et la destruction des installations électriques, ça va ici. On est en train de nettoyer et demain on commencera à vendre le carburant», annonce le patron de la station, Hamma Yahiya Touré.

L’hôtel Atlantide, l’un des plus anciens de la ville et le siège local de la BDM ont été aussi partiellement atteints par les flammes. Plusieurs commerçants du grand marché ont perdu tous leurs biens à cause de l’incendie occasionné par les bombardements. C’est le cas de Issiaka Konaté, vendeur de produits divers. « C’est toute ma boutique qui est partie en fumée. J’ai perdu plus de 300 000 Fcfa. Je ne sais pas quelle va être la suite », s’interroge le boutiquier. Les responsables de l’association des commerçants du marché de légume étaient venus établir le constat des dégâts causés par le feu. Il ne reste plus rien de la plupart des magasins du marché de légumes. « On est en train d’évaluer les dégâts causés et pour le moment on n’a aucune idée du volume des pertes. Mais c’est énorme pour les petits commerçants que nous sommes », souligne le vice président de l’association, Abdoul Wahidou Waga Maïga, qui a lancé un appel aux bonnes volontés à contribuer à l’aménagement de la partie détruite du marché. Une équipe de la mairie a entrepris de recenser les commerçants qui ont perdu leurs biens. Entre mardi et mercredi, elle en a comptabilisés plus d’une centaine.

La partie du marché épargnée par le feu, était hier très animée. Les magasins étaient ouverts et il y avait une forte affluence. « On a peur de venir ouvrir nos boutiques dans l’insécurité, mais on n’a pas le choix. Le marché, c’est notre vie », commente le boutiquier Aboubacar Maïga qui était allé faire fortune en Côte d’Ivoire. Le gérant d’un magasin d’alimentation, Alassane Touré, pense lui aussi que les actions des islamistes ne doivent pas décourager les commerçants à venir ouvrir leurs boutiques.

Désormais, la sécurité est renforcée du côté du marché et de la berge du fleuve Niger. Selon des témoins, les jihadistes se sont infiltrés dans la ville du côté du marché vers 4 heures du matin avant de prendre la mairie et le palais de justice. Les hommes du lieutenant Abdoulaye Diallo que nous avons rencontrés au bord du fleuve, promettent la tolérance zéro à tous ceux qui tentent traverser maintenant le fleuve.

Envoyés spéciaux

M. KEITA

S. SISSOKO

Source: L’Essor

Promotion : Mamadou Igor Diarra porté à la tête de la Bank of Africa au Mali

L’ancien ministre de l’Energie et de l’Eau, Mamadou Igor Diarra vient d’être porté à la tête de la Bank of Africa au Mali. L’information est tombée hier et a certainement fait plaisir à beaucoup de Maliens qui n’arrivaient pas à expliquer comment on pu laisser au chômage technique pendant tout ce temps un cadre aussi valeureux après son départ précipité du gouvernement. Un cadre qui a montré ses preuves à la tête de la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA) qu’il a réussi à relancer alors que l’institution bancaire était dans un gouffre profond au moment de son arrivée. Mamadou-Igor-DIARRA
Cadre émérite, Mamadou Igor Diarra aurait confié à un de ses amis en son temps qu’en temps que ministre de l’Energie et de l’Eau, le Mali n’avait même pas exploité 6% de ses compétences. Il retrouve là donc une autre occasion de faire profiter de sa compétence managériale l’institution bancaire continentale.

AD

Transition politique au Mali : Les femmes entendent jouer leur partition

Le siège de la Coordination des associations féminines du Mali (Cafo) sise au quartier Bolibana de Bamako a abrité le jeudi 28 février 2013 un atelier d’élaboration des plans d’actions régionaux sur les priorités des femmes de la base dans la mise en œuvre des actions de la transition. Cet atelier de trois jours est organisé par la Cafo en partenariat avec ONU femmes et Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace Cedeao (Repsfeco/Mali). La cérémonie d’ouverture était présidée par Mahamane Touré, représentant du ministre de la famille, de la promotion de la femme et de l’enfant, en présence des présidentes de la Cafo, Mme Traoré Oumou Touré, du Réseau, Me Saran Keïta et de nombreuses autres personnalités.

Selon la présidente de la Cafo, Mme Traoré Oumou Touré, l’objectif de cet atelier est d’amener les femmes des démembrements Cafo et leurs partenaires de la base à élaborer des plans d’actions prenant en compte leurs préoccupations majeures pour leurs pleines participations à la transition en cours au Mali. Avant d’exprimer toute sa fierté d’avoir le département de la promotion de la femme au Mali. Pour la présidente du Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace Cedeao (Repsfeco/Mali), Me Saran Keïta, leur regroupement est composé de plusieurs associations de femmes de notoriété nationale et internationale mis en place le 27 décembre 2011. L’un des objectif du réseau est de coordonner et optimiser les rôles et les initiatives des femmes dans la prévention des conflits, le maintien de la paix et de la sécurité, les opérations de reconstruction post-conflit et la promotion des droits humains, particulièrement ceux des femmes et d’autres groupes vulnérables pour assurer une paix durable, a-t-elle dit. Elle a souligné qu’au lendemain des événements de mars 2012 et en exécution de ses missions, le Réseau en partenariat avec ONU femmes et en concertation avec toutes les femmes du Mali à élaborée un plan d’action dénommé : « Action concertées des femmes du Mali pour la cohésion sociale, la médiation et la prise en compte du genre dans le processus transitionnel ». Elle a indiqué qu’au cours de cet atelier, les réflexions seront menées sur des plans d’actions régionaux pour la cohésion sociale, le suivi des déplacées dans les régions, la médiation/négociation qui seront mis en œuvre par les pools de médiatrices dans les régions et le district de Bamako. « Maintenant que la tension politique est apaisée et les actions militaires sont en cours, il nous appartient à nous femmes du Mali de nous préparer à jouer notre partition pour la paix définitive… », a dit Me Saran Keïta. La représentante de la directrice ONU femmes, Aoua Djiré a exhorté les femmes à jouer pleinement leurs partitions dans cette période transitoire au Mali. Avant de les inviter à élaborer un plan d’action faisable. Le représentant du ministre de la famille, de la promotion de la femme et de L’Enfant, Mahamane Touré a abondé également dans le même sens. Il a demandé aux femmes d’êtres courageuses dans les différentes activités qu’elles vont mener. « Les hommes sont et resteront avec les femmes », a conclu le représentant du Ministre.

Aguibou Sogodogo

Deux sous officiers et trois caporaux arrêtés pour exactions à Tombouctou

Ils sont deux sous officiers et trois caporaux de l’armée malienne suspectés d’exactions sur des populations civiles à être placés désormais à la disposition de la gendarmerie de Tombouctou en attendant leur rapatriement à Bamako. Si les faits à eux reprochés se vérifient, ils passeront devant une juridiction compétente pour répondre de leurs actes, nous confie un officier supérieur malien.aldjoumati traore exactions armee malienne
Les faits remontent au début du mois de février quand les militaires incriminés se sont introduits dans certaines familles arabes de la ville de Tombouctou pour arrêter les chefs de famille. Avant de les conduire devant témoin à une destination inconnue en dehors de la ville. Les personnes enlevées n’ont jamais été retrouvées. La situation a choqué les militaires français de l’opération Serval au point que ces derniers ont menacé de se retirer de Tombouctou et de l’abandonner à l’armée malienne. Quitte à elle de veiller sur la ville et de la sécuriser face à d’éventuelles attaques des groupes armés.
Face à la menace de retrait des Français, l’état-major de l’armée malienne a aussitôt instruit une mise en retrait des militaires concernés. Ils ont été mis à la disposition de la brigade de gendarmerie de la ville. Leur rapatriement qui devait se faire incessamment a été retardé en raison d’une panne technique de l’avion immobilisé à l’aéroport de Gao et qui devait aller les chercher.
Dans les rangs de l’armée, on soutient mordicus que rien ne justifie que les militaires suspectés soient coupables des faits qui leur sont reprochés.
Leur rapatriement à Bamako n’a pour tout autre objectif que de les écouter et de confronter leurs versions à celles de certains témoins.
C’est dire donc qu’avant que les choses soient tirées au clair, ils bénéficient de la présomption d’innocence.

Traque des djihadistes
 Onze terroristes arrêtés mercredi par la gendarmerie de Gao

Onze terroristes ont été arrêtés mercredi par la brigade territoriale de la gendarmerie de Gao.
Au nombre de vingt personnes, ces islamistes s’étaient introduits dans la ville de Gao à partir du village de Kadji, localité située  non loin de Gao. La population qui a reconnu les bandits a aussitôt informé la gendarmerie nationale qui n’a pas eu de mal à les identifier. Onze parmi eux ont été capturés, les autres s’étant enfui. Des patrouilles sont en cours en vue de les neutraliser.
Précision de taille, les islamistes arrêtés n’avaient pas d’armes sur eux. Mais leur plan était qu’une fois dans la ville et hors de tout soupçon, ils allaient récupérer leurs armes cachées quelque part dans la ville.

Rassemblés par Abdoulaye DIARRA

Contrôle d’arme : 7 millions d’armes légères circulent en Afrique

Pour lutter contre la circulation des armes légères et les effets collatéraux liés à la pratique, l’Association internationale de défense des droits de l’homme, Amnesty Mali, a organisé, le jeudi 28 février 2013, une campagne de sensibilisation et d’information, à l’intention des élèves de l’Institut de formation Sony Aliber de Banakabougou (Ifsab). 
La journée d’information et sensibilisation, initiée par la cellule Military sécurité polity d’Amnesty Mali sur le commerce des armes avait pour but d’expliquer les dangers liés à la circulation d’une arme, aux élèves de l’Institut pour une prise conscience accrue sur  le phénomène.
Selon le coordinateur du Military sécurité policy (MSP), Abba Touré, « plus de 7 millions d’armes légères circulent  dans le monde sans contrôle. 1000 personnes meurent chaque jour du fait des conflits armés. Ces armes sont fabriquées par 1135 entreprises implantées dans des pays, comme les USA, le Japon, la Chine, l’Allemagne, la France et la Russie etc. Ces entreprises produisent plus 800 mille d’armes/an. Ce qui constitue une véritable menace pour la population surtout en milieu jeune. Parce que plus de 60% de ces armes sont utilisées par la partie civile et non des militaires ».

Il dira que les études des Nations unies ont démontré que les conflits armés et les règlements de compte à travers le monde occasionnent la mort de plusieurs personnes par jour. Pour résoudre ce problème qui connait une proportion, les Nations unies doivent signer un code de conduite de transferts des armes dans le monde. L’Amnesty international n’entend pas être un simple observateur, a dit le coordinateur. Il condamne avec fermeté la prolifération des armes dans les mains des civils qui continuent de ramasser les effets collatéraux liés à cette pratique. Il exige l’adoption d’un traité rigoureux, robuste, fort et contraignant pour règlementer le commerce des armes, afin que celles-ci ne tombent plus dans mes mains des populations.

Rappelons qu’en 2006, 153 Etats ont voté en faveur de la résolution 63/24 des Nations unies pour la règlementation d’un traité international sur le commerce des armes.

Nabila Ibrahim Sogoba  

Réunion interministérielle à la primature hier jeudi : La Commission dialogue et réconciliation installée dans un bref délai

Les membres du gouvernement se sont retrouvés hier jeudi autour du premier ministre Diango Cissoko pour aborder la question de la mise en place de la commission dialogue et réconciliation. Cette commission qui est annoncée d’ici à une semaine sera rattachée au président de la République. C’est lui et chef du gouvernement qui auront à charge de nommer les membres qui la composeront. Elle sera composée des personnes d’une forte probité morale issues de la société civile et de la classe politique. Des démembrements seront installés dans toutes les localités du pays. L’objectif recherché est de faire en sorte qu’une fois la guerre terminée, le pays ne soit pas confronté à des difficultés de cohabitation.

gouvernement diango cissokoLe sujet est extrêmement capital puisqu’il s’agit de la cohabitation après la période de la guerre qui a suffisamment entamé le tissu social. Le concept occupe à juste titre une place de choix dans la feuille de route adoptée par les députés maliens le 29 janvier 2013. Dès que la guerre sera terminée, le pays libéré et l’administration installée, il s’agit de prendre des précautions pour qu’on n’assiste pas à des difficultés de cohabitation. Des actions seront menées pour que des communautés que tout à opposer pendant la période de crise puissent apprendre à vivre ensemble. Un exercice qui est loin d’être une sinécure.

C’est pourquoi la commission qui doit voir le jour dans les jours à venir sera immédiatement rattachée au président de la République. C’est d’ailleurs lui et le chef du gouvernement qui choisiront les membres qui la composeront. Elle sera composée de très fortes personnalités issues de diverses sensibilités. Ses membres viendront de la société civile, de la classe politique toute tendance confondue.

Des démembrements seront crées dans toutes les régions de manière à couvrir l’ensemble du territoire national.
La spécificité de cette commission dialogue et réconciliation est due au fait que les hommes et femmes qui la composeront seront au dessus de tout soupçon. Elle sera  exclusivement composée des personnes d’une grande probité morale, nous a fait savoir le directeur de cabinet du premier ministre Boubacar Sow.

Les membres du gouvernement  ont aussi abordé le plan d’action de la mise en œuvre de la feuille de la route.

Après l’adoption de la feuille de route par l’assemblée nationale qui constitue désormais un cadre de référence de la gestion des activités gouvernementales pendant toute la durée de la transition, il s’agissait de sortir de cette feuille de route un plan d’action auquel il fallait rapidement trouver une structure administrative rapprochée. Le comité national de suivi évaluation créé à cet effet est placé sous la conduite du premier ministre Diango Cissoko. Et les tâches confiées à chaque membre du gouvernement sont insérées dans un chronogramme permettant ainsi au chef du gouvernement de s’assurer à tout moment que le travail confié est bien exécuté.

ABDOULAYE DIARRA

Lutte contre la spéculation foncière : La cour suprême va-t-elle protéger Adama Sangaré ?

L’interpellation le week-end dernier du maire du district, Adama Sangaré, et celui de la Commune rurale de Kalaban coro, Issa Bocar Ballo a donné une lueur d’espoir aux victimes de la spéculation foncière dans le district de Bamako. Quelques heures de garde à vue, et le maire du district a recouvré sa liberté pour des vices de forme.  Mais il n’est pas sorti d’affaire à moins que la Cour suprême décide de le protéger puisqu’il revient à cette instance de désigner une autre juridiction en dehors de Bamako pour le juger à cause de son statut d’officier de police judiciaire.

adama sangare maire district bamako

Affaire à suivre !

Markatié Daou

Chronique du vendredi : Ce que le Mali a perdu et gagné à Yamoussoukro

Redondance, clair-obscur, mise en garde amicale et gains notables : le président rentre de Yamoussoukro après un bon sommet. Lui et toutes les autres institutions sont prorogées jusqu’à la fin de la transition. Le 42è sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao  pouvait s’épargner la redondance puisque c’est l’autorité de la cour constitutionnelle malienne qu’elle reconnaît sur la question. Clair-obscur ? Il y en a eu à propos de la transformation de la Misma en opération de maintien de la paix avec un mandat de lutte contre le terrorisme.adam thiam

Le débat est renvoyé au Conseil de Sécurité mais si les Nations-Unies peuvent s’accommoder d’une sorte de Licorne anti-terroriste, on les voit mal lancer leurs troupes contre Belmoktar et Abuzeid.  Mise en garde maintenant. Abuja pousse de vrais cris du cœur pour le respect des droits de l’homme et contre toute exaction sur les civils. Là-dessus, les chefs d’Etat de la sous-région sont plus vagues que les Nations-Unies qui dénoncent, sans détour, les abus contre les Touareg et les Arabes. Mais les leaders de la Cedeao n’en pensaient sans doute pas moins, pour avoir vu passer en boucle l’indignant reportage sur la mort du patriarche arabe et les propos de stigmatisation d’un responsable militaire sans doute captés par une caméra cachée. Un malaise que nos autorités ne peuvent pas ne pas ressentir dans une affaire qui ne peut passer par pertes et profits sans entamer davantage le petit crédit de nos autorités.

Ceci dit, le Mali gagne t-il quelque chose du sommet qui a pris fin hier à Yamoussoukro ? Oui. Véritable consécration pour un chef d’Etat somme toute nouveau, Alassane Ouattara a été reconduit à la tête de l’organisation sous-régionale. Il est, c’est vrai, le président de la Côte d’Ivoire et non celui du Mali. Mais ce pays ne pouvait normalement souhaiter mieux. Car Ouattara c’est la continuité d’une ligne de gestion de la crise malienne qui met en dialogue, donc en négociation la Cedeao, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations-Unies. La capacité d’écoute et de compromis de l’Ivoirien ne sont pas de moindres atouts pour maintenir le consensus entre ces différents joueurs qui ne soufflent pas toujours dans la même trompette.

La stature internationale de Ouattara se charge du reste. On sait maintenant le rôle crucial qu’il a joué auprès de la France pour qu’elle intervienne à Konna, de même que ses efforts auprès de pays comme l’Allemagne ou les Usa pour soutenir l’action militaire internationale au Mali. Et puis, le président ivoirien est beaucoup mieux accepté dans l’opinion malienne que le médiateur Compaoré parce que perçu plus lisible et moins complaisant vis-à-vis des groupes armés qui occupaient le Nord de notre pays. Ce n’est pas rien. Autre gain pour le Mali, la Cedeao a été on ne peut plus claire  sur la question du Mnla dont elle exige le désarmement inconditionnel. Ensuite, pour elle, le principe du dialogue avec ce mouvement rebelle n’est pas automatique. Et il est exclu qu’il en soit ainsi sans que le Mnla renonce à ses revendications séparatistes.

Le dialogue est indispensable pour pacifier durablement le Nord malien, reconnaît la Cedeao, mais il s’agit du dialogue avec les communautés, les élus et les forces citoyennes.

Tout ceci renforce le gouvernement malien et le président Dioncounda Traoré. Alors que l’opinion nationale s’indigne de ce qu’elle croit être la mise à l’écart de l’armée malienne sur Kidal et la remise en selle du Mnla, la prise de position de la Cedeao ne pouvait mieux signifier Ces réserves confortent la partie malienne ( l’opinion comme ses gouvernants) qui ne cache plus sa déception contre la stratégie  française à de remise en selle du mouvement rebelle  à  Kidal contre celle de la mise à l’écart de l’armée malienne. Bamako engrange donc. Il s’agit de savoir si Paris va encaisser et s’aligner. Ou s’il préfèrera être en porte à faux avec  la quinzaine de présidents de l’Afrique de l’Ouest. Même en guerre asymétrique, traiter cette exigence de la Cedeao par-dessus la jambe  serait surprenant.

Adam Thiam

Édito : Ces casques bleus à craindre au Mali

La guerre imposée par des bandits armés au peuple malien, tire vers sa fin. Désespérés, ces envahisseurs se prêtent aux jeux dangereux des attaques suicidaires. Dans leurs derniers retranchements, ces bandits sans loi seront, sans doute, dénichés et détruits. Cette phase de destruction des poches de résistance est bien menée sur le terrain par les armées malienne, française et africaine. Ce moment est-il propice au déploiement des casques bleus de l’ONU au Mali ? Qui sont vraiment ces porteurs de casques bleus ? Quelles sont leur limite ?

Casque_bleu onu

Est Casque bleu, le soldat qui exerce momentanément une opération de paix initiée par les Nations unies dont la couleur «bleu ONU» les distingue des autres combattants.

C’était lors de la Crise de Suez en 1956, que les soldats internationaux ont porté, pour la toute première fois, des casques bleus. Pendant les vingt dernières années, les civiles ont été intégrés dans le processus de sélection des casques bleus pour les opérations de paix des Nations unies. En faveur d’un climat de paix, les casques bleus peuvent être assignés à : «Maintenir la paix ; Mener des interventions humanitaires ; Se déployer dans une région à titre préventif ; Superviser un cessez-le-feu ; Désarmer des factions non-étatiques.» Le tout premier déploiement de casques bleus en Afrique s’est effectué au Libéria en 1990. Ce déploiement a été suivi par d’autres.
Agissant très souvent en force d’interposition entre les parties en conflit, les casques bleus de l’ONU donnent implicitement aux belligérants les droits de gérer à leur guise, les lieux qu’ils occupent. Ainsi au fil du temps, ces parties en conflits se renforcent et se confortent dans leurs nouveaux environnements.
Très récemment sous les regards indifférents de ces casques bleus, le Soudan a été officiellement divisé en deux États distincts : Le Soudan et le Soudan du Sud.
Au moment où le Mali est en phase de finalisation de l’anéantissement des bandits armés, des voix s’élèvent de l’extérieur pour réclamer le déploiement des casques bleus sur son territoire. Ce sont ces mêmes voix qui accusent l’Armée malienne d’exactions sur ses agresseurs dans la zone nord du pays.
Dans leur dernier retranchement à Kidal, les voleurs et violeurs professionnels ont demandé et obtenus de l’Armée française l’interdiction de leur zone aux militaires maliens.
Les maliens ne doivent-ils pas craindre le déploiement dans leur territoire des casques bleus dont la présence favorisera la division officielle du Mali?
Lacine Diawara, Option.

Attaques intercommunautaires entre les arabes et les touaregs : Rattrapé par ses crimes, le MNLA au bord de l’implosion

Les attaques intercommunautaires entre les Arabes et les touaregs du MNLA suscitent désormais de vives inquiétudes car les premiers veulent se venger des crimes dont ils furent victimes dans un passé récent alors que les seconds veulent profiter du soutien des frappes françaises pour étendre leur domination. Et à Kidal, on assiste actuellement au  début d’une guerre de clans au sein du MNLA profondément divisé par les viols et les vols perpétrés la semaine dernière par des combattants touaregs contre des arabes .

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Ils sont de plus nombreux les Maliens qui commencent à regarder avec un mauvais œil l’élan de libération des régions nord du pays, enclenché depuis le mois de janvier par l’armée malienne appuyée les troupes françaises. Bien que multiples, les raisons invoquées çà et là ont un point commun : le statut particulier  ou l’impunité accordée au MNLA.

Pourquoi cet élément précurseur de l’occupation illicite du Nord  se la coule douce alors qu’il fut et demeure la cause principale du malheur de tout un peuple, se demande-t-on.  Comme si le bout du tunnel n’est pas pour demain, ce groupe continue arrogance à narguer le Mali, le premier médiateur désigné par la Cédéao pour la résolution de la crise malienne, le président burkinabé.
Blaise Compaoré n’est pas le seul à avaler les couleuvres capricieuses de  » bébé gâtés du Nord  », la France et d’autres partenaires de premiers plans du Mali sont aussi floués. Ne parvenant pas à réaliser les dangers et conséquences de cirque des irrédentistes touareg, nos amis nous appellent à ingurgiter la potion venimeuse du MNLA : la négociation.

Les récents évènements d’In Khalil en attestent éloquemment la dangerosité des propositions de sortie de crise faites par la France et les USA et d’autres. C’est-à-dire celle de se mettre autour d’une table avec des groupes armés qui ont et qui continuent à flirter avec les pires ennemis d’un monde en développement : les terroristes.
Le danger d’une guerre intercommunautaire
Il y a une dizaine de jours, comme une camisole de force, le MNLA a organisé dans la ville de Kidal une marche pour réclamer l’autonomie de cette région.
Les commerçants arabes qui avaient refusé de porter la camisole de force ont été littéralement pris pour cibles d’actes de vandalismes. Les garages et boutiques de ces commerçants arabes ont été saccagés par les éléments du MNLA qui sont allées aussi dans les campements environnants d’In Khalil pour perpétrer  à des viols.
C’est ainsi que trois femmes ont été victimes de viols collectifs : les victimes (deux de la fraction Touabir  et une femme Oulad Ghannam). En réaction à cette provocation, les Arabes de la localité regroupés ont regroupé les jeunes arabes pour former un groupe d’auto-défense dénommé MAA. Ce groupe ne compte pas continuer à subir les attaques et autres humiliations des sans foi ni loi du MNLA et a décidé le lundi 24 février dernier, de détruire  une colonne de 6 véhicules du MNLA  dont 30 combattants ont été tués.
Cette attaque du MAA a failli être  suivie d’une autre à In Khalil, mais l’aviation française sur l’insistance du MNLA avec le prétexte  d’une incursion islamiste, a intervenu en bombardant les positions du MAA.
En tout cas, selon certaines sources, les Arabes jurent de rendre la monnaie de leur pièce aux parias du MNLA  identifiés à Tombouctou et Gao comme les auteurs des viols des femmes Bella. Des actes dont la véracité ne souffre d’aucun doute pour avoir été constatés par des ONG sur place.
Le MNLA au bord de l’implosion
A en croire nos sources, les conséquences des derniers viols perpétrés à In Kalil par des éléments du MNLA, risquent (fort heureusement) de coûter au MNLA son existence avec les dissensions entre ces différents clans.
Le clan Ifoghas dirigé par Bilal Ag Acharif aurait intimé  aux pillards d’In-Khalil de rendre aux Arabes les biens volés. Faute de quoi, il sait que le MNLA ne serait plus le bienvenu ni à Kidal ni dans la région de Tessalit. Les cadres Idnanes du MNLA étaient d’ailleurs  tous dans la semaine à Borj Baji Mokhtar pour prendre une décision  et toutes les personnes interrogées sur place annoncent que le MNLA étudie la possibilité de rendre au moins une partie des biens volés pour éviter la guerre avec les clans Ifoghas et Chamanamas. En attendant un improbable accord sur la question, la tension est vive entre les chefs du groupe rebelle.

Markatié Daou